Industrie de la construction - Duchesneau propose une enquête à huis clos

Après une rencontre avec le ministre des Transports, Pierre Moreau, Jacques Duchesneau s’est dit hier persuadé que son rapport a été cette fois pris au sérieux et que des mesures correctrices seront bel et bien apportées aux problèmes qu’il a soulevés.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Après une rencontre avec le ministre des Transports, Pierre Moreau, Jacques Duchesneau s’est dit hier persuadé que son rapport a été cette fois pris au sérieux et que des mesures correctrices seront bel et bien apportées aux problèmes qu’il a soulevés.

Dans un extrait de l'émission Tout le monde en parle qui sera diffusée demain à Radio-Canada, Jacques Duchesneau a réitéré qu'il était toujours favorable à une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction, mais il estime qu'il pourrait y avoir une solution transitoire.

«Avant même d'accepter mon poste, j'étais en faveur d'une commission d'enquête. Je suis encore pour une commission d'enquête. Est-ce qu'on doit aller vers une commission d'enquête publique tout de suite? Non. Je pense qu'il y a un moyen terme entre les deux, soit une commission d'enquête qui pourrait être menée par trois juges qui vont entendre à huis clos ce que les gens ont à dire», a-t-il dit lors d'un extrait de l'émission diffusé hier par Radio-Canada.

Rencontre avec Pierre Moreau

Par ailleurs, le patron de l'Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, rencontrait hier le ministre des Transports, Pierre Moreau. Au sortir de cette rencontre, il s'est dit persuadé que son rapport a été cette fois pris au sérieux et que des mesures correctrices seront bel et bien apportées aux problèmes qu'il a soulevés.

La semaine dernière, le premier ministre Jean Charest avait semblé prendre à la légère le rapport, l'apparentant à des «allégations» et avait avoué qu'il ne l'avait même pas lu. Il s'est depuis repris, et l'a lu.

MM. Moreau et Duchesneau ont rencontré la presse, hier à Montréal, après leur entretien sur le contenu du rapport de l'Unité anticollusion et les recommandations qui étaient adressées au ministère des Transports pour améliorer les choses. De hauts fonctionnaires du ministère participaient aussi à la rencontre.

Toutefois, ni M. Duchesneau ni M. Moreau n'ont voulu préciser quels correctifs seraient apportés. Le ministre a promis de convoquer la presse pour énoncer ces mesures «le plus rapidement possible».

«J'ai toujours dit que le rapport de l'Unité anticollusion n'était pas une fin en soi, mais un début, et je pense que le début a commencé ce matin, a dit

M. Duchesneau. Des 45 pistes de réflexion que nous avons soumises [les 45 recommandations de son rapport], plusieurs ont été abordées ce matin. Donc, un train de mesures devrait être mis sur pied incessamment. On s'en va dans la bonne direction.»

«Ils sont déterminés dans leur volonté de trouver des solutions aux problèmes», a-t-il commenté en anglais.

Perte d'expertise au ministère

Le rapport Duchesneau faisait état de plusieurs problèmes, notamment la perte d'expertise au sein du ministère des Transports au profit des firmes privées de génie-conseil, qui offrent de meilleures conditions de travail.

De plus, les firmes privées embauchent des ingénieurs retraités du ministère, qui se retrouvent ensuite devant des collègues moins expérimentés pour les superviser au nom du ministère.

«Tout se passe comme si le ministère avait pour ainsi dire autorisé un transfert de compétences vers le secteur privé, sans toutefois s'assurer de conserver suffisamment d'expertise pour gérer adéquatement son réseau», écrivait M. Duchesneau dans son rapport.

Le ministre Moreau a nié cette affirmation. «Ce n'est pas exact que le ministère ne l'a plus», a-t-il lancé, ajoutant que son ministère avait été exclu de la politique gouvernementale voulant qu'il faille deux départs à la retraite pour justifier une embauche.

Le rapport Duchesneau recommande à ce chapitre la mise sur pied d'un programme de rétention des employés. Interrogé sur sa volonté d'embaucher des ingénieurs, le ministre Moreau n'a pas voulu s'engager pour le moment.

