Jean Charest à Munich - Les Québécois ont besoin d'un projet rassembleur

Munich — Le Plan Nord pourrait s'avérer un antidote efficace à la multiplication des partis politiques, a soutenu le premier ministre Jean Charest hier, en point de presse, au terme d'une mission de cinq jours en Europe.

Les Québécois ont besoin d'un grand projet rassembleur sur le plan politique, selon le Jean Charest. Sinon, c'est tout l'échiquier politique qui s'en trouvera fractionné entre plusieurs partis.

Le premier ministre mettait ainsi un terme à une mission d'exploration qui n'a donné lieu à aucune annonce d'investissement.

«Les Québécois aiment bien avoir un projet devant eux», a-t-il dit, après avoir pris le petit-déjeuner traditionnel — arrosé de bière — avec le ministre-président de la Bavière, Horst Seehofer. «On est ce genre de société qui a besoin de projets, besoin d'une vision, et le Plan Nord vient s'inscrire dans cette tradition que nous avons au Québec», selon lui.

Il observe que la multiplication des partis politiques, avec, à la clé, des gouvernements fragiles, est un phénomène mondial.

«Ça me ramène à l'essentiel en politique. J'en reviens convaincu plus que jamais qu'il nous faut un projet au Québec», a-t-il ajouté.

«Les choses changent et peuvent changer encore 20 fois d'ici les deux prochaines années, tellement la politique, aujourd'hui, va rapidement», a-t-il dit, dans une suite de commentaires à saveur clairement préélectorale.

Après une année 2010 difficile, il dit avoir gagné «en maturité et en expérience», ce qui lui a permis d'«aborder la politique différemment». Pour éviter les faux pas et les critiques, son gouvernement prépare mieux les dossiers, a-t-il indiqué, citant en exemple son Plan Nord.

De retour pour rencontrer William et Kate

Après une mission qui l'a conduit, en cinq jours, de Londres à Bruxelles, Francfort et Munich, avec un horaire extrêmement chargé, le premier ministre a pris la route du Québec, hier, pour être à Montréal à temps pour accueillir le couple royal en visite au Canada.

Aujourd'hui, il accompagnera le duc et la duchesse de Cambridge, William et Kate, à l'hôpital Sainte-Justine et à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie, puis, il sera de la cérémonie tenue demain midi à l'hôtel de ville de Québec.

«On compte les recevoir avec beaucoup de chaleur», a commenté M. Charest, qui ne s'est pas montré inquiet de l'impact sur l'image du Québec à l'étranger, à la suite de possibles manifestations antimonarchiques. Il a dit que les manifestants avaient le droit de s'exprimer, pourvu «que les gens s'expriment dans le respect».

***

D'après La Presse canadienne

LE COURRIER DE LA COLLINE

Nouvelle infolettre

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

8 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 2 juillet 2011 07 h 46

    Un projet rassembleur qu'il dit.


    D'abord, d'après moi, un individu peut être rassembleur mais pas un projet.

    Si Charest veut dire qu'il aimerait que tous les Québécois se rassemblent autour de son "Plan nord " tout en oubliant l'idée de la souveraineté, il s'illusionne drôlement.

    Comment peut-il penser que nous allons abandonner le combat pour la liberté pour tous nous mettre au service des entreprises privées qui vont aller développer le grand nord dans leur propre intérêt.

    Nous prend-il pour des imbéciles ?

    On sait que d'après lui les Québécois vont finir finir par accepter leur sort au sein du Canada si le Québec s'enrichit suffisamment.

    C'est donc à nous tous souverainistes de lui faire savoir que ce n'est pas dutout ce que nous voulons nous pour le Québec et c'est à nous de nous organiser pour pouvoir faire autrement.

    Ce n'est pas que nous serions contre le développement économique mais à condition que nous soyons maîtres de ce développement et non pas comme de simples serviteurs.

  • Donald Bordeleau - Abonné 2 juillet 2011 09 h 50

    Il faut un projet collectif.

    Il existe un projet rassambleur que le PM pourrait mettre en branle dès demain.

    Robert Bourassa est venu près de faire un pays. Mais une éminence grise est venu refroidir les cendres de ce nouveau pays.

    Il faut oublier le Plan Nord qui n'est qu'une projection électoraliste avec du pelletage en avant comme de la poudre aux yeux.

    De toute façon, les ressources vont se développer malgré l'absence d'un mirage comme le Plan Nord.

    Il faut détenir tout nos compétences afin de faire un pays comme le Québec.

  • Hyperbolique - Inscrit 2 juillet 2011 10 h 35

    Ce projet n'est pas le mien

    Il est celui des entreprises minières et forestières multinationales qui vont exploiter les ressources naturelles du nord québécois. Je suis un peu écoeuré que les médias rapportent constamment les fantasmes narcissiques de Jean Charest, c'est indécent. Laissons-le seul avec ses lubies...

  • AML - Inscrit 2 juillet 2011 14 h 59

    Ce projet n'est pas le mien non plus...

    Il faudrait davantage mettre de l'avant des projets "rassembleurs" qui respectent l'environnement, mieux encore, des projets de société qui nous permettrait de sortir du paradigme de la croissance économique. Je suis tout à fait d'accord avec les idées véhiculées par le Manifeste pour une décroissance conviviale. Je vous invite fortement à découvrir ces idées et à les partager. Certains diront que c'est utopique... À ce sujet, j'adore la réponse des gens qui ont écrit ce manifeste : "Sommes-nous rêveurs? Peut-être devrions-nous poser autrement la question : sommes-nous plus rêveurs que ceux qui pensent améliorer le bien-être général en soutenant une forte croissance économique?"
    http://www.decroissance.qc.ca/node/5
    Bonne lecture et bonne réflexion !

  • Daniel Breton - Inscrit 2 juillet 2011 18 h 24

    Je suis d'accord avec Jean Charest

    Mais ce ne sera pas celui qu'il nous propose.