Le PQ refuse de s'unir au NMQ

Le Nouveau Mouvement pour le Québec a attiré quelque 450 personnes au Collège Saint-Laurent dimanche.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le Nouveau Mouvement pour le Québec a attiré quelque 450 personnes au Collège Saint-Laurent dimanche.
Le député réagissait au nom de la formation politique, Pauline Marois ayant refusé de commenter cette première assemblée de ce collectif dit «citoyen». Celui-ci a publié un manifeste la semaine dernière dans lequel il qualifiait le PQ de parti «usé» et «confus». Il a attiré quelque 450 personnes au Collège Saint-Laurent dimanche.

Aux yeux de M. Gaudreault, il est très difficile d'envisager quelque union ou même des «états généraux du mouvement souverainiste» — proposés notamment par le club politique de gauche SPQ Libre et la coalition Cap sur l'indépendance — avec des gens si durs à l'égard du PQ. «Ils lancent des appels à l'unité et, dans la même phrase, ils "clenchent" le Parti québécois en nous accusant de tous les maux!» S'estimant ouvert à la critique, le député précise qu'il y a des «limites»; par exemple lorsqu'il a entendu un participant dire qu'il fallait «inhumer le cadavre en putréfaction du PQ». «Ce sont des termes que je trouve très, très durs.» Et ils sont l'apanage des «radicaux», insiste M. Gaudreault. Or, «depuis l'époque de René Lévesque, les radicaux se sont toujours marginalisés au PQ. Leurs options n'ont pas été retenues». L'idée d'une souveraineté acquise par «élection référendaire», par exemple, à laquelle plusieurs participants à l'assemblée du NMQ ont dit vouloir revenir, dimanche: «Ça fait longtemps que cette stratégie a été rejetée au Parti québécois!»

Même son de cloche chez Claude Pinard, député péquiste de Saint-Maurice croisé au parlement hier, qui a tenté d'expliquer les choses ainsi: «Dans le Parti québécois, il y aura toujours des extrémistes de gauche qui ne seront pas contents.»

Pour Sylvain Gaudreault, plusieurs parmi les participants à l'assemblée du NMQ ont pris le PQ en grippe parce qu'ils y ont perdu des batailles. «Il y en a là-dedans qui ont proposé des idées et qui ont été défaits. Leur idée a été battue. Au lieu de se rallier, ils deviennent marginaux.»

Le NMQ se trompe d'adversaire en attaquant le PQ, croit M. Gaudreault: «Pour moi, présentement, il y a une priorité, c'est de défaire le gouvernement Charest, parce que je le trouve dangereux pour le Québec, [car il est] en train de vendre nos ressources naturelles au plus offrant.»

Un des deux conférenciers invités par le NMQ dimanche, Daniel Breton, du groupe écologiste Maîtres chez nous XXIe siècle, s'inquiète de la même manière. Joint hier, il a soutenu qu'à ses yeux, les «chicanes sur la façon de faire la souveraineté» risquent de «décrédibiliser la seule force progressiste qui peut empêcher que M. [François] Legault ou M. [Jean] Charest prenne le pouvoir».

Hier, un sondage Léger Marketing indiquait que, s'il avait un parti, M. Legault serait allé chercher jusqu'à 35 % des voix devant le PLQ qui en recueillerait 31 %. Le PQ était relégué au troisième rang avec 16 % des voix. Pour Daniel Breton, l'indépendance réelle ne peut passer que par l'«indépendance énergétique», que la Norvège a réussi selon lui à atteindre. «Je ne suis pas sûr que les gens de ce mouvement vont se réveiller, mais il le faudrait. Car la cabane est en feu. C'est maintenant que ça se discute. C'est pas dans deux ou trois ans. Le bradage des ressources est en cours. Or, l'indépendance, la vraie, la concrète, elle passe par là, selon moi.»

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