M. Duchesneau a admis en anglais qu'il a découvert une situation «pire que ce que je pensais» en faisant enquête pour rédiger ce rapport.

Lui qui a dirigé le Service de police de Montréal s'est néanmoins montré optimiste, affirmant que «tout peut être combattu» si la volonté y est.

Le rapport Duchesneau recommande également d'encourager la participation des bureaux d'ingénieurs et des entreprises de construction de petite et de moyenne tailles «afin de leur permettre de gagner en expertise et d'insuffler un peu plus de concurrence dans les marchés».

M. Duchesneau a pris la peine de souligner, au cours de sa rencontre avec la presse, que ceux qui avaient le plus collaboré à son enquête étaient justement les employés du ministère des Transports. «Ils sont les bons, pas les méchants», s'est-il exclamé en anglais.
35 commentaires
  • Louka Paradis - Inscrit 24 septembre 2011 04 h 23

    LE CHAT SORT DU SAC

    Voici la nouvelle médiasérie Le Justicier démasqué. À voir leurs sourires complices, COMME DEUX LARRONS EN FOIRE, on dirait bien qu'ils ont conclu un marché avantageux pour eux deux... et pour sauver le cheuf. Ça m'aurait surpris que Duchesneau renonce aux avantages de faire encore partie du Club des croque-la-piastre. Il a joué un petit jeu de pouvoir, car il n'a pas apprécié de se faire supplanter par Lafrenière. On appelle ça donner de faux espoirs à la population. J'y ai cru quelques jours, comme beaucoup de citoyens. Encore le huis-clos : comme c'est commode...

    Une belle stratégie : on fait semblant qu'un justicier dévoile les horreurs d'un système (qu'on connaît très bien) et hop ! on propose vite des remèdes à apporter pour prouver qu'une commission d'enquête publique n'est plus nécessaire. La semaine suivante, oh ! surprise ! un nouveau sondage bidon donne Jean Charest en nette remontée. Désolé ! On n'est pas des valises...

  • NiDieuNiMaitre - Inscrit 24 septembre 2011 06 h 33

    Rien à cacher?

    Il est évident qu'une enquête à huis clos ferait délier certaines langues plus facilement et entacherait moins de réputations, mais on se fait déjà fourrer à huis clos alors l'enquête doit être publique! Ça demandera peut-être un peu plus de travail, un peu plus de recoupements mais au moins tout le monde en aura le coeur net. Les huis clos à la Charest, on sait ce que ça donne!

  • Michel Miclot - Inscrit 24 septembre 2011 06 h 48

    Une autre manière de se défiler !!!

    Quand on sait comment les juges sont nommés, permettez-moi de douter de l'efficacité d'un triumvirat de juges probablement choisis par Charest( y'en aura pas d'enquête) lui-même. Le peuple veut de la transparence M. Duchesneau et il veut connaître ceux qui le volent depuis des années , ceux qui par le fait même sont responsables avec la bénédiction et l'aide des politiciens et des fonctionnaires corrompus des coupures en éducation et en santé.

  • michel lebel - Inscrit 24 septembre 2011 07 h 15

    Triste démocratie!

    Duchesneau? Quelqu'un va-t-il enfin lui dire de prendre son trou? Pour qui se prend-il cet homme? Le premier ministre , un ministre? Mais ces deniers sont si faiblards que Duchesneau prend toute la place, lui qui n'est pas un élu, qui n'a reçu aucun mandat électoral. Le Québec vit présentement une bien triste démocratie. Le feu semble bien pris dans la grange et il n'y a pas de pompiers!

  • Mimi37 - Inscrit 24 septembre 2011 07 h 24

    Et voilà...

    Y a seulemnt trois commentaires de rentrer sur le sujet ce matin ET DEJA, quoique ce soit qui soit proposé comme solution, EN DEHORS d'une Commission d'enquête (fonfon), RIEN N'EST ACCEPTABLE!

    Aucune partisannerie n'est présente chez ces individus(sic, resic...)