Le DGE est consterné par les allégations de l’unité anticollusion

Jacques Duchesneau<br />
Photo: Source Radio-Canada Jacques Duchesneau

Québec — Le Directeur général des élections (DGE) est consterné et ébranlé par les récentes allégations sur le financement politique attribuées à l’unité d’enquête de Jacques Duchesneau.

Le DGE souhaite d’ailleurs entendre M. Duchesneau afin d’en savoir plus sur les éléments concernant un système présumé de financement politique occulte.

Le porte-parole du DGE, Denis Dion, a affirmé aujourd'hui lors d’une entrevue que M. Duchesneau sera invité à transmettre son rapport aux enquêteurs du DGE et à venir les rencontrer dès que possible.

M. Dion a affirmé que les allégations qui circulent depuis mercredi dans les médias, à propos du financement politique, constituent un recul, considérant tous les efforts déployés depuis 30 ans afin d’assainir les pratiques à ce sujet. «Ce que nous avons entendu dans les médias depuis hier nous a ébranlé et nous a consterné», a-t-il dit.

Par ailleurs, les partis de l’opposition ont déclaré que le gouvernement du premier ministre Jean Charest doit faire face à la musique et déclencher une enquête publique sur la construction.

Le député péquiste Stéphane Bergeron croit que les éléments exposés dans un rapport de l’Unité anticollusion sont accablants. M. Bergeron a affirmé que le gouvernement ne peut plus soutenir qu’il s’agit d’allégations de ses opposants politiques.

Pour le député péquiste, porte-parole en matière de sécurité publique, une enquête publique est le seul moyen qui permettra de démasquer le système décrit dans le document de l’Unité anticollusion, dirigée par l’ex-chef de police de Montréal, M. Duchesneau. «Il s’agit maintenant de faits qui ont été observés par des officiels du gouvernement, a-t-il dit. Le gouvernement ne peut plus se mettre la tête dans le sable, prétendre que tout cela n’est que la malveillance de gens qui veulent sa perte. Il doit déclencher une commission d’enquête dans les plus brefs délais.»

Le chef adéquiste Gérard Deltell a affirmé que le document a confirmé ses pires craintes relativement aux pratiques criminelles qui gonflent la facture des investissements en infrastructure. Dans le contexte des milliards investis dans les routes, M. Deltell croit qu’une enquête publique est nécessaire. «Nos pires craintes sont confirmées et c’est écrit noir sur blanc par un enquêteur au-dessus de tous soupçons, qui écrit qu’un système existe au Québec, en transport, qui fait en sorte qu’on gonfle les factures pour blanchir de l’argent et ensuite financer les partis politiques», a-t-il dit.

Selon un rapport de l’équipe de M. Duchesneau, obtenu par des médias, les enquêteurs soupçonnent une infiltration, voire une prise de contrôle, de certaines fonctions de l’État ou des municipalités. Ils confirment notamment qu’un grand nombre d’entreprises de construction entretiennent des liens avec des organisations criminelles. Ce système permettrait de gonfler de façon démesurée les coûts des travaux routiers. Des employés du ministère des Transports et des firmes de génie donneraient notamment des informations privilégiées à des entrepreneurs pour leur permettre de préparer leurs soumissions.

De leur côté, les partis politiques se financeraient massivement grâce aux dons des firmes de génie-conseil et de construction, ce qui donnerait à ces entreprises un accès aux politiciens.

Tant M. Bergeron que M. Deltell ont réclamé la publication de l’intégralité du document.

Des dossiers plus précis ont été transmis à l’UPAC

Par ailleurs, de 10 à 13 dossiers contenant des informations plus précises ont été soumis à l’Unité permanente anticorruption à la suite des informations colligées par l’équipe de Jacques Duchesneau.

Le ministre des Transports Pierre Moreau l’a indiqué aujourd'hui lors d’un point de presse à Montréal, avant de prendre la parole devant des membres du Conseil du patronat.

Le ministre Moreau réagissait ainsi au rapport explosif de l’équipe d’enquêteurs de M. Duchesneau qui a fait l’objet de fuites dans La Presse et à Radio-Canada.

Le rapport fait état d’un système organisé de collusion impliquant des firmes d’ingénieurs-conseils et des entreprises de construction, notamment.

