Plan Nord: le Québec et la France jettent les bases de leur coopération

Jean Charest lors de l'annonce du Plan Nord, en mai.
Photo: - Le Devoir Jean Charest lors de l'annonce du Plan Nord, en mai.
À l’issue d’un entretien d’une heure à l’Hôtel Matignon, le premier ministre québécois et son homologue François Fillon ont annoncé la signature d’une «déclaration commune» en ce sens. Pour l’instant, il s’agit d’abord de créer trois groupes de travail sur les mines et les métaux stratégiques, les énergies renouvelables ainsi que le développement du numérique.

François Fillon a parlé d’une «feuille de route pour les prochains mois», mais la France ne cache pas ses ambitions: devenir, comme le souhaite Jean Charest, le premier investisseur européen dans ce qui est perçu ici comme un «nouvel Eldorado».

«La France a tout de suite cru au Plan Nord», a rappelé François Fillon. «Nous allons faire ce projet ensemble», a renchéri M. Charest. «Nous voulons travailler avec des partenaires en qui nous avons confiance et c’est vers la France que nous nous tournons», a-t-il ajouté.

Selon le ministre français de l’Industrie, Éric Besson, qui s’est rendu sur place le mois dernier, le Nord du Québec a «tout pour devenir la nouvelle frontière pour les entreprises françaises».

«Votre Plan Nord soulève l’enthousiasme des entreprises françaises», a-t-il assuré à Jean Charest, lors d’une conférence devant la Chambre de commerce de Paris.

Le «projet d'une génération»

La deuxième journée de la visite à Paris de M. Charest a entièrement été consacrée au Plan Nord. Au petit déjeuner, le premier ministre l’a présenté à une vingtaine de membres du Mouvement des entreprises françaises (MEDEF), l’influent conseil du patronat français. M. Charest, micro à la main devant une grande carte du Québec, a ensuite vanté son «projet d’une génération» devant plusieurs centaines de représentants du milieu des affaires et des finances réunis par la puissante Chambre de commerce de Paris, avant d’en faire autant devant des ambassadeurs en poste à l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Sa rencontre avec François Fillon et la signature de la déclaration commune aura été le point d’orgue de cette journée. Celle-ci s’est terminée au Palais des Affaires étrangères, où le premier ministre français a offert un grand dîner d’État pour fêter les 50 ans de la Délégation.

C’est la première fois depuis qu’il a été nommé à la tête du gouvernement, il y a quatre ans, que M. Fillon reçoit sous les lambris dorés du Quai d’Orsay, a-t-on souligné.

Environ 125 convives québécois et français ont pris part à ce dîner. Parmi eux figuraient Luc Plamondon, l’ancien ministre Paul Gérin-Lajoie ou encore l’ancien secrétaire général de l’ONU et de l’Organisation internationale de la francophonie, Boutros Boutros-Ghali. Le premier ministre Fillon et le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, ont accueilli ensemble M. Charest et son épouse sur le seuil de la grande porte du palais.

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