Pierre Curzi voit d'un bon oeil la crise qui secoue le Parti québécois

Le député indépendant Pierre Curzi a livré son discours en présence de Louise Beaudoin, Lisette Lapointe et Jean-François Aussant.<br />
Photo: François Pesant - Le Devoir Le député indépendant Pierre Curzi a livré son discours en présence de Louise Beaudoin, Lisette Lapointe et Jean-François Aussant.

Le député indépendant Pierre Curzi ne croit pas que remplacer la chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, réglerait les problèmes du parti. Il voit toutefois d'un bon œil la crise qui se poursuit au sein du mouvement souverainiste.

Inivité à prononcer un discours lors du souper-conférence de la revue L'Action nationale hier soir, le député de Borduas a refusé d'indiquer ses intentions dans le cas où Pauline Marois quittait le parti prochainement, ce qu'elle n'a pas l'intention de faire, il faut le préciser.

Alors que le leadership de la chef est contesté de l'intérieur, par quelques députés qui se sont exprimé en caucus cette semaine, plusieurs voient en Pierre Curzi un successeur. Lui-même a déjà dit réfléchir à cette possibilité, notamment en août dernier. «Je suis de ceux qui vous imaginent un destin; je me demande si vous l'imaginez vous aussi?» lui a demandé un participant au souper-conférence, ce qui a fait rire et réagir l'assemblée.

Un changement de tête au parti ne suffirait pas à le ranimer, croit-il. «Les problèmes qui se posent sont plus grands que remplacer quelqu'un par quelqu'un d'autre, a répondu M. Curzi. Il faut chercher ailleurs. On ne peut pas espérer qu'un individu fasse une différence à ce point-là. Il y a un autre modèle dont on tente d'accoucher en ce moment. Un des problèmes qu'on a, c'est qu'il est difficile de laisser les naissances se produire à leur rythme normal.» Lui préfère attendre pour l'instant.

Il comprend bien sûr ses anciens collègues qui ont demandé cette semaine en caucus le départ de leur chef, lui qui a quitté le parti en juin, tout comme quatre autres collègues péquiste. «Il y a des forces vives qui sont à l'intérieur du Parti québécois, a-t-il déclaré. On ne peut s'en empêcher quand on est indépendantiste et qu'on cherche à faire le pays dans un délai raisonnable.»

Pierre Curzi estime que la situation ambiguë du PQ est une bonne chose. «J'ai beaucoup d'espoir dans ce qui se passe.»

Renouveler le message

Son discours d'hier portait justement sur la nécessité de renouveler le message pour le projet souverainiste, proposant sa nouvelle façon à lui d'aborder la question. «L'indépendance, c'est un discours qu'on a de la difficulté à faire», selon le député.

Ces derniers mois, il a constaté que la population, pourtant mobilisée par les grands dossiers des gaz de schiste, de la commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction et des dérives de la finance, ne veut pas entendre parler de souveraineté, un propos souvent jugé «partisan». «Il y a eu un éloignement de la classe politique des citoyens», croit-il.

À l'indépendance, il faut désormais opposer la dépendance pour intéresser les Québécois. «Il faut qu'on se rende compte au Québec, dans notre parole citoyenne et indépendantiste, que l'on est soucieux de notre dépendance, qui est de plus en plus en dehors du Québec et du Canada.»

Des décisions économiques, sociales et environnementales importantes se font dans des instances où le Québec n'a souvent pas voix, déplore-t-il, comme les grandes instances internationales.
33 commentaires
  • Seven Nomena - Inscrit 29 octobre 2011 01 h 29

    M. Curzi n'a pas de bonne strategie.



    Bonjour,
    M. Curzi dont l'ambition est connu, reviens a la charge et vise deja la chefferie du PQ. Manifestement, sa strategie n'etait pas la bonne.
    Des personnalitees influent du parti ne se rangeront pas automatiquement dans son camp. Il n'aura donc pas la vie facile des son retour.
    A mon humble avis, M. Duceppe a plus de chance que lui.

  • GuyBer - Inscrit 29 octobre 2011 07 h 22

    La souveraineté, un goût de vieux sur.

    Je m’inscris en faut à propos de l’analyse que fait M. Curzi. Le Québécois moyen n’est pas intéressé à cette dépendance dont il fait allusion. Comme exemple, aller voir sur les tribunes de R-C, quand il s’agit d’une manchette du Québec les commentaires abondent. Par contre, sur des sujets internationaux les observations fond figure de parent pauvre.

    Le Québécois est un Nord-Américain comme les États-Unis qui lui aussi est peu intéressé à la chose planétaire. Alors, pourquoi s’intéresserait-il à cette dépendance envers un Canada qui ne représente pas ses aspirations au niveau international?

    Je crois plutôt que le mouvement indépendantiste doit repenser son option souverainiste. Le message ne passe plus. Il n’est plus porteur de vision, d’espoir d’un pays. Le projet souverainiste a comme un arrière-goût de défaite. Comme le dit l’expression : il a un goût de vieux sur.

    Je vois plutôt pointer à l’horizon depuis quelques années un nouveau projet indépendantiste porteur d’une vision, d’une stratégie gagnante à coup sûr. Le Québec est entré dans la constitution par un simple vote majoritaire de son Assemblée nationale du temps et peut en ressortir de la même façon.

    Si vous votez pour ce nouveau projet d’indépendance, il n’y a qu’une option, la séparation du Canada. Au lendemain d’une élection ce parti présenterait qu’un seul point à l’ordre du jour. Voter la sortie du Québec de la fédération canadienne. S’il obtient une majorité de députés à l’Assemblée nationale, on l’a notre pays. Qu’est-ce qu’on entend pour la faire?

  • Daniel Lambert - Inscrit 29 octobre 2011 07 h 27

    L'oeil qui louche

    On sait bien que Curzi se délecte du grenouillage qui obligeraait enfin la pauvre madame Marois, de guerre lasse, d'abandonner le bateau. Il ne semble pas avoir réalisé, monsieur Curzi, qu'il n'est peut-être pas le messager que le PQ attend. Il a raison de penser que le successeur de Pauline Marois aura bien du pain sur la planche. Actuiellement, dans la députation péquiste, aucun d'eux ne possède le charisme pour remplacer Marois et redonner au parti le souffle nouveau que l'on attend.

    Comme bien d'autres récalcitrants, Pierre Curzi devrait ajuster sa vision des choses.

  • Geoffroi - Inscrit 29 octobre 2011 07 h 29

    Renouveler le message: rien de nouveau devant le "bon oeil"

    Mon oeil! Il ne cherche qu'à se positionner au cas où.

  • Louis16 - Inscrit 29 octobre 2011 07 h 50

    Peirre Curzi

    Bonjour,

    Je ne crois plus en cette personne. Je pense qu'il aurait dû rester à l'intérieur du parti afin de faire changer les choses. L'isolement est un mauvais moyen pour l'évolution des choses.