Développement minier - Jean Charest et Sam Hamad répliquent à Jacques Parizeau

Jacques Parizeau déplore le manque de réciprocité entre le gouvernement et les sociétés minières.
Photo: Agence Reuters Shaun Best Jacques Parizeau déplore le manque de réciprocité entre le gouvernement et les sociétés minières.

Le premier ministre Jean Charest et son ministre du Développement économique, Sam Hamad, se sont portés à la défense du Plan Nord des libéraux, hier, après que l'ancien premier ministre Jacques Parizeau eut formulé des reproches sur la façon dont le Québec joue ses cartes avec les entreprises dans cette vaste région nordique.

Dans une entrevue accordée au quotidien Le Devoir, M. Parizeau a déploré le manque de réciprocité entre le gouvernement du Québec et les sociétés minières, notamment le fait que l'aide publique ne soit pas assujettie à une participation équivalente dans leur actionnariat.

M. Parizeau a aussi critiqué le fait que des routes soient construites par Québec pour ces entreprises, alors que, selon lui, le principe avait été établi voulant qu'une entreprise qui puise dans les ressources nordiques paie elle-même pour les infrastructures. Uniquement pour une route devant faciliter l'exploitation d'une mine de diamants dans le secteur des monts Otish, Québec s'est engagé à débourser plus de 280 millions de dollars d'une facture totale de 330 millions. «Je ne vous dirai pas que ça fait "bar ouvert", mais les compagnies qui ont des projets dans le Nord ont compris immédiatement ce qu'elles pouvaient en tirer. Le Plan Nord laisse plusieurs portes ouvertes», a souligné celui qui a été ministre des Finances pendant huit ans.

Questionné à ce sujet, hier à Montréal, le premier ministre Charest a invité son prédécesseur péquiste à laisser les partenariats liés au Plan Nord prendre forme. «On a mis de côté 500 millions pour des participations dans les projets. Il y a déjà une somme prévue et ça va s'ajouter à d'autres participations également. Il faut donner la chance au Plan Nord de partir; il faut donner la chance aux projets d'émerger, c'est ce que nous faisons», a-t-il commenté.

Il a assuré que Québec participerait au capital-actions d'entreprises. «Les Québécois vont effectivement être propriétaires dans l'équité de plusieurs projets. On ne veut pas une propriété majoritaire, mais être propriétaires dans plusieurs projets.» Les libéraux prévoient des participations totales de 500 millions de dollars, alors que plus de 20 milliards de dollars de projets miniers privés pourraient se réaliser au cours des prochaines années.

M. Charest n'a toutefois pas reproché à M. Parizeau sa sortie publique dans Le Devoir. «Il a le droit de s'exprimer. Mais nous, on sait ce qu'on a préparé en étroite concertation avec les gens dans le Nord. Ce plan de Nord c'est le fruit de deux ans de concertation avec ceux qui habitent le territoire, avec les groupes environnementaux, c'est un grand projet environnemental également où on protège 50 % du territoire du développement industriel», a dit M. Charest.

De son côté, le ministre Hamad a abordé l'aspect des redevances, rappelant que son gouvernement les avait haussées. «La dernière année, nous avons recueilli 300 millions de redevances, ce qui correspond à l'ensemble des 10 dernières années», a fait valoir M. Hamad. Il faut toutefois savoir que cette hausse est aussi observée alors que la valeur des ressources extraites est en forte progression. Par exemple, pour 2011 seulement, les minières doivent extraire pour sept milliards de dollars de minerai.

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Avec Le Devoir

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