Québec coupe 800 millions

Ces nouvelles compressions dictées par la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, seraient en partie dues aux débordements des coûts en transport et ceux liés aux inondations en Montérégie, ainsi qu'aux revenus des exportations, moindres que prévus.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Ces nouvelles compressions dictées par la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, seraient en partie dues aux débordements des coûts en transport et ceux liés aux inondations en Montérégie, ainsi qu'aux revenus des exportations, moindres que prévus.

A la poursuite de son objectif du déficit zéro, le gouvernement Charest impose à tous ses ministères des compressions de 800 millions pour l'année financière en cours, a appris Le Devoir. La moitié de cet «effort» budgétaire devra être réalisé par les deux plus importants portefeuilles de l'État, soit la Santé (environ 350 millions) et l'Éducation (environ 180 millions).

Ces nouvelles compressions dictées par la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, seraient en partie dues aux débordements des coûts en transport et ceux liés aux inondations en Montérégie, ainsi qu'aux revenus des exportations, moindres que prévus. «Pour atteindre notre objectif de retour à l'équilibre budgétaire, on fait des suivis. En cours d'année, il y a certains ajustements qui se font dans les enveloppes des ministères pour nous permettre d'atteindre notre cible globale. C'est un processus normal, a dit Isabelle Mercille, attachée de presse au Conseil du trésor. Mais ce sont des cibles qui touchent uniquement les dépenses administratives. Ça ne vise pas les services.» Il revient toutefois aux ministères de déterminer comment, dans leurs divers secteurs, seront ventilés les montants des coupes.

En éducation, c'est le ministère lui-même qui écoperait du plus grand effort à faire (77 millions), suivi des commissions scolaires (environ 65 millions) et des cégeps (30 millions). «Ça n'aura aucun impact puisque c'est des coupes qui se font à même les surplus», a dit Dave Leclerc, l'attaché de presse de la ministre de l'Éducation.

Selon divers acteurs du milieu interrogés par Le Devoir, il serait toutefois pratiquement impossible de procéder à ces coupes sans affecter les services aux élèves.

Au premier chef, le réseau collégial qui, déjà aux prises avec des compressions de 31 millions, est particulièrement inquiet qu'on lui retranche de nouvelles sommes. Réunis d'urgence toute la matinée d'hier avec les présidents de leurs conseils d'administration, les directeurs des 48 cégeps ont voté à l'unanimité une résolution condamnant ces nouvelles ponctions dans leurs budgets et promettent des actions publiques de dénonciation. «On n'applaudira jamais des compressions», a affirmé Jean Beauchesne, président-directeur général de la Fédération des cégeps, qui est actuellement en pourparlers avec le ministère pour déterminer le meilleur moyen d'effecteur ces coupes. «C'est un choix politique et on en subit les conséquences.»

Atteinte aux services aux élèves

Réaliste, il ne peut garantir qu'elles seront sans heurts pour les services aux élèves. «Dire qu'on va réussir à ne couper que dans les services administratifs est une vue de l'esprit. Quand on est sur le terrain, c'est pas comme ça que ça se passe. Si je coupe un concierge, j'affecte les services aux étudiants. Indirectement, vous allez me dire, mais c'est ça pareil», a noté M. Beauchesne.

Même son de cloche dans les commissions scolaires anglophones, où il apparaît difficile de couper sans toucher les élèves. «Nous avons une tâche dans la vie qui est de dispenser des services aux élèves. Et de dire qu'aucune coupe que ce soit, surtout au milieu d'un exercice financier, ne va affecter les services rendus aux élèves serait trompeur», a dit David Birnbaum, directeur général de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ), en disant toutefois apprécier avoir été consulté «cette fois-ci».

Du côté francophone, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a déclaré qu'elle ne ferait pas de commentaires pour l'instant. «On a été informé des nouvelles compressions qui s'ajoutent à celles déjà annoncées, mais on n'a pas de précisions sur les modalités d'application. On a des échanges avec le ministère, mais on ne sait pas encore si ça va affecter les services aux élèves», a souligné la porte-parole de la FCSQ, Caroline Lemieux.

En mai dernier, la Fédération était pourtant montée aux barricades pour s'opposer à des coupes de 110 millions qu'on lui infligeait. «Elle était sortie sur la place publique, mais cette année, on l'entend moins», s'est étonné le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent. Pour expliquer le silence de la FCSQ, il avance l'hypothèse que celle-ci est devenue plus conciliante moyennant un plus grand respect de son pouvoir décisionnel par le ministère.

