Rencontre «historique» sur les travaux routiers - Québec n'a pas cru bon inviter le ministre Lebel

Il faudra attendre à la semaine prochaine pour connaître les mesures que Québec compte mettre en place pour soulager la congestion automobile dans la région de Montréal.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Il faudra attendre à la semaine prochaine pour connaître les mesures que Québec compte mettre en place pour soulager la congestion automobile dans la région de Montréal.

Le premier ministre Jean Charest a lourdement insisté, hier, sur la nécessité d'obtenir d'Ottawa un «message clair» sur l'avenir du pont Champlain. Mais selon ce qu'a appris Le Devoir, son gouvernement n'a pas jugé bon d'inviter le ministre des Transports fédéral, Denis Lebel, à la rencontre qualifiée d'«historique» tenue hier matin à Montréal par le groupe de coordination des travaux routiers de la région de Montréal.

«On a tous besoin d'un signal clair sur l'avenir du pont Champlain qui inclut un projet de transport en commun. Ça urge», a indiqué Jean Charest au terme d'une réunion à huis clos à laquelle ont participé le ministre des Transports, Sam Hamad, la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courschesne, le ministre des Finances et responsable de la région de Montréal, Raymond Bachand, ainsi que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire.

À un journaliste qui le questionnait sur l'absence du ministre fédéral Denis Lebel, responsable du dossier du pont Champlain, Jean Charest a répliqué que des représentants de la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain avaient participé à la rencontre. «Ils sont là. Ils transmettent l'information», a-t-il dit.

L'attaché de presse de Denis Lebel, Benoît Fortin, a indiqué au Devoir qu'aucune invitation n'avait été transmise au ministre fédéral. L'impatience manifestée par les élus locaux au sujet du pont Champlain n'a pas semblé beaucoup ébranler M. Fortin: «Quand une décision sera prise, elle sera communiquée, mais on continue à étudier les rapports qui ont été rendus publics», a-t-il dit.

Montréal retarde des chantiers


La rentrée a beau avoir lieu dans 10 jours, il faudra attendre à la semaine prochaine pour connaître les mesures que Québec compte mettre en place pour soulager la congestion automobile dans la région de Montréal. Mais la Ville de Montréal a déjà des propositions pour assurer une meilleure fluidité de la circulation sur son territoire.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, Montréal entend retarder plusieurs chantiers. À titre d'exemple, les travaux d'aménagement de la piste cyclable dans le boulevard Maisonneuve vers l'est, entre les rues Berri et Papineau, seront reportés à l'an prochain pour ne pas créer d'entraves supplémentaires sur cette artère.

Dans les secteurs de l'échangeur Turcot et de l'échangeur Saint-Pierre, les travaux de réfection routière qui devaient avoir lieu cet automne dans les rues Saint-Patrick et Dollard seront réalisés en 2012 et non cet automne comme c'était prévu à l'origine. Dans l'arrondissement de Saint-Laurent, où le MTQ a déjà plusieurs chantiers, la Ville compte remettre à l'an prochain les travaux d'aqueducs du boulevard Lachapelle.

Le Devoir a aussi appris que Montréal accélérera les travaux d'optimisation des feux de circulation pour certains grands axes, notamment aux approches du pont Jacques-Cartier et sur le boulevard René-Lévesque, de manière à ce que les feux puissent être ajustés en temps réel en fonction de la circulation automobile.

L'estacade

De son côté, le ministre Hamad fera le point cet après-midi sur le dossier du pont Honoré-Mercier. Quant aux autres mesures, il a promis de les rendre publiques la semaine prochaine.

Hier, un comité technique a présenté aux élus une série de solutions pour soulager la congestion automobile. Il serait notamment question d'ouvrir l'estacade du pont Champlain à la circulation des autobus et des véhicules d'urgence. «On est ouvert à toutes les solutions», a dit le ministre Hamad, qui a ajouté que les discussions avec les partenaires à ce sujet étaient «très avancées».

Le député péquiste Nicolas Girard, porte-parole de l'opposition en matière de transports, a dénoncé l'incapacité du gouvernement du Québec à proposer des mesures concrètes pour les automobilistes et les usagers du transport collectif de la métropole. «Ce que les Québécois veulent, c'est un premier ministre qui a les deux mains sur le volant pour faire face à la congestion routière. On a plutôt vu qu'il avait les deux pieds sur les freins», a déploré M. Girard.

Le député s'est aussi inquiété du frein qu'aurait imposé Québec aux projets de transport en commun faute d'argent pour les financer. Michelle Courchesne s'est toutefois empressée de nier les révélations faites par La Presse hier à ce sujet.
17 commentaires
  • Gilles Delisle - Inscrit 19 août 2011 07 h 37

    Aux élus: enlevez-vous du chemin!

    A deux semaines d'une rentrée problables des plus bordéliques, voici nos incompétents élus qui improvisent encore sur ce que l'on doit faire pour améliorer la fluidité du transport à Montréal. Ils auraient juste fallu inviter des urbanistes, planificateurs urbains, ingénieurs et chroniqueurs automobiles, qui, eux, ont des solutions concrètes à proposer et sont compétents! En attendant, notre joyeuse bande de fédéralistes d'hier goûtent encore une fois au fédéralisme renrable, comme disait l'autre! De grâce les élus, ôtez-vous du chemin!

  • François Dugal - Inscrit 19 août 2011 07 h 43

    La table

    Les bonnes idées sont sur la table, disent nos chers élus.
    Quant à leur application, les citoyens ont le choix entre les calandes grecques ou la semaine des trois jeudis.

  • Bernard Gervais - Inscrit 19 août 2011 07 h 52

    Une vraie farce

    Franchement, une vraie farce que cette rencontre du groupe de coordination des travaux routiers de la région de Montréal.

    Pourquoi ne pas y avoir invité aussi le ministre fédéral Denis Lebel ? Après tout, c'est son gouvernement qui est toujours responsable entre autres du pont Champlain, qui doit être réparé ou refait, et qui, comme on le sait, est lui même relié à l'échangeur Turcot, autre ouvrage routier dont les travaux de reconstruction n'ont même pas encore commencé.

    De plus, qu'est-ce que les élus présents à cette même rencontre d'hier avaient de vraiment nouveau à proposer ?

    Décidément, les nombreux automobilistes de la région montréalaise n'ont pas fini de prendre leur mal en patience !

  • François Dugal - Inscrit 19 août 2011 08 h 06

    L'absent (qui a toujours tort)

    En n'invitant pas de ministre fédéral Lebel, l'assemblée des incapables peut ainsi avoir son bouc émissaire.

  • Claude Kamps - Inscrit 19 août 2011 09 h 17

    A voir la paille dans l’oeil du fédéral

    on ne voit pas la poutre qui tombe dans la responsabilité du PLQ et de Tremblay...

    Pour masquer son indécision sauf poussé par des faits divers, Charest fait l'indigné en invitant pas Lebel qui risquerait de prendre la vedette...

    C'est un pont qui a tuer des gens qui a pousser Charest à en refaire plusieurs, ce n'est pas un geste voulu contre la récession, la récession est venu lui donner un prétexte pour son incurie avant les morts sous un pont...