Le Plan Nord cause des problèmes de croissance

Québec — Le premier ministre Jean Charest a reconnu, hier, les problèmes qu'entraîne pour les municipalités nordiques le développement effréné de l'industrie minière.

«J'aime mieux avoir des problèmes de croissance économique et des enjeux de croissance économique avec un gouvernement libéral au Québec que des enjeux de démantèlement économique» comme le propose la Coalition Avenir Québec, a déclaré Jean Charest lors de la période de questions à l'Assemblée nationale.

Le chef libéral répondait au chef de l'Action démocratique du Québec, Gérard Deltell, qui avait cité le président de la Corporation de développement économique de Port-Cartier, Michel Gignac, le frère du ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac. «Quand il a annoncé le Plan Nord, le gouvernement ne connaissait pas les besoins des villes», a affirmé Michel Gignac au journal Les Affaires avant la nomination de son frère. «Il [le gouvernement] pensait que nos infrastructures existantes seraient capables d'absorber des augmentations de population de l'ordre de 5000 ou 10 000 personnes, mais ce n'est pas le cas.»

À elle seule, la minière Arcelor Mittal prévoit attirer l'an prochain jusqu'à 1000 nouveaux employés à Port-Cartier, une ville de 7000 âmes, à la faveur d'un investissement de 2,1 milliards dont le premier ministre a fait l'annonce au printemps dernier.

«Or l'usine de filtration des eaux travaille à son plein potentiel actuellement. On n'est pas capable d'accueillir autant de gens que ça, a déploré Gérard Deltell. À Sept-Îles et à Port-Cartier, une pénurie de logements et de main-d'oeuvre pourrait freiner l'expansion du Plan Nord. À Fermont, on a besoin de 400 places en garderie.»

«C'est un défi de croissance que nous avons et il faudra suivre», a dit Jean Charest dans un point de presse tenu après son allocution devant les membres de l'Association de l'exploration minière du Québec. «Il y a des décisions d'investissement qui se prennent parce qu'il y a du monde qui veut aller chercher des segments de marché tout de suite et qui va très vite», a-t-il expliqué.

Le premier ministre a rappelé que le Plan Nord avait fait l'objet de longues consultations auxquelles les élus des municipalités concernées avaient participé. «Tout le monde sait très bien qu'il y a une forte pression sur les infrastructures. Nous y allons le plus vite possible aussi», a-t-il dit, mentionnant au passage la création prochaine de la Société du Plan Nord, une société d'État chargée de coordonner le développement au nord du 49e parallèle.

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