Les jeunes péquistes et libéraux unis pour le vote sur les campus

Les jeunes libéraux et péquistes font front commun pour freiner la désaffection des étudiants collégiens et universitaires à l'égard la chose politique. Ils pressent les partis politiques de modifier la Loi électorale afin de permettre à ceux qui fréquentent un cégep ou une université de voter par anticipation sur leur campus lors des prochaines élections générales, bien que leur vote soit comptabilisé dans leur circonscription d'origine.

«Il ne s'agit pas d'une solution magique qui réglera tous les problèmes en un tournemain», souligne sans détour la présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ), Christine Normandin. Elle est toutefois persuadée que le taux de participation des jeunes gonflerait si les formations politiques donnent leur feu vert à la modification de la Loi électorale en ce sens. «Les jeunes retournent souvent après deux ou trois ans chez eux. Ils pourront participer à la sélection des gens qui vont les représenter quand ils vont rentrer au bercail», a-t-elle dit.

Quelque 38,1 % des personnes âgées de 18 à 24 ans ont exercé leur droit de vote à la dernière élection fédérale, soit 23 points de pourcentage de moins que le taux de participation de toute la population (61,1 %). En 2008, moins d'un Québécois âgé de 18 à 24 ans sur deux (46,8 %) a mis les pieds dans un bureau de vote, selon Élections Canada.

Dans une lettre publiée dans Le Devoir, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, réclamait hier que des bureaux de vote soient aménagés «à même les établissements scolaires». Du côté de l'ADQ, personne ne nous a rappelés. Du côté de Québec solidaire, «a priori tout le monde est favorable à ça chez nous», selon l'attaché de presse Christian Dubois.

Au cabinet du ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Yvon Vallières, on refuse de dire si le gouvernement est favorable ou non à la mesure mise de l'avant par les jeunes libéraux et péquistes. «Ce que je peux vous dire, c'est qu'on est favorable à l'exercice du droit de vote et à un meilleur taux de participation aux élections», a affirmé l'attachée de presse, Gabrielle Tellier, avant de nous inviter poliment à jeter un coup d'oeil à la Loi électorale pour favoriser l'exercice du droit de vote adoptée en 2006: «Dans cette loi-là, il y avait des mesures qui étaient prévues pour introduire le vote hors circonscription pour permettre [...] ce que les étudiants, le CNJPQ particulièrement, demandaient. Cependant, à la demande du DGE, à ce moment-là, la loi a prévu que ces nouvelles mesures-là n'entreraient pas en vigueur à moins que le DGE fasse une recommandation au gouvernement qu'il est prêt pour procéder.»

Pourtant, le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) «n'a pas eu de commande de cette nature-là», soit celle d'évaluer la possibilité de permettre aux jeunes de voter par anticipation sur leur campus, a rétorqué la porte-parole du DGEQ, Cynthia Gagnon. «On est intéressés. Mais il faut en discuter avec les partis et la tribune pour le faire, c'est le comité consultatif qui réunit des représentants des quatre partis représentés à l'Assemblée nationale.»

La présidente de la Commission-Jeunesse du PLQ, Maripier Isabelle, compte «continuer à prendre [son] bâton de pèlerin» et «faire les représentations nécessaires» auprès du ministre Yvon Vallières afin que ce «dossier hyperimportant» soit réglé.
2 commentaires
  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 1 décembre 2011 06 h 34

    j'appuie la proposition

    ça me semble important de faciliter l'exercice du vote des jeunes ; on facilite bien le vote des aînés avec des bureaux de vote dans les résidences, avoir des bureaux de vote dans les cégeps et universités ne m’apparaît pas compliqué.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

  • Andre Vallee - Inscrit 1 décembre 2011 07 h 47

    Une expérience

    Je fais la tournée des bureaux de votation pour un parti depuis 1976. Au fédéral, les étudiants de l'Université Laval devaient aller voter à un hôtel à proximité. Il y avait toujours une longue file d'attente d'étudiants, qui regardaient leur montre avec impatience et plusieurs retournaient à leurs cours sans voter tout en décourageant ceux qui y allaient.
    Pas loin, dans une autre grande salle presque vide, les préposés se roulaient les pouces en attendant les électeurs.
    On n'aurait pas agi différemment si on avait voulu empêcher les jeunes d'aller voter.