La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré, s'est pour sa part inquiétée de ces nouvelles amputations dans les budgets. «Il ne faut absolument pas que ça affecte les services aux élèves. Ils sont déjà au minimum dans plusieurs milieux. On ne sera certainement pas d'accord avec ça», a-t-elle insisté.

Coupes en santé


Quant au ministère de la Santé, il n'a pas voulu confirmer le montant de 350 millions en coupes. L'attachée de presse du ministre Yves Bolduc, Natacha Joncas Boudreau, a toutefois reconnu qu'il se situait «dans ces eaux-là». «Les coupes vont se faire à l'intérieur du ministère, a-t-elle indiqué. On parle de frais administratifs et d'allocations budgétaires.»

Le président de la CSN, Louis Roy, déplore cet entêtement dans l'atteinte du déficit zéro qui a mené à ces nouvelles coupes totalisant près de 1 milliard. «Lors du dernier budget, on savait que cette façon de comptabiliser-là, cette poursuite du déficit zéro à tout prix allait mener en cours de route à des compressions supplémentaires et on avait dit au gouvernement qu'on n'en voulait pas», a-t-il indiqué. S'il admet ne pas avoir entendu parler de coupes dans les services pour l'instant, il doute qu'une somme aussi importante puisse être retranchée uniquement en interne. «Je ne connais pas le budget à l'interne du ministère, mais si on arrive à couper 350 millions, fermons-le», a-t-il lancé.

Le Conseil du trésor a refusé de révéler le détail des montants coupés pour chacun des ministères.
78 commentaires
  • Mathieu Bouchard - Inscrit 17 septembre 2011 01 h 38

    Hein ?

    « Ça n'aura aucun impact puisque c'est des coupes qui se font à même les surplus »

    hein ?

    Ça veut dire quoi, ça ?

  • Turbine - Abonné 17 septembre 2011 01 h 48

    Nouvelle stratégie pour contrer le décrochage scolaire

    M. Charest annonçait des tableaux interactifs pour toutes les classes du Québec, mais coupe les budgets qui affectent les services aux élèves. C'est vraiment n'importe quoi ce gouvernement! On est donc ben tanné de donner la moitié de notre salaire en impôt sans avoir les services essentiels à la population.

  • Mario Plourde - Inscrit 17 septembre 2011 01 h 51

    la droite qui fait mal

    Oui la population vieillit et oui l'avenir est au savoir, mais à l'air des rapports associant corruption et contrôle semi-total de l'État par la mafia m. Charest choisit de privatiser les profits et de faire mal à la population.


    Attendez de voir les baisses d'impôts que les riches vont avoir.


    mais de toute façon, même si l'avenir est à gauche, vers le social, l'individu moyen oubliera l'avenir de ses voisins et votera à droite, comme les autres larbins ...

  • Assez merci - Inscrit 17 septembre 2011 03 h 23

    On a le culot de nous mentir avec le sourire!

    «Ça n'aura aucun impact puisque c'est des coupes qui se font à même les surplus», a dit Dave Leclerc, l'attaché de presse de la ministre de l'Éducation

    L`art de bien mentir....avec un sourire à la charest.

    Et ce n`est qu`un début!
    La corruption institutionalisé au gouvernement coute très cher madame...

    Faudra payer pour les mini<eres, le dépassements de co¸uts pour les 2 CHUM, les 30% en trop payé aux amis du pouvoir en construction de routes. la privatisation du système de santé etc....

    Ces nouvelles compressions dictées par la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, seraient en partie dues aux ...
    Mais NON madame c`est dû à votre mauvaise gestion, aux milliards qui vont dans les poches de vos amis, les milliers de $$$ qui servent à la lieutenent gouverneur pour ses achats, fêtes et voyages et la privatisation des services, embauche de cadres, 6 millions pour Bastarache, voyages de notre PM national etc.
    Le manque de perceptions des redevances. subventions et baisses d`impôts aux banques, pétrolières, abris fiscaux, Gentilly ...etc.

    Et la promesse d`investir 80 milliards pour les compagnies minières du Plan Nord

  • VITRILLOLA - Inscrite 17 septembre 2011 04 h 37

    L'INGINERIE DE LA CORRUPTION

    Voilà exactement ce qui arrive quand une part de l'argent de nos impôts vont dans les poches de la mafia et quand on donne nos ressources naturelles aussi facilement à des étrangers. Voilà exactement ce qui arrive quand le beurre va seulement dans l'assiette des tinamis du parti, voilà exactement ce qui arrive quand on gouverne avec la vision du myope... Non seulement il ne reste plus rien pour le peuple mais on doit couper encore dans les services publiques déjà en lambeau et qu'on paye à prix "d'or". De la grande politique Charest, bravo !