Garderies: François Legault réclame la tête de Courchesne

Le rapport du vérificateur général dénonce la gestion déficiente de l’octroi de 18 000 places en garderie par Michelle Courchesne. Le PQ et la CAQ réclame la démission de la ministre.
Photo: - Le Devoir Le rapport du vérificateur général dénonce la gestion déficiente de l’octroi de 18 000 places en garderie par Michelle Courchesne. Le PQ et la CAQ réclame la démission de la ministre.

Québec — L’étau se resserre autour de la ministre Michelle Courchesne, qui a placé le gouvernement dans l’embarras en étant égratignée par le vérificateur général pour sa gestion déficiente de l’octroi de 18 000 places en garderie.

Après l’opposition péquiste, c’est au tour du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, de demander au premier ministre Jean Charest de congédier la ministre Courchesne, à la suite des révélations faites hier par le vérificateur général, dans un rapport accablant.

En entrevue téléphonique, aujourd'hui, M. Legault s’est dit profondément choqué par «l’ingérence politique» qui émane de ce rapport, dans lequel on apprend que Mme Courchesne a manqué de rigueur à toutes les étapes du processus de sélection, en 2008, notamment en donnant le feu vert à de nombreux projets totalisant 3700 places, malgré l’avis contraire de ses propres fonctionnaires.

Devant ce «grave cafouillage», le premier ministre a le devoir de «trouver le coupable et si c’est la ministre Courchesne il doit demander sa démission ou la congédier», a-t-il dit à La Presse canadienne.

M. Legault émet cependant une réserve sur la sentence à imposer à l’ex-ministre de la Famille, dans l’éventualité où le premier ministre aurait lui-même imposé à sa ministre une «nouvelle» liste de projets à accepter.

«Qui a demandé ces changements-là?»

«M. Charest doit nous dire: est-ce que c’est lui qui a demandé ces changements-là?», et si c’est le cas, ce serait «encore plus grave», dit l’ex-ministre péquiste qui trône au sommet des sondages depuis qu’il a créé la CAQ.

Si M. Charest ne demande pas la démission de sa ministre, il faudrait en conclure que le cafouillage documenté par le vérificateur est de «sa responsabilité à lui et son cabinet».
Aux yeux du chef de la CAQ, l’affaire est d’ailleurs suffisamment importante et grave pour devoir être éclaircie par le premier ministre dans les prochains jours.

Chose certaine, «il faut qu’il y ait un coupable et il faut qu’il y ait une pénalité pour ce coupable», selon celui qui déplore le fait qu’il n’y ait «jamais personne de responsable lorsqu’il y a un cafouillage» dans ce gouvernement.

Le PQ revient à la charge

Sa sortie vient en écho à celle de l’opposition péquiste, qui est revenue à la charge, en Chambre, pour réclamer, comme elle l’avait fait la veille, la démission de la présidente du Conseil du trésor.

Car selon le député de Gouin, Nicolas Girard, la preuve est maintenant faite que le gouvernement, par l’entremise de Mme Courchesne, a cédé à la partisanerie en favorisant des promoteurs libéraux lors de l’attribution de milliers de places en garderie en 2008.

En appui à sa thèse, il a calculé que du total des 38 projets de garderies privées retenus par la ministre, malgré une recommandation défavorable des fonctionnaires, 25 ont été confiés à des promoteurs ayant contribué à la caisse du PLQ.

L’opposition péquiste a calculé qu’au total ces 25 promoteurs avaient versé 300 000 $ à la caisse du PLQ, depuis 2003. «Est-ce le fruit du hasard?», a demandé le député de Gouin, sur le ton de l’ironie, voyant là une relation de cause à effet et n’hésitant pas à parler du «racket des garderies libérales».

L'ADQ dénonce un «manque de rigueur»

Le chef de l’Action démocratique, Gérard Deltell, a renchéri pour juger lui aussi que le rapport du vérificateur général faisait la preuve que Mme Courchesne «a agi de façon partisane, de façon incompétente dans la gestion des places pour les CPE».

Cette «partisanerie» et ce «manque de rigueur» dans le dossier des garderies n’augurent rien de bon, selon lui, pour ce qui est de la gestion du Conseil du trésor, son portefeuille actuel, qui en fait la grande responsable de toute l’administration gouvernementale.

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