Inondations en Montérégie - Québec reçoit une bonne note des autorités du Haut-Richelieu

Bien que quelques irritants aient été constatés, ce sont surtout des commentaires positifs qui ont été recueillis quant à l’effort du gouvernement du Québec durant les deux mois qu’a duré la crise des inondations en Montérégie.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Bien que quelques irritants aient été constatés, ce sont surtout des commentaires positifs qui ont été recueillis quant à l’effort du gouvernement du Québec durant les deux mois qu’a duré la crise des inondations en Montérégie.

Le gouvernement du Québec reçoit une très bonne note de la part des autorités locales du Haut-Richelieu pour la manière dont il est intervenu lors des inondations du printemps.

Bien que quelques irritants aient été constatés, ce sont surtout des commentaires positifs que La Presse canadienne a recueillis quant à l'effort gouvernemental durant les deux mois qu'a duré la crise et qui se poursuit encore aujourd'hui.

«Si j'avais une note à leur donner, aux services gouvernementaux, je n'aurais aucun mal à leur donner presque cinq étoiles, affirme Michel Fecteau, président de SOS Richelieu. Souvent on critique les fonctionnaires, mais dans le cas du dossier de la crise, l'aide financière, la Sécurité civile a été d'une aide précieuse.»

La Sécurité civile a d'ailleurs réussi à relever le défi qu'elle s'était elle-même imposé, soit de compléter l'ensemble des inspections de résidences sinistrées en Montérégie avant la fin du mois de juillet.

Le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Gilles Dolbec, rappelle d'ailleurs l'effort colossal déployé par l'organisme durant la crise. «La Sécurité civile était ici, à l'hôtel de ville et, à la journée longue, il y avait des rendez-vous de 8h le matin à 9h30 le soir.»

Toutes les résidences requérant une évaluation des dommages par les experts ont été visitées, pour un total de 1680 inspections.

En tout, quelque 3000 résidences ont été touchées, dont 2535 résidences principales. Les résidences secondaires, qui n'étaient pas admissibles à l'aide gouvernementale, n'avaient pas à être inspectées. Par ailleurs, plusieurs résidences principales n'ont pas nécessité d'inspection, soit parce que les dommages étaient minimes, soit parce que les propriétaires ont préféré assumer eux-mêmes tous les coûts.

En date du 27 juillet, Québec avait traité 3663 réclamations et versé 12,8 millions en indemnités de toutes sortes. Ce nombre élevé s'explique par le fait qu'un même ménage peut avoir fait plus d'une réclamation — pour l'hébergement temporaire, pour la protection de l'immeuble, pour la démolition afin d'évaluer les dommages et pour la reconstruction, notamment.

Des déceptions

Ce qui ne veut pas dire que tous les sinistrés sont satisfaits, souligne le maire de Saint-Paul-de-l'Île-aux-Noix, Gérard Dutil. «Il y a beaucoup de déception du côté des indemnisations de la part de plusieurs personnes qui attendent certaines décisions, la confirmation qu'ils vont recevoir de l'argent ou non, s'ils peuvent commencer leurs travaux ou non. Mais je sais que le gouvernement fait un effort terrible là-dessus», indique-t-il.

Son vis-à-vis à Saint-Jean met toutefois un bémol sur la perception que peuvent créer les récriminations. «C'est évident qu'on entend plus souvent du négatif parce que ce sont ceux qui ne sont pas payés qui se plaignent», fait valoir avec logique Gille Dolbec.

«Je pense que les municipalités, avec les moyens qu'elles avaient, ont donné le meilleur d'elles-mêmes», affirme Michel Fecteau.

La digue improvisée

La municipalité de Saint-Armand reçoit d'ailleurs une mention exemplaire à ce sujet, pour avoir pris la décision de construire une digue au moment où les vagues du lac Champlain menaçaient routes et résidences.

«Quand l'eau est montée jusqu'au bord du chemin, nous avons commencé à faire une petite digue, raconte Luc Marchesseault, inspecteur municipal à Saint-Armand. La semaine suivante, nous avons doublé la digue parce qu'ils annonçaient encore des précipitations. Nous avons commencé à empiler de la pierre dans le chemin et on nous a pris pour de vrais fous!»

Le maire adjoint de Saint-Armand, Daniel Boucher, souligne que la suite des événements leur a donné raison. «S'il n'y avait pas eu de digue, ç'aurait été dramatique.» Il ne fait aucun doute, selon lui, que plusieurs résidences, de même que les réseaux d'aqueduc et d'égouts auraient été sévèrement touchés et que l'approvisionnement en eau potable de la ville de Bedford, qui provient de Saint-Armand, aurait été interrompu.

Les drames humains

Au-delà de l'appréciation générale de la population envers les services gouvernementaux, il y aura quand même des situations qu'aucune aide gouvernementale ne viendra soulager, note Michel Fecteau. «Le drame, ce sont les personnes âgées qui ont pris leur chalet, qui l'ont converti en résidence principale, mais qui n'est pas reconnue comme maison principale, qui perdent tout, qui ont 70, 72 ans», cite-t-il en exemple.

Et le maire Dutil note qu'il y aura ces drames que l'on ne connaît pas encore. «On en voit qui font ce qu'ils appellent un bon nettoyage. Ils nous disent que ça va être correct. Dans un an, deux ans ou trois ans, les champignons seront-ils dedans quelque part? Vont-ils se rendre malades avec ça, ces gens-là?»

Mais en fin de compte, rappelle Michel Fecteau, il faudra se souvenir aussi des bons côtés de cette aventure. «Avec le recul, je constate que l'homme est capable du pire, mais SOS Richelieu a démontré que l'homme est capable du meilleur.»
 
2 commentaires
  • Lise Moga - Inscrite 2 août 2011 07 h 51

    Montérégie

    "Le gouvernement du Québec reçoit une très bonne note... "

    J'imagine que cette appréciation positive, on ne la verra pas en boucles dans les médias.

  • Donald Bordeleau - Abonné 3 août 2011 22 h 20

    Michel Fecteau, président de SOS Richelieu. C'est bien vous qui mérité le titre de héro du Richelieu.

    Vous avez mené de mains de maître une situation ou les autres se sont cassés les dents. Voyant votre leadership ils se sont collés à vous.

    Encore bravo pour votre dévouement, vous êtes un exemple que notre gouvernement devrait suivre.

    Votre note A