Coalition Avenir Québec - Un manque d'engagement et de courage, selon le PLQ et le PQ

Pauline Marois voit en François Legault «quelqu’un de conservateur» qui a «renoncé à son idéal» souverainiste.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois voit en François Legault «quelqu’un de conservateur» qui a «renoncé à son idéal» souverainiste.

Le premier ministre Jean Charest estime que les propositions de la Coalition Avenir Québec (CAQ) manquent de profondeur et déplore que le nouveau parti de François Legault néglige de se prononcer sur plusieurs enjeux.

Pour sa part, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a critiqué les propositions de la CAQ et ses oublis, tout en accusant le chef du nouveau parti de manquer de courage.

«J'ai compris qu'après un an d'une réflexion profonde et une tournée provinciale, le CAQ a livré un nouveau logo et un nouveau thème: on verra», a affirmé Jean Charest dans un point de presse. Le chef libéral faisait référence aux réponses que François Legault a fournies lors du lancement officiel de son nouveau parti à des questions visant, notamment, des éléments de programme auxquels tient l'Action démocratique du Québec, soit l'accroissement de la place du secteur privé en santé et l'allocation mensuelle de 100 $ par enfant.

«C'est tellement mince, ses propositions», juge Jean Charest. «Il y a beaucoup de tarte aux pommes là-dedans, alors que, dans ses propositions, je vois des idées qui ne sont pas ficelées, qui ne sont pas réfléchies.» François Legault n'a rien à dire sur les personnes âgées, sur l'environnement, sur les familles et sur les places en garderie, a-t-il énuméré.

Le chef libéral a accusé François Legault d'avoir «un agenda caché» et il est revenu sur le thème de la chicane. Le sigle CAQ veut dire «chicane au Québec», a-t-il raillé. Il n'a pas voulu commenter la nouvelle proposition, dévoilée hier par la CAQ, de créer un poste de commissaire à l'intégrité de la vie publique nommé par l'Assemblée nationale. «On aura l'occasion d'en reparler», a-t-il dit.

Pauline Marois a révélé que François Legault «insistait» pour que la chef péquiste préconise «des hausses de tarifs très importantes en matière d'électricité» au moment où il a quitté le PQ, en juin 2009. «C'est comme ça qu'il allait pouvoir constituer un fonds pour investir en éducation et en santé. Mais le courage qu'il me demandait d'avoir alors que j'étais sceptique, il ne l'a pas maintenant.»

Selon Mme Marois, on peut donc «questionner le courage de M. Legault, qui veut révolutionner le monde avec des recettes vieilles comme le monde».

Pauline Marois a dénoncé tant les propositions de la CAQ que ses oublis. «À sept reprises, il a répondu aux questions en disant: "on verra". Il n'y a presque rien en environnement et en transport en commun», a-t-elle soulevé. Sur le front linguistique, Mme Marois estime que la CAQ propose «la poursuite de la politique des libéraux».

Quant au plan Legault pour l'éducation, Mme Marois se dit opposée à l'évaluation des enseignants sur la base des rendements. «On n'est pas dans une manufacture, on est dans une école et, parfois, les enfants ont des difficultés et cheminent à leur rythme», a soulevé Mme Marois.

À la traîne dans les sondages, Pauline Marois a reconnu hier que François Legault «dérange à première vue». Elle explique la popularité de la CAQ en disant que «tout ce qui est nouveau et inconnu semble plaire. Maintenant que c'est moins nouveau et qu'on pourra connaître [les idées], peut-être que ça plaira un peu moins».

Concernant les convictions profondes de M. Legault — Jean Charest l'a qualifié de souverainiste de gauche, alors que Françoise David y voit un homme de droite —, Pauline Marois penche pour la seconde option. Elle le perçoit comme «quelqu'un de conservateur» qui a «renoncé à son idéal» souverainiste.

