Crise au PQ: François Gendron fait une sortie contre les démissionnaires

Le doyen du caucus du Parti québécois, François Gendron.
Photo: Source PQ Le doyen du caucus du Parti québécois, François Gendron.

Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier — Le doyen du caucus du Parti québécois, François Gendron, a reconnu mercredi que l’implosion guette les péquistes, s’ils ne se ressaisissent pas à la suite d’une vague de démissions.

Avant de participer à une réunion extraordinaire du caucus péquiste, convoquée dans un contexte de crise, M. Gendron a fait une sortie pour ridiculiser les raisons qui ont mené cinq députés à claquer la porte pour siéger comme indépendants.

M. Gendron a affirmé que les démissionnaires ont quitté le navire péquiste pour des détails en perdant de vue que l’objectif du PQ demeure la souveraineté.

Le député, élu sans interruption depuis 1976, a cependant reconnu que son parti est confronté à un risque d’implosion si ses députés ne se ressaisissent pas et continuent à ergoter. «Bien sûr, il existe certain si on continue à se regarder le nombril et à dire: "Regarde, il y a un petit «guédi» qui me fatigue" a-t-il dit. Ç’a été ratifié par 1700 délégués, on a eu trois ou quatre consultations là-dessus et ç’a été agréé. Et pis là: moi j’aimerais mieux que cette phrase là ne soit pas là. Si vous ne retirez pas cette phrase-là, moi je ne suis plus capable de vivre à l’intérieur de ce parti-là".»

Selon M. Gendron, si elle se poursuit, la vague de départs pourrait ébranler le leadership de la chef Pauline Marois. «C’est pour ça que j’ai dit au début qu’il faut arrêter ça», a-t-il dit.

M. Gendron a rappelé que son parti avait accompli de grandes choses au fil des ans. «C’est un parti qui a marqué le Québec, qui a fait des réformes majeures, importantes, qui sert le Québec et qui a servi le Québec, a-t-il dit. Et il me semble que dans ce sens-là ces valeurs devraient transcender des petites réflexions de nuances.»

M. Gendron a tenté de minimiser les propos de l’ancien premier ministre péquiste Bernard Landry, qui a qualifié cette vague de démissions de «crise sans précédent». «Je m’en fous, je m’en fous, a-t-il dit. Il a le droit de dire ça Bernard Landry, mais ce n’est pas parce que Bernard Landry dit ça que ça ne mérite pas d’analyse.»

Les députés péquistes sont réunis dans une station de villégiature dans la région de Québec. Cette réunion doit servir à présenter une image unie derrière Mme Marois.

Le député Bernard Drainville a affirmé que les discussions, qui se déroulent à huis clos mercredi après-midi, doivent cimenter le groupe de manière à contrer les apparences de division dans les rangs péquistes, alimentées par cinq démissions.

Un sixième député a été expulsé du caucus en raison d’une enquête policière en cours sur un de ses anciens attachés politiques.

Avant la réunion du caucus, M. Drainville a répété que des changements sont nécessaires au sein de l’équipe péquiste, afin de réagir au choc causé par ces départs. M. Drainville a aussi déclaré qu’il faut accorder une plus grande place aux députés qui forment le caucus et incarnent «le renouveau, le changement de la garde». «Je ne dis pas que Mme Marois doit prendre moins de place, je dis que l’équipe doit prendre plus de place et c’est important, a-t-il dit. On a de sacrés bons éléments actuellement au Parti québécois.»

Selon le député de la circonscription de Marie-Victorin, en prévision des prochaines élections, le PQ doit préciser quel sera son engagement face à la tenue d’un éventuel référendum sur la souveraineté, sans toutefois renoncer à cette possibilité lors d’un premier mandat. «Je pense que les Québécois veulent qu’on les convainque, ils veulent qu’on les accompagne dans leur réflexion, mais ils ne nous demandent pas de renoncer à nos convictions, a-t-il dit. Et nous de notre côté il faut dire: "On vous entend et on comprend qu’à ce moment-ci, vous n’êtes pas prêts pour un troisième référendum".»

