Sondage - Legault maintient ses appuis

L’arrivée d’un parti dirigé par M. Legault grugerait le quart des appuis du PQ, indique le sondage. Le reste des pro-Legault est composé de 46 % des électeurs adéquistes et de 17 % des libéraux.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’arrivée d’un parti dirigé par M. Legault grugerait le quart des appuis du PQ, indique le sondage. Le reste des pro-Legault est composé de 46 % des électeurs adéquistes et de 17 % des libéraux.

François Legault continue de brouiller les cartes du jeu politique au Québec. La période estivale et la présentation de la dernière grande proposition de la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) ont renforcé les appuis de M. Legault, qui remporterait facilement des élections si elles avaient lieu maintenant. Principale victime de cette popularité: le Parti québécois.

C’est ce que révèle un sondage Léger Marketing-Le Devoir réalisé en ligne entre le 12 et le 15 septembre et divulgué alors que les travaux parlementaires reprennent aujourd’hui à Québec. D’après le coup de sonde, le «futur parti» de M. Legault récolte actuellement 34 % des intentions de vote, loin devant les libéraux (25 %), le PQ (17 %) et l’ADQ (9 %).

Depuis le mois de juin, le soutien à la CAQ oscille entre 31 % et 33 %. «Les nouvelles sont bonnes pour lui, estime Sébastien Dallaire, directeur de recherche en affaires publiques à Léger Marketing. L’effet Legault se maintient dans le temps, il est très constant. On peut commencer à parler d’intentions de vote stables.»

Les nouvelles sont toutefois moins bonnes pour Pauline Marois. Car l’arrivée d’un parti dirigé par M. Legault grugerait le quart des appuis du PQ, indique le sondage. Le reste des pro-Legault est composé de 46 % des électeurs adéquistes et de 17 % des libéraux. «Il prend des votes à tout le monde», note M. Dallaire.

François Legault domine aussi partout: comme meilleur premier ministre (38 %, soit neuf points de plus que Jean Charest — Pauline Marois est à 15 %); chez les francophones (37 %, alors que les libéraux et le PQ sont à 20 %); en région (40 %, soit deux fois plus que ses adversaires); à Québec et à Montréal (avec une faible avance d’un ou deux points devant les libéraux). Le PQ se classe chaque fois troisième dans ces catégories.

Selon Sébastien Dallaire, Pauline Marois ne peut entrevoir qu’une seule bonne nouvelle dans le sondage. Et encore: elle est conditionnelle à la décision de M. Legault de fonder — ou non — un parti. Car dans un scénario sans facteur Legault, le PQ arrive à réduire de moitié l’écart qui le séparait du Parti libéral il y a encore un mois. Ce ne serait néanmoins pas suffisant pour l’emporter.

Sans François Legault dans les parages, le sondage montre que Jean Charest aurait remporté les élections avec un appui de 31 %, soit cinq points devant le PQ. L’ADQ se situe à 13 %, et Québec solidaire à 7 %. En août, les libéraux pointaient à 34 %, dix points devant le PQ. Mais malgré cette remontée de deux points, le PQ se trouve toujours très loin des sommets atteints et maintenus entre février 2009 et septembre 2010 (40 %). Depuis avril 2011, le parti de Mme Marois a perdu une quinzaine de points dans les sondages.

Il faut toutefois noter que le coup de sonde ne tient pas compte de l’impact potentiel des retombées du rapport préparé par Jacques Duchesneau sur l’industrie de la construction au Québec. La grande majorité des 1005 répondants a été contactée avant la divulgation des conclusions explosives de M. Duchesneau.

Sébastien Dallaire pense toutefois que ce n’est pas tant dans les intentions de vote que dans le taux d’insatisfaction à l’égard du gouvernement Charest (actuellement établi à 64 %) que l’impact du rapport se fera sentir. «Il n’y a pas eu de grosses variations quand il y a eu des révélations au sujet d’autres problèmes reliés à la construction, dit M. Dallaire. C’est vraiment dans le taux de satisfaction que ça va jouer dans les prochaines semaines.»

Le sondage note par ailleurs que 60 % des futurs électeurs de François Legault seraient favorables à une fusion de la CAQ avec l’ADQ.

La marge d’erreur pour un échantillon probabiliste de cette taille est de 3,1 %, dans 19 cas sur 20.

 
9 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 19 septembre 2011 18 h 10

    Diviser pour régner

    Si on cherche «à qui profite le crime», on pourrait presque voir Charest derrière ce mouvement.

  • Helpaul - Abonnée 19 septembre 2011 20 h 24

    Ca donne le gout d'émigrer...

    de lire qu'il y a encore 31% de québécois qui voteraient pour Charest...Y a-t-il autant de monde dans la construction?

  • Claude Kamps - Inscrit 19 septembre 2011 20 h 33

    Ce sondage ne mentionne pas

    le résultat si L'ADQ se joint à Legault, disons 8 points de plus, c'est un balayage genre NPD qui nous attend.

    Je commence à croire que plutôt que de se révolter les armes à la main ( ou le crucifix!), les québécois se donnent le mot pour élire un nouveau parti haut la main, pour protester contre la sclérose des vieux partis....

    La fois précédente Dumont a pas eu le temps ni l'argent pour se battre contre la machine du PLQ qui est soutenue par des millions dans une caisse en noire....

  • Alexandre Dionne - Inscrit 19 septembre 2011 20 h 40

    Le Parti Québécois doit se questionner pour préparer l'avenir....

    Après la victoire de François Legault à la tête d'une CAQ et sa gouvernance expérimentale, incluant une touche de protection du fait identitaire (insuffisante mais incomparablement meilleure que le recul avec les Libéraux de Charest), le Parti Québécois, qui n'aura pas voulu reconsidérer sa direction, devra passer à l'ère post-Marois.

    Espérons seulement que certains talents y demeureront, car l'avenir est crépusculaire et Mme Marois a choisi le rose comme teinte favorite de ses lentilles. Évidemment, les prochains mois, avec le scandale dans la construction, nous diront si la tendance se maintient.

    Dans l'affirmative, il faudra réfléchir.

    Certes, les pays ne se bâtissent pas en un jour et si cela prend vingt ans encore, nous serons là pour faire la souveraineté du Québec.

    Pauline Marois ne sera pas innocentée de la déchéance du Parti Québécois fondé par René Lévesque, même si le tort est encore plus marqué par les dissidents et démissionnaires anti-" gouvernance souverainiste " !

  • Jean-Michel Picard - Inscrit 19 septembre 2011 23 h 47

    Se raviser !

    Mais personne ne veut de Marois. Il me semble que cela est clair. Ça prend des couilles pour gouverner et seul Gilles Duceppe en possède.

    Alors arrêter de nous dire qu'on se dévise : on ne se divise pas : on se ravise ! ON SE RAVISE !