Un des premiers intéressés par le lancement du nouveau parti, le chef adéquiste, Gérard Deltell, est resté muet hier. De son côté, la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a qualifié les propositions de la CAQ de «copier-coller du programme électoral de Jean Charest». En ce qui a trait à la question nationale, la CAQ est «le parti du ni-ni», ni fédéraliste ni souverainiste, une position qui affaiblira le Québec, estime Françoise David.
10 commentaires
  • pierre savard - Inscrit 15 novembre 2011 06 h 45

    Pas possible !

    Parce que le PLQ et le PQ sont courageux ??? Ha,ha... Jean Charest courageux !!! Trop drôle. Charest est tout sauf courageux et compétent. Quant à Marois, j'aimerais savoir si elle aurait le courage d'affronter les syndicats avant qu'on fasse faillite ?

  • Yves Petit - Inscrit 15 novembre 2011 07 h 04

    CAQ, pas sérieux

    Comment prendre au sérieux ce parti de 2 hommes derrière qui se cachent de hommes qui ont plus à coeur leurs profit$ que le bien-être du peuple. La CAQ, c'est la Clique des Affairistes du Québec!

  • Pierre Schneider - Inscrit 15 novembre 2011 07 h 30

    Tarifs énergétiques


    Est-ce que Legault a aussi changé d'idée sur son projet d'augmenter les tarifs d'électricité au Québec plutôt que de mettre fin aux abus et décisions incompréhensibles d'Hydro ?

    On verra...

    C'est devenu quasiment son mantra. Pas fort.

  • glanglais - Inscrit 15 novembre 2011 07 h 48

    Enfant prodigue ou héros

    Bonjour,

    Les vieux politiciens ne changeront jamais. Ils ne détectent même pas que le peuple, écoeuré, désire une autre façon de faire de la politique. Si M. François Legault était revenu au PQ, on aurait tué le veau gras pour fêter le retour de l'Enfant prodigue. Mme. Pauline Marois aurait sorti sa longue liste infinie des qualités exceptionnelles de M. Legault. Comme il n'est pas de retour à la maison péquiste, il est simplement un homme en manque de courage dit-elle.

    Dans le cas de M. Jean Charest, un passage de M. Legault au PLQ aurait été considéré comme un acquis non moins exceptionnel pour l'avenir du Québec et celui du Canada. Un homme que les Québécois et que les Québécoises attendaient depuis longtemps et qui marquera l'histoire du Québec moderne aurait-il dit. Comme il n'est pas allé servir ni M. Charest ni le PLQ, il n'est donc pas autre chose qu'un semeur de confusion pense le chef du PLQ.

    M. Legault a présenté un aspect général de ce que sera son programme politique. Les personnes intelligentes s'attendaient bien à ce que les détails ne fassent pas partie de son exposé. Pour le faire, il aurait fallu passer 30 jours en conférence de presse. D'après leurs commentaires, Mme. Marois et M. Charest auraient souhaité que M. Legault se rende jusqu'à parler de l'épaisseur légale que devraient avoir les couches des bébés. Cela prouve bien que la panique s'est maintenant installée au sein du PQ et du PLQ.

    Gaston Langlais - Gaspé.

  • France Marcotte - Abonnée 15 novembre 2011 09 h 13

    Accueillir autrement

    Jean Charest parle d'un manque de profondeur et curieusement c'est justement ce qu'on lui reproche aussi à lui.
    Pauline Marois parle d'un manque de courage et c'est justement ce dont elle dit devoir faire preuve en restant là d'où on veut la déloger.

    On voit chez le nouveau venu ses propres soucis, c'est normal, c'est de bonne guerre.
    Mais cela ne nous éclaire pas beaucoup sur ce qu'il est "en soi".

    Faire de la politique autrement serait aussi je suppose d'accueillir un nouveau parti autrement, de façon moins convenue.
    Par exemple en disant ce que les analystes disent, qu'un nouveau parti amène un brassage d'idées, sans que cela signifie qu'on approuve son programme.