Le Québec et la France célèbrent 50 ans d'amitié

Paris — Environs 150 amis du Québec se sont réunis hier sous les lambris du Palais du Quai d'Orsay pour célébrer les 50 ans de l'ouverture d'une Délégation du Québec à Paris qui a aujourd'hui un statut diplomatique. Parmi les invités, on comptait cependant assez peu de nouveaux visages. Il y avait les habitués du Québec en France (Luc Plamondon, Denise Bombardier), plusieurs ministres français (Alain Juppé, Luc Chatel et Éric Besson), quelques artistes (Arthur H) et surtout de nombreuses personnalités aujourd'hui en retrait de la politique québécoise (Lucien Bouchard, Pierre Marc Johnson, Gil Rémillard et Paul Gérin-Lajoie).

À défaut du président Nicolas Sarkozy, que Jean Charest ne rencontrera pas, c'est le premier ministre François Fillon qui a accueilli ses invités en célébrant les «liens charnels» et «existentiels» qui unissent Français et Québécois. Dans un discours qui ne mentionnait pas le Canada, le premier ministre français a rappelé que «chacun de nos deux peuples se sent intimement concerné par le destin de l'autre».

Jean Charest, qui a offert un anorak à François Fillon pour qu'il se rende dans le Nord québécois, a évoqué «la rencontre de deux nations modernes» et «le signal très puissant» que représentait pour le Québec la création à Paris d'une «quasi-ambassade».

Le Plan Nord

Plus tôt, Jean Charest et François Fillon avaient annoncé la création de trois comités de travail destinés à faciliter la participation des entreprises françaises au Plan Nord. «Ces groupes de travail réuniront les acteurs publics, les entreprises et les organismes de recherche, dit François Fillon. C'est cette synergie qui permettra de déterminer les projets et les champs de coopération».

Devant le MEDEF (le Conseil du patronat français), la Chambre de commerce et d'industrie et un groupe d'ambassadeurs de l'OCDE, Jean Charest a une fois de plus fait miroiter les milliards qui se cachent, dit-il, dans le Grand Nord québécois. L'évocation de ces vastes espaces, qui font deux fois la France, produit toujours beaucoup d'effet sur le public français. Le premier ministre a répété qu'il voulait que la France devienne le premier investisseur européen du Plan Nord. Particulièrement enthousiaste, le ministre de l'Industrie Éric Besson, qui revient du Québec, parlait d'une «coopération globale» dans ce domaine entre la France et le Québec.

Après un entretien de plus d'une heure, Jean Charest et François Fillon ont dressé un bilan plus que positif des relations entre la France et le Québec, «même s'il y a toujours des sujets de préoccupation», reconnaît néanmoins le premier ministre François Fillon. Si «elles ne sont plus caractérisées par les éclats du passé», dit-il, ces relations sont caractérisées par «une grande solidité et une grande amitié». Et le premier ministre québécois d'ajouter qu'il ne faut pas avoir la nostalgie de l'éclat passé. «C'est une autre époque.»

***

Correspondant du Devoir à Paris
 
3 commentaires
  • Francois - Inscrit 6 octobre 2011 07 h 15

    Une amitié d'effrité

    Les hommes politique ont bien changé leur discourt et leur appui depuis de Gaulle vis-à-vis le Québec.

  • Julie Forre - Inscrit 6 octobre 2011 12 h 19

    Que cela dure

    C'est une très bonne chose autant pour les entreprises françaises que canadiennes qui pourront collaborer sans devoir à faire affaire à des contraintes bloquant parfois certains projets.
    Mais d'accord avec françois, les homes politiques ont bien changés...

    <div style="display:none;">Mais espéreront que cela change rapidement <a href="http://www.google.fr">google</a><

  • camelot - Inscrit 6 octobre 2011 13 h 26

    De nouveaux Cent-associés ?

    Rappelons que la première compagnie formée par les Français pour exploiter les richesses de Nouvelle-France se sont remplis les poches en ignorant leur devoir de peupler le pays. Serait-ce un retour ? Il faut se méfier des étrangers qui viennent ici pour "faire la piasse."