Plan Nord: Les Innus de Pessamit lancent une campagne de dénonciation

Le premier ministre Jean Charest lors de l'annonce du Plan Nord, en mai.<br />
Photo: Clément Allard - Le Devoir Le premier ministre Jean Charest lors de l'annonce du Plan Nord, en mai.
Ils réclament 5 milliards sur 50 ans au gouvernement du Québec et lancent une campagne internationale contre le Plan Nord, qu’ils n’ont jamais entériné.

Ils iront dans les grandes villes américaines et européennes où M. Charest est passé vendre son Plan Nord pour le dénoncer. Ils laissent aussi planer la menace d’un blocus de la route 138 et sont prêts à déposer une injonction en Cour supérieure pour stopper le plan de développement du Nord.

En conférence de presse aujourd'hui à Québec, le chef de Pessamit, Raphaël Picard, a rejeté l’offre de 113 millions du gouvernement, qu’il juge ridicule par rapport au «viol» des terres et aux dommages causés au territoire.

«C’est peu, c’est frivole de la part du gouvernement, c’est irrespectueux, a déclaré M. Picard. C’est dommage qu’il revienne encore à une attitude coloniale, [selon laquelle il| fallait montrer des couteaux, des haches, en échange de ballots de fourrure. Ils nous croient imbéciles, ils nous considèrent comme des aliénés.»

Il accuse Jean Charest d’aller faire de la «fausse publicité» en Europe, en Amérique et au Japon, en prétendant que les communautés autochtones sont d’accord, pour «aller donner encore, comme sous le régime Duplessis, le minerai à rabais aux grosses compagnies».

Les Innus se lanceront «sur la piste» du premier ministre avec le soutien financier de groupes environnementaux et d’organismes favorables aux autochtones, a-t-il indiqué.
Le chef a rappelé que le Plan Nord touche une grande partie du territoire revendiqué par les Innus et que les Québécois ont déjà retiré de juteux profits des ressources qui s’y trouvent, notamment des barrages, de la foresterie et des mines.

Il estime qu’Hydro a fait 45 milliards en vente d’électricité provenant du territoire réclamé, que le Québec a retiré pas moins de 836 millions des forêts, tandis que les mines auraient rapporté 54 milliards.

En contrepartie, Pessamit exige 5 milliards sur 50 ans, un montant qui est négociable, pour régler les enjeux du passé et de l’avenir, a précisé le chef. Le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, a pour sa part qualifié d’irréalistes les demandes des Innus.

Le chef Picard a cessé les négociations parce qu’elles font du surplace, selon lui. Il a ajouté que des groupes sont prêts à passer à l’action en bloquant la route 138, la seule route régionale qui traverse la Côte-Nord. Mais il n’a pas dit quand ils pourraient frapper.
11 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 21 novembre 2011 11 h 15

    Vraiment Pour du Développement ?

    Est-ce que le fric qu'on veut avoir de plus ira vraiment au développement et la création d'emplois pour sortir de la dépendance ? ??

    Ou ce sera du fric distribué aux citoyens pour leurs "loisirs" ???

    Je suis très septique vis-à-vis la volonté de ces communautés à vraiment sortir de la dépendance et se prendre économiquement en main, alors qu'une infime minorité a un secondaire 5 et aucune main d'oeuvre spécialisée..¨Ça prend plus que du fric pour sortir de la dépendance..

  • ClarkeCity - Inscrit 21 novembre 2011 11 h 53

    Le développement hydroélectrique au Québec

    Le gouvernement de John James Charest agit d’une manière irresponsable avec les centrales hydroélectriques.

    Son organisation, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) efface les commentaires embarrassants pour le gouvernement mentionnés lors des audiences. Voir un de ces commentaires à la page 10 du témoignage d'une vérité gênante "Une communauté d’accueil abandonnée" par la province de Québec.

    Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) renie ses responsabilitées en refusant de répondre aux préoccupations d'une communauté située à l'embouchure d'une rivière harnachée par des barrages hydroélectriques.

