Anglais à la Caisse de dépôt: Marois et Charest s'entendent

Les employés du siège social montréalais de la Caisse de dépôt et placement du Québec assistent au dévoilement des résultats de l’institution en février dernier. Certains employés de l’institution se plaignent de l’unilinguisme anglophone de deux cadres supérieurs.<br />
Photo: Agence Reuters Christinne Muschi Les employés du siège social montréalais de la Caisse de dépôt et placement du Québec assistent au dévoilement des résultats de l’institution en février dernier. Certains employés de l’institution se plaignent de l’unilinguisme anglophone de deux cadres supérieurs.

Québec — Il se trouve que deux cadres supérieurs de la Caisse de dépôt du Québec, Kim McInnes et David Smith, sont unilingues anglophones. Certains de leurs employés se sont plaints de cette situation à l'Office québécois de la langue française, au ministre des Finances, Raymond Bachand, ainsi qu'au chef de l'opposition, Pauline Marois. Cette dernière, saisissant la balle au bond, s'en est plainte à son tour au premier ministre, lors des débats de l'Assemblée nationale, hier après-midi, mettant carrément M. Charest en demeure d'expliquer «comment une telle situation a pu se produire alors qu'un engagement clair avait été pris par M. Sabia quant au maintien du français comme langue de travail à la Caisse de dépôt».

Il semble que Mme Marois enfonçait là une porte ouverte, car le premier ministre a convenu que la situation était effectivement inacceptable et que la Caisse «va corriger le tir, va s'assurer que les choses se font conformément à nos valeurs et aux lois, d'autant plus que c'est une volonté qui est affirmée de la part de l'Assemblée nationale et de tous ses députés. Il va de soi que la Caisse doit fonctionner en français». Bref, M. Charest et Mme Marois faisaient montre, sur cette question, d'une entente qui faisait grand plaisir à voir. Les choses auraient pu en rester là, la chef de l'opposition se déclarer satisfaite, seulement, il n'est pas dans la nature des chefs de l'opposition d'être satisfaits, aussi a-t-elle utilisé la «deuxième complémentaire» aimablement octroyée par le président de l'Assemblée pour poser sa question de nouveau, en la formulant autrement.

Réponse de M. Charest: «Je pensais avoir été clair, M. le président. À la Caisse de dépôt et placement du Québec, ça se passe en français.» Il avait en effet été clair, mais il ne devait tout de même pas espérer que Mme Marois lève le nez sur cette deuxième cartouche. D'ailleurs, elle avait droit à une troisième intervention, ce qui lui a fourni l'occasion d'inventer une autre manière de formuler sa question. Comme il n'existe apparemment point de quatrième complémentaire dans nos usages parlementaires, on est passé à un autre sujet. Mais tout porte à croire que messieurs McInnes et Smith devront se mettre au français.
9 commentaires
  • Q1234 - Inscrite 16 novembre 2011 07 h 50

    C'est tout?

    Je suis abasourdie par votre commentaire monsieur Blais! Il y a quelques années nous serions descendus dans la rue pour manifester devant la Caisse de dépôt et placement du Québec! Vous ne pensez pas que si madame Marois insiste auprès de monsieur Charest c'est que depuis qu'il est au pouvoir il a laissé le Québec et montréal en particulier s'angliciser? Vous ne pensez pas qu'il y a de quoi insister quand on voit la campagne de l'Office de langue française qui offre aux entreprises qui contreviennent à la loi 101 de les subventionner pour qu'elles s'y conforment , comme si cette loi était nouvelle? J'espère que madame Marois va le répéter haut et fort, sur tout les toîts, que la langue de travail au Québec c'est le français, qu'il y en a plein de québécois compétents pour occuper tous les postes que vous voulez au Québec, en français!!!
    Lydia

  • François Dugal - Inscrit 16 novembre 2011 07 h 55

    Proverbe chinois

    «Le poodle jappe, mais le requin nage». - Lao-Tseu

  • Francois - Inscrit 16 novembre 2011 07 h 56

    Enfin une voix pour le respect de langue française

    Il ne faut pas compter sur le parti Libéral pour être le gardien de la langues française. Bravo à ces personnes qui ont porté plainte. Faisons respecter la langue française au travail.

  • Jean Lapointe - Abonné 16 novembre 2011 09 h 30

    C'est effarant de devoir payer


    Je trouve effarant que l' OQLF utilise l'argent de nos taxes pour inciter certaines entreprises à appliquer la loi.

    Si nous avons une police de la langue c'est parce que c'est nécessaire.

    Quand des lois ne sont pas respectées, il faut toujours une police qui les fasse appliquer.

    Je trouve qu'il y a beaucoup d'anglophones qui font preuve d'un sans-gêne incroyable pour nous imposer leur langue. C'est comme si, pour beaucoup d'entre eux, c' était quelque chose qui devrait aller de soi.

    Je les trouve très envahissants depuis un certain temps ici à Montréal. Je me demande si ce n'est pas l'une des conséquences du vote du 2 mai dernier. Je pourrais donner bien des exemples pour illustrer cette affirmation.

    On dirait qu'ils se sont dits que finalement nous nous étions résignés à rester dans leur Canada, lequel est anglophone, quitte à pratiquer une certaine tolérance à l'endroit de la langue française.

    Nous devons donc réagir. Nous ne devons pas nous contenter d'être tout simplement tolérés.

    Nous ne sommes pas une minorité parmi d'autres. Nous sommes un peuple qui a ses institutions nationales et nous avons toutes les raisons du monde d'exiger d'être considérés comme une nation avec tout ce que cela comporte.

    Trop d'entre nous l'oublient ou ne voient pas le problème de fond, sans doute par ignorance ou encore par insouciance.

    Le combat doit se poursuivre si nous voulons non seulement survivre mais vivre pleinement en étant nous-mêmes. Il faut travailler à renverser les tendances dominantes si nousne voulons pas n' exister éventuellement que dans les manuels d'Histoire.

    Le libéraux ne feront pas grand chose face à cela parce que la majorité d es anglophones du Québec votent pour eux.

  • Marcel Bernier - Inscrit 16 novembre 2011 10 h 31

    La méthode Charest...

    Tolérer l’intolérable jusqu’à ce que l’Opposition vienne mettre le holà et déchirer sa chemise devant le peuple pour nous montrer que l’inacceptable ne passera pas. On a déjà jouer dans ce film lors de la nomination de certains juges!