Souveraineté: Marois voit les états généraux d'un très bon oeil

La chef péquiste, Pauline Marois, estime que la tenue d'états généraux sur la souveraineté constitue une occasion rêvée de mener un débat «sain» sur la question de l'indépendance du Québec, notamment pour aborder «les raisons fondamentales» qui justifieraient la nécessité de faire de la province un État à part entière.

«Je crois que le débat, il est toujours sain dans une société. Et j'ai souhaité que là où se retrouvent les mouvements souverainistes, la société civile, les partis politiques qui font la promotion, qui croient à la souveraineté, qui est le Conseil de la souveraineté, c'est le meilleur endroit pour qu'on puisse engager ce genre de débats», a-t-elle dit au cours d'un bref point de presse tenu aux bureaux montréalais du Parti québécois. Une convocation qui devait d'abord servir à dénoncer la décision de la Caisse de dépôt d'accorder un prêt à l'entreprise Kruger pour l'agrandissement d'une usine située aux États-Unis (voir autre texte ci-dessus).

Même si ces états généraux risquent fort de se tenir dans un climat de crise au Parti québécois, Mme Marois dit tout de même ne pas craindre pour son leadership. «Je ne me sens pas menacée dans mon leadership, au contraire. Je n'aurais pas souhaité [la tenue d'états généraux] si j'avais pensé que ce fût le cas.»

Céder du terrain

Pauline Marois ne voit pas non plus cette porte ouverte au débat comme une façon de céder un peu de terrain au Nouveau Mouvement pour le Québec, qui a largement discuté de la tenue d'un tel événement lors de son premier rassemblement officiel, il y a de cela un peu plus d'une semaine. «Le débat est toujours pertinent, a-t-elle répété. Au Conseil de la souveraineté, où nous siégeons comme formation politique, on cherche différentes avenues pour arriver à ce que cette discussion se fasse avec nos concitoyens. La tenue d'états généraux est probablement le meilleur outil à cet égard.»

Qui plus est, Mme Marois a soutenu que ce n'est pas au Parti québécois d'organiser ces états généraux, qui pourraient se tenir cet automne. Elle juge que le Conseil de la souveraineté — qui réunit des membres du PQ, de Québec solidaire, du Bloc québécois et des militants souverainistes de tous horizons — est bien placé pour élaborer le tout.

Et elle a refusé de préciser ce qu'elle aimerait voir au menu des discussions. La chef péquiste a tout de même profité de l'occasion pour lancer une piste. «C'est au Conseil de définir les thèmes, les contenus, etc. Mais un des éléments forts, à mon point de vue, est de revenir sur les raisons fondamentales pour réaliser la souveraineté du Québec. Ça, ce sont de beaux débats à faire.»
7 commentaires
  • Seven Nomena - Inscrit 30 août 2011 01 h 14

    Calmer le jeu


    Bonjour,

    Tout d'abord, je pense que Mme Marois fait ce qu'il fallait faire. Il est temps de calmer le jeu, de mettre un peu de l'ordre, et de clarifier les choses. C'est la prioritee sinon cette formation ne sera pas en mesure de prendre le pouvoir a Quebec dans un avenir proche, peu importe qui dirigera le parti a l'election. Ca, tout le monde le sait. Une fois le calme revenu, tout le monde retrouve une vie normale. Et la vie continue.

  • asclepios - Abonné 30 août 2011 08 h 39

    C'est quoi, le Conseil de la souveraineté?

    La question est légitime. Si on veut vraiment s'entendre sur ce que veut dire la souveraineté, il faut pouvoir en parler dans un forum non partisan. Si les participants sont tous d'accord pour faire la souveraineté avant même que les états généraux commencent, les Québécois vont encore se retrouver Gros-Jean comme devant.

    En prévision des critiques inévitables qui accueilleront ces États généraux, je me permets d'ouvrir mon petit Robert :

    Souveraineté :
    1) Autorité suprême (d'un souverain, d'un prince). V. Empire, pouvoir, royauté.
    2) Caractère d'un État ou d'un organe qui n'est soumis à aucun autre État ou organe. V. Indépendance.

    Qu'est-ce que ça veut dire, la «souveraineté» pour le Conseil et pour les participants?

    François Genest

  • Jean Lapointe - Abonné 30 août 2011 09 h 15

    Revenir aux raisons fondamentales en effet.


    Il est manifeste que nous les souverainistes nous ne voulons pas tous la souveraineté ou l'indépendance pour les mêmes raisons et que nous ne voulons pas tous y parvenir en procédant de la même façon.

    Par exemple il y a des gens qui veulent la souveraineté pour remédier aux effets de la conquête. Le Québec ( il s'appelait le Canada à l'époque) s'est retrouvé coupé de la mère- patrie à partir du moment où les Français sont retournés en France et les Canadiens sont devenus des sujets du roi d'Angleterre. Ils n'ont donc jamais connu la liberté comme peuple et la souveraineté la leur ferait connaître.

    IL y en a d'autres qui la veulent aussi la liberté mais surtout pour corriger les inégalités existant entre les anglophones et les francophones, autant au Canada qu'au Québec, malgré les améliorations obtenues au cours des dernières années.

    etc etc.

    Nous ne voulons pas tous y arriver de la même façon non plus. Certains veulent un référendum, d'autres une élection dite référendaire.

    Certains veulent que les partis politiques souverainistes fassent de la souveraineté un point du programme électoral de ces partis. D'autres pensent nécessaire de préparer d'abord le terrain parce que , malheureusement, trop peu de Québécois la veulent la souveraineté pour le moment.

    etc etc.

    Il y a donc beaucoup de matière à discussions.

    IL s'en fait déjà des discusssions mais il pourrait y avoir d'autres occasions de les poursuivre.

    Le problème c'est d'y intéresser la population.Bien des Québécois semblent avoir la tête ailleurs ces temps-ci.

  • Gilles Rheaume - Inscrit 30 août 2011 10 h 03

    Une excellente nouvelle

    Il y a des années que les militants oeuvrant dans divers milieux et appartenant à diverses organisations puissent se rencontrer dans un cadre possédant toute la légitimité historique que porte les États-Généraux. Ceux-ci s'adressent aux souverainistes.

    Mme Marois possède la première vertu des Chefs d'État : elle peut changer d'idée.

    GR

  • Alexandre Dionne - Inscrit 30 août 2011 16 h 12

    Question à Gilles Rhéaume.

    Tel Louis le seizième roi capétien de France, Mme Marois enclanchera d'autres États généraux (retenons le parallèle).

    Ne croyez-vous pas que l'on a fait un peu vite l'éclipse et tabula rasa de sa propre initiative, saluée par Gilles Duceppe et le Bloc pourtant (même Michel David !), d'en finir avec le mutisme sur la question nationale avec le Plan de la gouvernance souverainiste ?

    Évidemment, approche néofédérale n'est pas souveraineté, mais pourquoi toujours ce tout ou rien ? Pourquoi n'y a-t-il jamais aucun réalisme historique chez les souverainistes ?

    Le paradoxe de Tocqueville est manifestement ignoré de la plupart des agents impatients de voir accoucher leurs idées dans l'Histoire, or c'est le plus souvent d'avortement que la suite des choses parle.

    La population, qui a le dernier mot et c'est correct ainsi, n'y est pas.

    Lors des prochaines " Élections générales ".... elle décidera de l'agonie définitive du PQ et de la décomposition de cette coalition si difficile qu'il avait été, mais l'on ne refait pas la roue et le souverainisme périra d'avoir confondu moyens et fins.

    Triste, également, pour les propositions excellentes de Bernard Drainville.