Au tour de Drainville de lancer sa consultation

Dans son texte, M. Drainville ne consacre aucune phrase à sa chef, mais il fait une profession de foi dans le Parti québécois qui, selon lui, a toujours été, depuis sa fondation il y a 40 ans, «le véhicule de renouveau pour la société québécoise».
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dans son texte, M. Drainville ne consacre aucune phrase à sa chef, mais il fait une profession de foi dans le Parti québécois qui, selon lui, a toujours été, depuis sa fondation il y a 40 ans, «le véhicule de renouveau pour la société québécoise».

Québec — Convaincu que pour «sauver le PQ», il faut «changer le PQ», le député péquiste Bernard Drainville a décidé de consulter la population pendant ses vacances. Dans un message publié sur son site Internet (bernarddrainville.org) hier et intitulé «L'urgence d'agir: réfléchir au Québec qu'on veut», le député invite les citoyens à lui écrire. Certes, il entend se reposer pendant ses vacances en famille, note-t-il, mais il compte en «profiter aussi pour réfléchir à l'avenir du Parti québécois et à l'avenir du Québec».

Des sources disent le député de Marie-Victorin brouillé avec sa chef et certains de ses collègues depuis le caucus du 7 juin, tenu au lendemain des démissions des Louise Beaudoin, Pierre Curzi et Lisette Lapointe, durant lequel il a posé un ultimatum afin de réclamer un vote libre sur le projet de loi 204 au sujet de l'amphithéâtre.

«Depuis plusieurs mois, Drainville n'est de toute façon plus dans le premier cercle de la chef», confie une source. Pour prendre le pouls de son caucus, Pauline Marois a entrepris ces dernières semaines de rencontrer ses 46 députés un à un. Elle aurait toutefois eu plus d'un tête-à-tête avec M. Drainville, a-t-on appris.

Dans son texte, M. Drainville ne consacre aucune phrase à sa chef, mais il fait une profession de foi dans le Parti québécois qui, selon lui, a toujours été, depuis sa fondation il y a 40 ans, «le véhicule de renouveau pour la société québécoise».

Son parti, écrit-il, peut relever le défi que pose la crise actuelle. Il ose même reprendre certaines des formules utilisées par les députés démissionnaires: «Pour y arriver, nous devons sortir des vieilles façons de faire de la politique. Il faut renouveler notre vision, notre discours, nos manières de faire.»

C'est à ce moment de son texte qu'il invite les citoyens à communiquer avec lui: «Ça m'aiderait. Faites-moi savoir ce que vous attendez de vos élus. Quels changements attendez-vous d'eux? Sur la façon de faire de la politique, sur les institutions parlementaires, sur notre démocratie. Dites-moi ce qui vous passe par la tête, sans vous demander si c'est réalisable ou pas, si c'est possible ou pas. Il se pourrait bien que la réponse au cynisme et au désabusement se trouve justement dans ce qui nous semble impossible. Écrivez-moi à bernard@bernarddrainville.org, je lirai tout, promis.» M. Drainville indique qu'il traînera avec lui en vacances «quelques lectures qui ont une trame de fond commune: le changement».

Lorsque M. Drainville a annoncé la publication de son texte sur Twitter hier midi, des internautes ont alors relevé qu'il usait de nouveau de son expression du 7 juin, «sauver le PQ». Le texte a alors très rapidement disparu du site Internet, ce qui a suscité des théories — toujours sur Twitter — selon lesquelles il avait été forcé de l'éliminer. Puis, une heure plus tard, il a été publié de nouveau, à l'identique. «Pépin technique, a alors noté M. Drainville sur Twitter. Le texte est en ligne même si c'est lent. [...] On va régler ça. Patience! Merci!» Le député n'a pas rappelé Le Devoir hier.

Nouveau rédacteur


Par ailleurs, dans les changements qu'elle compte apporter à son entourage avant son caucus du 31 août et du 1er septembre à Saguenay, Pauline Marois a recruté une nouvelle plume pour l'aider dans la préparation de discours, Stéphane Gobeil. Ce dernier, qui a sa propre entreprise de rédaction, a souvent travaillé ces dernières années auprès de l'ex-chef bloquiste Gilles Duceppe. Il ne se joindrait pas nécessairement au cabinet de Mme Marois, mais serait embauché ponctuellement.

