La guerre contre les cigarillos est un échec, croit une coalition

De petits cigares colorés aux arômes sucrés sont toujours vendus dans les dépanneurs du pays, malgré l'adoption d'une loi les interdisant il y a maintenant un an. Devant «l'inefficacité» de cette loi fédérale, la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac demande au gouvernement provincial d'agir.

Au moment de l'entrée en vigueur de la loi interdisant la vente de petits cigares aromatisés, l'industrie avait déjà créé de nouveaux produits en dehors de la définition des cigarillos encadrés par la nouvelle législation. Ces petits cigares au filtre différent et dépassant de quelques dixièmes de gramme la définition de cigarillos peuvent ainsi être aromatisés en toute légalité.

La présence de ces cigares sur le marché malgré la loi inquiète la Coalition, qui estime que l'objectif d'Ottawa n'est pas atteint: les jeunes, que ces produits attirent particulièrement, peuvent toujours se procurer des petits cigares aux saveurs de cerise ou de pêche. «C'est A pour l'effort, mais D pour les résultats», estime la porte-parole, Flory Doncas. Le gouvernement de Stephen Harper a promis de surveiller la situation de près l'été dernier, mais, un an plus tard, les petits cigares au goût fruité échappent toujours à la loi.

La Coalition, qui regroupe 400 organisations, estime que c'est au gouvernement provincial de prendre le flambeau. On souhaite que Québec adopte une loi calquée sur la loi fédérale qui ira plus loin et interdira tout arôme dans les produits du tabac dans la province, ce qui irait jusqu'à interdire la chicha par exemple. «Le gouvernement fédéral a fait ce qu'il voulait faire et on trouve que là où il y a un problème d'inaction, c'est au niveau provincial, dit Flory Joncas. Au Québec, il n'y a pratiquement rien eu de nouveau de la part du gouvernement dans la lutte contre le tabagisme depuis la révision de la loi québécoise en 2005, à part la loi sur l'étalage.»

À Québec, on assure que la lutte contre le tabagisme est toujours une priorité. Y a-t-il des discussions au sujet des petits cigares et des produits aromatisés? «C'est sûr qu'on poursuit la réflexion pour trouver les meilleures façons d'accompagner la société québécoise pour l'atteinte de l'objectif sans tabac avec les ministères et les partenaires impliqués», a simplement répondu l'attachée de presse du ministre de la Santé, Yves Bolduc, Natacha Joncas Boudreau, sans donner plus de détails.

Selon la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, quand on tient compte de la consommation de cigarillos, le tabagisme atteint 22 % chez les élèves du secondaire québécois.

Dans la province, la consommation de cigarillos dépasse celle des cigarettes auprès des jeunes, selon une étude de l'Institut de la statistique du Québec.

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