Réaction aux propos de François Legault - Les amendes ne sont pas une panacée, dit l'OQLF

Selon l’OQLF, seulement 2 % des quelque 2500 à 3000 plaintes traitées chaque année aboutissent à des poursuites pénales et à l’imposition d’amendes.
Photo: Olivier Zuida - Le Devoir Selon l’OQLF, seulement 2 % des quelque 2500 à 3000 plaintes traitées chaque année aboutissent à des poursuites pénales et à l’imposition d’amendes.

Québec — La présidence de l'Office québécois de la langue française (OQLF), Louise Marchand, soutient que l'organisme qu'elle dirige «travaille très fort» pour assurer que les clients soient servis en français dans les commerces montréalais, mais que l'imposition d'amendes aux entreprises fautives n'est pas la panacée.

«L'objectif, ce n'est pas de faire payer des amendes, c'est de faire progresser la francisation au Québec», a livré Louise Marchand au Devoir. Elle a rappelé que 2 % seulement des quelque 2500 à 3000 plaintes que traite l'OQLF chaque année aboutissent à des poursuites pénales et à l'imposition d'amendes.

Hier, François Legault, de la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ), a exigé que «l'Office mette ses culottes» et applique avec plus de rigueur la Charte de la langue française. Selon lui, il est de plus en plus difficile de se faire servir en français à Montréal.

Le nombre de plaintes reste stable

Pour sa part, Louise Marchand ne conclut pas à une hausse de la difficulté à se faire servir en français à Montréal, soulignant que le nombre de plaintes à ce sujet est relativement stable. Elle parle vaguement «des enjeux très stratégiques à Montréal et ailleurs aussi dans la province». L'OQLF «agit de façon très assidue», «de façon très, très concertée», a-t-elle affirmé. En moyenne, 15 % des 2500 à 3000 plaintes que traite annuellement l'OQLF visent la langue de service dans les commerces et 25 % la langue de l'affichage, a-t-elle signalé.

En 2009-2010, 60 % des 2800 dossiers ouverts ont été réglés par la correction de l'infraction. Dans 18 % des cas, la situation a été jugée conforme à la loi alors que dans 15 % des dossiers, l'OQLF y est allé d'une «intervention incitative», selon le jargon qu'il emploie.

L'OQLF lancera cet automne une autre campagne de publicité destinée à un vaste public, a indiqué Louise Marchand. «Le dossier de la langue, c'est un dossier que tout le Québec doit prendre à bras le corps. On doit nous-mêmes dans les commerces exiger d'être servis en français, a-t-elle fait valoir. On doit prendre conscience qu'on a aussi une responsabilité comme citoyen, comme francophone, comme amoureux de la langue française.»

Par ailleurs, en matière d'affichage, l'OQLF vient de lancer une campagne pour convaincre les multinationales d'ajouter à leur raison sociale anglaise le terme générique, comme, par exemple, Café Starbuck Coffee, Lunetterie Newlook ou Farine Five Roses, une pratique qui est imposée par la Charte mais que tous ne respectent pas.

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