Le ministre Moreau a précisé que ces 10 à 13 dossiers transférés à l’Unité permanente anticorruption contenaient des informations nominatives et plus pointues. Le rapport Duchesneau, du moins la version dont Radio-Canada et La Presse ont fait état, ne livre pas de noms d’entreprises ni de personnes. Le ministre Moreau a aussi déploré ces fuites, affirmant qu’elles allaient «nuire à l’enquête policière».

Plus de détails à venir

14 commentaires
  • Jean-Francois Cantin - Inscrit 15 septembre 2011 13 h 36

    Consternation et surpirse !

    Enfin un rapport qui nous dit les vrais affaires. M. Duchesneau a pris un risque et s'est probablement fait plusieurs ennemis. bravo quand même.

  • France Marcotte - Abonnée 15 septembre 2011 14 h 54

    Rêver sur du vrai

    "Selon un rapport de l’équipe de M. Duchesneau, obtenu par des médias, les enquêteurs soupçonnent une infiltration, voire une prise de contrôle, de certaines fonctions de l’État ou des municipalités."

    Maintenant qu'on lui a fait voir le jour, la patente va s'écrouler sous son propre poids comme une grande tour de Babel débile.

    Après, ce sera comme après la guerre; il y aura un tas de ruine, mais on respirera mieux, enfin, réalisant qu'on n'avait jamais vraiment su ce que c'était que de respirer. On se mettra tous ensemble pour ramasser les débris et on construira une société qui se respecte.

  • Mario Paquette - Inscrit 15 septembre 2011 16 h 02

    Il est temps de passer a l action afin de denicher ses escrocs!!!!!!!

    L enquete de Unité précise que : Des employés du ministère des Transports et des firmes de génie donneraient notamment des informations privilégiées à des entrepreneurs .

    Si je saisie bien des fonctionnaires gracement payer par l état incluant tout les avantages de leur poste ( ingénieurs chargés de projet a 80 K année en plus de programme d assurance, fond de pension de l état) se lie avec des ingénieurs de firme privée et des contracteurs afin de priviligier certain contracteurs qui surement distribue des enveloppes brunes au fonctionnaire. Comment peut-on recevoir son due de l état et en meme temps profiter de son statut pour escroquer son employeur Le Ministere des Transport et nous payeur de taxes.

    J espère que le fisc (Ministere du Revenu) va mettre toute les efforts afin de débusquer ses escrocs et suivre de très près les donneurs de contrats dans la fonction publique dans les villes et municipalités (ing. chargée de projet, architecte chargé de projet etc...) afin de s assurer que leur niveau de vie correspond a la réalité de leur revenu. Meme chose pour les présidents de firme de génie et les propriétaires entrepreneurs.

    En ce qui a trait aux politiciens, il faut absolument mettre un plafond au financement de leur campagne électorale. Que L État donne une contribution maximum de 500 $ par candidat pour frais de campagne. Finit les pancartes, cocktails et activitées de financement. La récréation terminé pour les firmes de génie et les entrepreneurs qui adore les campagnes de financement des partis et qui offres des élections clé en main dans les villes et municipalités.

    Il est temps de réagir a ce fléau de grande et petite corruption qui nous hante depuis plusieurs années.

  • Nelson - Inscrit 15 septembre 2011 16 h 48

    Pourquoi les députés ne s'indignent pas et ne vont pas au fond des choses.

    Nous élisons des députés pour défendre les intérêts de la population.

    Nous les faisons confiance, nous les accordons des bons salaires et retraites.

    Ils sont les autorités élus par l'ensemble de la société.

    Ils ont les pouvoirs pour faire des lois, et pour surveiller leur application.

    Ils forment le gouvernement et nomment les autorités judiciaires et policières.

    Je ne comprend pas que les députés ne fassent pas leur travail.

  • victoriavilleman - Inscrit 15 septembre 2011 16 h 48

    Le DGE Surpris par les allégations? C'est Sérieux?

    Un dossier qu'aucun politicien, tous partis confondus, ne veut toucher avec une perche de 10 pieds.

    Comme je le dit depuis belle lurrette, y en aura jamais d'enquête.

    Y a pas un parti qui veut vraiment voir ça, alors, on passe à autres choses?

    le DGE en tant qu'organisme, ne devrait-il pas être proactif et entreprendre des démarches par soi-même.

    C'est probablement que ce dossier est trop gros pour les maigres ressources du DGE.

    ENFIN, TOUT VA TRÈS BIEN. LA POPULATION EST TROP SUSPUCIEUSE...PIS NOS INFRASTRUCTURES AUSSI SONT EN EXCELLENTES ÉTATS!