Défense du français: le PQ veut forcer la main au gouvernement Charest

L’opposition péquiste tentera de forcer la main au gouvernement Charest avec le dépôt, demain, d’un projet de loi pour soumettre les filiales de la Caisse de dépôt et placement à l’article 20 de la loi 101.
Photo: Agence Reuters Christinne Muschi L’opposition péquiste tentera de forcer la main au gouvernement Charest avec le dépôt, demain, d’un projet de loi pour soumettre les filiales de la Caisse de dépôt et placement à l’article 20 de la loi 101.

Québec — Le Parti québécois promet de poser une série de gestes dans les prochaines semaines pour contraindre le gouvernement Charest à accroître la protection du français comme langue de travail et d’usage.

Pendant que le gouvernement procrastine, le français comme langue de travail régresse et les infractions à la loi 101 sont commises en toute impunité, a dit aujourd'hui le député Yves-François Blanchet, porte-parole de l’opposition officielle en matière de langue.

«Le gouvernement ne veut absolument pas intervenir, il ne veut froisser personne», a fait valoir M. Blanchet, en entrevue à La Presse canadienne.

Sur la langue de travail, l’opposition péquiste tentera de forcer la main au gouvernement avec le dépôt, demain, d’un projet de loi pour soumettre les filiales de la Caisse de dépôt et placement à l’article 20 de la loi 101.

Condition d'embauche

Cet article fait de la connaissance appropriée du français une condition d’embauche dans les administrations publiques comme le Caisse de dépôt. Cependant, les filiales de la Caisse, comme la société immobilière Ivanhoé Cambridge, passent à travers les mailles du filet.

La démonstration en a été faite il y a quelques semaines lorsque l’unilinguisme anglophone de deux dirigeants d’Ivanhoé Cambridge a été dénoncé par des employés inquiets du recul du français comme langue de travail à l’intérieur des murs de la Caisse.

«Très pointu», le projet de loi péquiste va inscrire la connaissance du français comme condition d’embauche des dirigeants de toutes les sociétés liées à l’État, a indiqué M. Blanchet. «On va amener les précisions que la loi exige pour que l’esprit de la loi 101 soit respecté», a-t-il expliqué.

À son avis, il est tout à fait anormal que des employés francophones doivent «plier l’échine» et travailler en anglais pour accommoder des patrons unilingues, plus de 30 ans après l’adoption de la loi 101.

«Les cas sortent de partout à l’heure actuelle et démontrent clairement que le français comme langue de travail n’est plus une priorité. La langue de travail, c’est la langue du boss. Il est de plus en plus répandu au Québec de voir une réunion de 12 employés se dérouler en anglais parce qu’il y en a un qui est incapable de parler le français», a déploré le député de Drummond.

En vertu de l’article 4 de la loi 101, les entreprises ont l’obligation de respecter le droit fondamental des travailleurs d’exercer leurs activités en français. Mais dans la pratique, les choses sont beaucoup plus compliquées, a soutenu M. Blanchet.

«Tout le monde a droit de travailler en français au Québec, mais il y a un problème. Quand c’est ton boss qui te demande de parler en anglais, vas-tu te pogner avec?», a-t-il illustré.

Le PQ n’entend pas en rester à ce projet de loi et proposera une série de changements législatifs d’ici les prochains mois pour «corriger les lacunes» dans l’application de la loi, a confié M. Blanchet.

«On peut dénoncer quatre fois par jours, ça n’a plus aucune résonnance puisque le gouvernement refuse d’appliquer la loi. Alors, on va obliger le gouvernement à refuser les changements nécessaires ou à les accepter», a dit le député.
11 commentaires
  • Yann Tissier - Inscrit 5 décembre 2011 16 h 29

    Tout à fait POUR !!!!!


    C'est bien un minimum que l'on puisse faire pour protéger notre langue.

    Charest va sûrement voter contre pour plaire à son électorat anglophone, mais c'est une erreur.

    Certains voient de la xénophobie dans de tels types de projets mais c'est tout à fait faux: on tente seulement de protéger notre langue maternelle qui est le fondement même de notre culture dans un continent majoritairement anglophone et hispanophone. On a le droit non? On ne demande pas aux anglos de quitter le Québec?! On veut juste pouvoir travailler et se faire servir dans notre propre langue, est-ce trop demander? Dans l'idéal tout le monde devrait être bilingue mais ceci n'est pas possible réellement. La langue officielle et prioritaire du Québec doit demeurer le français, point.

    Feu vert donc au projet du PQ et honte à tous ceux qui s'y opposeront.

  • Gilles Arpin - Inscrit 5 décembre 2011 19 h 52

    Sondage requis

    Demandons au canadiens français pur laine s'ils désirent que l'Assemblée nationale passe un temps fou à débattre la situation de la langue au travail ou la situation:
    * de la santé?
    * de l'éducation?
    * des démunis?
    * du bullying?
    * des ainé(e)s?
    * de la corruption politique?

    Poser la question, c'est y répondre.

  • Yann Tissier - Inscrit 5 décembre 2011 21 h 02

    @ Gilles Arpin 19h52


    Ce sont également des sujets importants, tout comme la langue. Il est selon moi correct que les députés passent des heures ou même des jours à traiter de sujets tels la langue au travail au même titre que l'intimidation à l'école; ils sont payés pour ça!

    À vous entendre, le thème de la langue est aussi banal que la météo ou le prochain entraîneur des Canadiens.

  • Jean Michaud - Inscrit 5 décembre 2011 21 h 12

    Le problème

    Pourquoi le PQ parle de la langue, c'est simple, ils n'ont rien à proposer, ils vont se faire battre dans Bonaventure, le grogne va reprendre au PQ donc que de la salive gaspillée. Comme Québecois, je ne suis plus capable d'entendre ce qui sort de la bouche du PQ, il sont usés à la corde, ils n'ont plus de crédibilité dans la population et M. Charest le sait. Que Pauline quitte, rien ne changera, la population n'a plus aucune écoute fasse au PQ. À part les dépendantistes mais ils sont en voie d'instinction.

  • Eric Casteuble - Inscrit 5 décembre 2011 21 h 13

    Le problème c'est justement ça.

    Bien sur que Charest votera contre, c'est un anglophone lui même. De plus, je suis d'accord avec le fait qu'il y a d'autres problèmes au Québec, mais ce n'est pas parce qu'il y a d'autres préoccupations que le gouvernement ne puisse pas agire sur plusieures questions à la fois. Le vrais problème c'est que ce gouvernement est incapable de bouger sur quoi que ce soit. Nos ponts et tunnels s'effondent et Sam Hamad et toujours un ministre quand il devrait etre en prison, les places de garderies sont attribuées de façon illégale mais on n'en parle pas... Brèf tout cela pour dire qu'on ne devrait plus êtres si choqués que ça quand on se rend conte qu'on est gouverné par des clowns et des criminels.