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83 commentaires
  • Gilles Paquette - Inscrit 15 juillet 2011 03 h 06

    LE QUÉBEC EST

    Bernard Drainville, député, nous invite à redéfinir le Québec!

    Mais qu'est-ce, ou quelle formule vous a fait élire vous-même?

    Je ne veux pas vous culpabiliser davantage, la ligne du parti oblige, je connais...

    Une Constitution de la République du Québec, c'est tout!

    Écrite, à la Thomas Jefferson (USA) inspirée par la Charte des Droits universels de la France.

    C'est tout, et on l'aura notre pays

  • Francis Robillard - Inscrit 15 juillet 2011 03 h 37

    Sauvez le Québec

    N’est-ce pas lorsque l’on a l’impression que l’on est rendu au point ou que plus on avance, plus on risque de perdre tout ce pourquoi on s’est battu. Quand notre vie ne se rattache qu’à très peu de choses, tout lâcher c’est comme tomber dans le vide.

    Le Canada ne veut pas lâcher son emprise sur le Québec et les autochtones parce que c’est la seul chose qu’ils connaissent; et qui les définissent. Mais regardez autour de vous, beaucoup de vos collègues, presque autant que chez les libéraux, ont des parcours plus que vide de sens, l’attrait du pouvoir, espèrent-ils, les rendraient moins misérables, moins insignifiant et plus compétent, rien n’est plus faux et tout le monde s’en bat les couilles (c’est une image).

    Il y a bel lurette que le PQ n’est plus la solution, même momentané, mais le problème. Dès le départ, le détournement de la volonté du peuple québécois de se décolonisé de l’immonde héritier britannique, la muse du régime d’apartheid sud-africain, le Dominion du Canada par des libéraux défroqués n’aura servi qu’à mettre en scène 2 référendums truqués pour les perdre et tout cela pour un fédéralisme renouvelé (ou souveraineté-association) dont l’autre partie n’a que faire parce qu’ils ne veulent surtout pas changer leurs finalités…. Tout comme la majorité de ceux qui ont voté.

    De là vous avez trois choix, maintenir une fosse à backbenchers qui s’exclame à l’occasion « souveraineté », sans que cela signifie quoi que ce soit, tout comme le concept de nation à l’intérieur du Canada de Stephen Harper; Quitter pour un parti qui se battra pour faire avancé le Québec dans aucun champs de compétence qui chatouillerait le Canada, des conservateurs, des libéraux, du NDP, des Vert et tutti quanti; Quitter pour faire avancer le Québec et vous battre contre tout ceux qui veulent tout sans changer, travailler à un vrai projet ancré dans la réalité et pas dans un hypot

  • simon dallaire - Inscrit 15 juillet 2011 04 h 53

    Changement?

    Bernard Drainville est assis à l'assemblée nationale et il ne sait pas ce que les Québécois veulent? Pas très crédible son propos. Pauvre lui.

  • Assez merci - Inscrit 15 juillet 2011 05 h 52

    Fierté?

    Nous tournons en rond depuis 1976 ou la fierté d`être québécois était à son maximum.
    On se laisse mentir, déposséder de nos richesses et envahir (50,000) par l`immigration sans pouvoir les intégrer à notre société, malheureusement les nouveaux arrivants qui vivent dans la grande région de Montréal embrasse l`anglais comme langue et association.
    Un drame, bien oui car il n`y a plus de fierté et d solidarité dans la Nation québécoise.

    J`envie la fierté et la solidarité des peuples américain et Vietnamien!

    Pour nous ici francophones, c`est devnu honteux de s`affirmer, se faire respecter et d`être Nationaliste même j`ajouterais que nous sommes sur un déclin rapide comme société francophone au canada donc bienvenu à l`assimilation de par nous même.
    Déjà Montréal n`est plus la Ville à majorité Francaise comme on veut bien nous le laisser croire!
    Triste à dire mais les immigrants se rangent du côté des gagnants: les anglais, le canada.....Faut pas les blêmer non plus!

    Unis au parti libéral: féféralistes francophone, anglais et immigrants
    Divisés sans appartenance: fracophones qui restent.

  • Jean Martinez - Inscrit 15 juillet 2011 06 h 39

    Bernard D.

    Sacré Bernard, il n'en manque pas une! Où est la caméra? Le suivra-t-elle en camping cet été?