Mouvement souverainiste - Marois envisage des états généraux

Pauline Marois s'est montrée ouverte à la tenue d'états généraux sur le projet d'indépendance.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Pauline Marois s'est montrée ouverte à la tenue d'états généraux sur le projet d'indépendance.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, examine la possibilité de tenir des états généraux du mouvement souverainiste, ce que demandent plusieurs membres du Nouveau Mouvement pour le Québec (NMQ), grand critique du PQ.

Lors d'une activité de financement tenue samedi par le Conseil de la souveraineté du Québec (CSQ), conseil qui réunit des membres du PQ, de Québec solidaire, du Bloc québécois et des militants souverainistes de tous horizons, Pauline Marois s'est montrée ouverte à la tenue d'états généraux sur le projet d'indépendance. «Elle a exprimé, au nom du Parti québécois, sa disponibilité à participer à des états généraux et a demandé au Conseil de la souveraineté d'évaluer la pertinence d'en organiser et d'établir la démarche», a expliqué le président du Conseil, Gérald Larose, dans un entretien téléphonique hier.

L'attachée de presse de Pauline Marois a confirmé cette demande, mais a indiqué que la chef ne ferait pas de commentaire pour le moment.

La tenue d'états généraux, proposée depuis quelques années par la coalition Cap sur l'indépendance et dernièrement par le club politique de gauche SPQ Libre, a été au coeur des discussions lors de la première rencontre du NMQ, le week-end dernier. Plusieurs participants, dont le député démissionnaire Pierre Curzi, faisaient valoir la nécessité d'organiser une série de rassemblements ou un week-end qui réunirait tous les souverainistes.

Pauline Marois avait plutôt choisi de mener des assemblées citoyennes pour tâter le pouls de la famille souverainiste.

Inclusif


Qui seraient les invités de ces états généraux? Gérald Larose a précisé que la chef n'avait pas abordé la question avec lui. Au lendemain de la rencontre du NMQ il y a une semaine, le député péquiste Sylvain Gaudreault affirmait toutefois, au nom de son parti, qu'il était difficile d'envisager des «états généraux du mouvement souverainiste» avec le NMQ, qu'il juge composé de plusieurs «extrémistes» rudes à l'égard du PQ.

La codirigeante de Québec solidaire, Françoise David, estime que si des états généraux sont organisés, le NMQ devra absolument être de la partie, quoi qu'en pense le PQ. «Ce devra être un rassemblement extrêmement démocratique, inclusif, et on devra parler non seulement de la démarche pour accéder à la souveraineté, mais du sens même de la souveraineté aussi. Le problème, c'est qu'on dirait qu'en ce moment, on parle juste de la démarche.»

L'instigateur du NMQ, qui se positionne contre la gouvernance souverainiste de Pauline Marois, estime justement qu'il s'agit d'une stratégie du PQ pour contrôler les états généraux. «On est bien content que des états généraux aient lieu, s'ils ont lieu, mais on ne pense pas que c'est le Parti québécois, dans la position où il est présentement avec ses 18 % d'appui dans les sondages, qui devrait déterminer qui en est le porteur», a répondu Jocelyn Desjardins.

Le NMQ juge plutôt que c'est la coalition Cap sur l'indépendance, qui regroupe les organismes indépendantistes du Québec mais pas les partis politiques, qui devrait préparer l'événement. Selon M. Desjardins, la coalition est plus neutre que le Conseil de la souveraineté, qui a à sa tête le concepteur même de la «gouvernance souverainiste» adoptée par le PQ, Gérald Larose.

Ouverture

Ce dernier juge que c'est plutôt l'inverse. «Il s'agit d'un geste d'ouverture important, a dit M. Larose. Ça veut dire qu'elle [Pauline Marois] est soucieuse que ce projet d'indépendance du Québec soit le plus rassembleur possible. C'est signe que des gens sont capables de placer ce projet au-dessus de leurs intérêts personnels et partisans. Il y a une volonté d'inclure un maximum de personnes.»