Le député de Bertrand, Claude Cousineau, a reconnu que l’été servira à la réflexion et qu’un nouveau bilan sera dressé lors d’une prochaine rencontre des députés prévue en août. «Moi pour l’instant je suis ici et l’été qui vient, ce sera un été de réflexion pour bien des gens. Parce que c’est très intéressant l’été, on peut jouer au golf, aller à la pêche. On peut réfléchir. [...] Une réflexion pour amener des changements, voir comment on peut se positionner pour améliorer les choses au niveau du parti. Il faut laisser retomber la poussière aussi.»

M. Cousineau a notamment pointé vers un changement concernant la stratégie du PQ lors de la période des questions, que certains ont jugé trop partisane ou témoignant d’une façon dépassée de faire de la politique. «Le genre de confrontations qu’on voit en Chambre à l’Assemblée nationale depuis quelques années, c’est moins intéressant, les gens nous le laissent savoir», a-t-il dit.

Le leader parlementaire péquiste Stéphane Bédard, le chef d’orchestre de la période des questions, a répliqué en affirmant que la mauvaise gestion des libéraux commandait à l’opposition d’exiger des comptes au gouvernement. «La politique peut toujours s’améliorer et c’est ce qu’il y a de beau, a-t-il dit. Mais je ne peux pas changer le gouvernement en face. Je ne peux pas changer sa façon de faire où je pense que l’intérêt privé l’emporte sur l’intérêt collectif.»

13 commentaires
  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 22 juin 2011 15 h 10

    "...un petit mal de ventre..." qui cache un bien plus grand malaise

    Les démissionnaires ont, à plusieurs reprises, fait référence aux maux qui affligent notre démocratie. Ils ont raison.
    D’aucuns invoquent l’approche disciplinée, le respect de la ligne de parti. Et l’on cite en exemple le PLQ où tous les discours n’ont qu’une seule voix: Charest. Les autres ne font que répéter ses propos. Mais c’est là une attitude hautement antidémocratique.
    Un élément essentiel de la démocratie est le débat. Autrement, c’est de la dictature. D’ailleurs avec le parlementarisme à la britannique, c’est exactement ce que nous avons, une dictature. Pendant 5 ans, le premier ministre, à cause de la ligne de parti, est roi et maître du gouvernement.
    Nous nous devons de bonifier notre système démocratique. Si nous croyons véritablement en la démocratie, nous n’avons pas le choix. C’est devenu une nécessité.
    Donnons-nous une constitution qui établit une nette distinction des pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire.
    Élisons notre président, ou chef de l’état, au suffrage universel.
    Permettons à nos députés de voter selon leur conscience et selon les besoins de leurs commettants.
    Revoyons le financement des partis politiques afin qu’ils demeurent la propriété de la population et non des machines au service des riches.

  • Gilles Bousquet - Inscrit 22 juin 2011 16 h 38

    M. Gendron a raison

    Les mutins quittent le bateau du PQ en le critiquant vertement. Pas fort pour des souverainistes. Les fédéralistes se tiennent mieux, ils sont moins...émotifs et prima donna.

    M. Gendron n'a pas à se mettre à genoux implorant les retours de ces mutins qui sont allés trop loin.

  • tohi1938 - Inscrit 22 juin 2011 16 h 43

    Enfin un qui s'en rend compte!

    Le mal du PQ, c'est bien évidemment le nombrilisme, le "Québec sait faire" et tous les autres slogans mythiques dont on nous a rebattu les oreilles depuis tellement d'années que la seule conclusion à en tirer malgré la patience et la foi est et ne peut être que : Bye bye!

  • François Ricard l'inconnu - Inscrit 22 juin 2011 17 h 13

    @Gilles Bousquet

    Les fédéralistes sont des affairistes qui ne pensent qu'à leur bien-être et qui se fichent pas mal du sentiment de solidarité nationale.
    Depuis la conquête, les fédéralistes n'en ont que pour leur avancement personnel et renient constamment ce qu'ils sont. Ils se dirigent tout droit sur une inéluctable assimilation et leur cri de ralliement est : "Youpi! pourvu que ça paie!
    Les fédéralistes sont de fervents partisans du parlementarisme à la britannique qui permet la dictature des bien nantis.

  • Claude Kamps - Inscrit 22 juin 2011 17 h 52

    Au nom de tout ceux qui ont voté pour le PQ

    pour ne pas voter pour Charest,
    le PQ devrait rester uni,
    en attendant que 50% des voteurs adhèrent à cet option de séparation...