    Le Ministère de la Sécurité Publique ne semble pas affecté même si un plan d’urgence soit irréaliste.

    Pour tout ceux qui croient que le Québec doit harnacher les rivières, veuillez prendre note qu’Hydro-Québec prévoit gaspiller 300 MW de la production énergétique du projet Petit-Mécatina.

    « … En effet, le projet prévoit maintenant l'aménagement de deux centrales plutôt que de quatre, et la production a été réduite de 1500 à 1200 mégawatts. … »
    http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2010

    La devise du Québec semble être « Privatisons les profits et socialisons les pertes ».

    Le Plan Nord, une vente de feu pour essayer de sauver le Parti Libéral.

    Pourtant, le Plan Nord aurait pu être profitable…
    http://bit.ly/PlanNord

    Ton Plan Nord, Charest, on n'en veut pas !

    Serge Marchand

    PS: Félicitations aux membres de la communauté Innue qui avaient entravé la circulation sur la route 138 au printemps pour protester contre le Plan Nord.

  • Viktoria13 - Inscrit 21 novembre 2011 12 h 06

    Il faut comprendre que c'est une culture différente

    André Michaud, vous semblez supposer que les Inuits veulent (ou ne veulent pas) se sortir de leur dépendance en créant des emplois et en poursuivant ce que vous appelez le « développement ». C'est au mieux ignorant de votre part de raisonner ainsi.

    Vous ne semblez pas comprendre que ces gens ont une culture différente de la nôtre et que ces gens ne voudront pas nécessairement arriver à leurs fins par les mêmes moyens que vous auriez choisi.

    Je veux bien que de l'argent ait été distribué à mauvais escient et que vous soyez contrarié que l'argent ait vraisemblablement servi à ajouter une pelletée aux problèmes d'alcoolisme et de toxicomanie au sein de ces communautés. Par contre, il ne faut pas oublier que cette argent, ce n'est pas un cadeau, mais bien des montants qu'on leur doit pour réparer les injustices auxquels nous les avons soumis de force. Si nous pouvons décider unilatéralement de leur sort en leur forçant le bras, ils peuvent bien dépenser leur argent comme bon leur semble.

    Le Plan Nord aura inévitablement des impacts environnementaux majeurs, et ce sont encore les Inuits qui seront le plus durement touchés. Quand le saumon ne fraiera plus dans leurs rivières, ce n'est pas des revenus de pêche qu'ils perdront, mais bien le moyen de se nourrir.

    J'ai visité des communautés sur la Côte Nord. Savez-vous ce que les aînés disent lors des consultations? « C'est bien beau que vous voulez nous donner de l'argent pour compenser, mais non seulement nous ne pouvons rien acheter avec cette argent (il n'y a pas de centre d'achat à des centaines de kilomètres à la ronde, et souvent même pas de magasin général), mais en plus, une fois qu'il ne reste rien de cette argent, les saumons ne réapparaîtront pas comme par enchantement ». À leur place, vous raisonneriez autrement?

    Ça fait des centaines d'années que ces gens se font dilapider leurs moyens de subsistance, et vous croyez qu'ils ont tort de refuser qu'on continue dan

  • Roland Berger - Inscrit 21 novembre 2011 12 h 30

    Et vlan !

    Et vlan dans les autochtones de la Côte-Nord ! Ils ne veulent pas vaincre leur dépendance économique ! Ils veulent juste avoir de l'argent pour s'amuser. Voilà ce que nous dit Monsieur Michaud aujourd'hui. Quel ton péremptoire !
    Roland Berger

  • Gilles Bousquet - Inscrit 21 novembre 2011 15 h 47

    100 millions par année seulement

    Ils sont environ 50 000 individus des Premières nations qui habitent le Nord québécois à se séparer 100 millions par année, qu'ils demandent, ce qui ne fait que 2 000 par année par individus ou 8 000 $ par année, pour une famille de 4.

    Pour faire des trous dans 50 % du territoire du Québec.