Le président du Réseau de résistance du Québécois, Patrick Bourgeois, est bien d'accord sur le fait que les souverainistes doivent se «parler dans le blanc des yeux», qu'il est temps que toutes les «factions apprennent à se parler si on veut un pays». «Mais, bien honnêtement, je trouve que ça ressemble à une stratégie de relations publiques. Marois sent la soupe chaude et elle essaie de montrer son ouverture.»

Le conseil d'administration du CSQ étudiera la demande de la chef péquiste le 9 septembre prochain. Gilbert Paquette, de Cap sur l'indépendance, s'est dit ouvert à l'idée de travailler avec le CSQ, car la coalition a déjà commencé à penser à la réalisation de ces états généraux.
76 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 29 août 2011 02 h 19

    Il est temps…

    On peut saluer la grande sagesse de Pauline Marois d’en discuter et d’en faire débat. Qui ne risque rien n’a rien! C’est signe qu’au Parti québécois, on veut faire de la politique. De la vraie! Et non de la gérance de province! Malgré toutes les réticences liées au désir de remporter les prochaines élections, la chef de ce parti social-démocrate doit se rendre compte que l’indépendance, dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens et de nos concitoyennes, n’est pas un fonds de commerce sur lequel s’appuyer pour récolter des votes, en passant à autre chose le moment de l’élection passé. Elle ne devrait pas craindre d’aller au fond des choses et devrait tabler sur son programme électoral, qui est le fruit d’un travail précieux des militants et des militantes, exemplaire à maints égards, pour remporter le suffrage aux prochaines élections.

  • alina - Inscrit 29 août 2011 02 h 55

    Le début de la fin

    Pauline Marois prépare sûrement sa sortie. Elle doit bien connaître elle aussi les résultats des derniers sondages: même les partisans de l'option souverainiste ne la suivent plus. Alors si elle évoque des états généraux ou quoi que ce soit qui s'en rapproche, elle nous dit simplement qu'elle ne démissionnera pas, mais qu'elle sera démissionnée!

    P.S.: Sur le montage photographique, on dirait l'image d'un patriote, armé d'un parapluie, ou je ne sais quoi. Mais peu importe, il s'éloigne d'elle...

  • Catherine Paquet - Abonnée 29 août 2011 04 h 29

    Des "États généraux" pour quoi?

    1- Pour afficher de façon encore plus évidente les divergences entre "clans" souverainistes ?

    2- Pour réclamer la démission de Pauline Marois?

    3- Pour s'assurer que Jean Charest voit qu'il n'aura jamais de meilleur moment, que durant ce grand ou ce peitit tintamarre, pour déclencher une élection générale?

    4- Pour aider François Legault à convaincre de plus en plus de citoyens qu'il faut remettre à 2021 toute discussion sur l'indépendance, la souveraineté ou l'étapisme.?
    5- Pour permettre à Pierre Curzi de prononcer encore quelques énormités...?

  • Socrate - Inscrit 29 août 2011 05 h 01

    mouches

    Les commissions sont surtout utiles aux bourdons qui veulent se donner de l'importance, et tout comme les collants à mouches de l'ancien temps, servent d'abord à se défaire des indésirables.

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 29 août 2011 06 h 26

    Enfin les états généraux

    Depuis des lunes, les indépendantistes réclament des états généraux.
    Je crois que Gérald Larose et le Conseil de la souveraineté du Québec ont l'expérience nécessaire pour conduire pareille entreprise à bon port.
    Il revient à tous les fervents de l'indépendance de se rallier et de faire valoir leurs points de vue.
    Par ce geste, Mme Marois, qui refusait de mettre sur pied semblable activité, démontre que, comme chef, elle peut mettre de côté ses opinions personnelles pour le plus grand bien de tous. Elle en sort grandit.