Un cinquième député péquiste quitte le navire

Benoit Charette, qui siégera comme indépendant à l’Assemblée nationale, est le cinquième député péquiste à claquer la porte du caucus en deux semaines.
Photo: Clément Allard – Le Devoir Benoit Charette, qui siégera comme indépendant à l’Assemblée nationale, est le cinquième député péquiste à claquer la porte du caucus en deux semaines.

Québec — Le député de Deux-Montagnes Benoit Charette a annoncé aujourd'hui qu’il quitte le caucus du Parti québécois. M. Charette a déclaré que sa décision est le fruit d’une longue réflexion et n’est pas liée aux événements des dernières semaines.

Le député a affirmé que la population s’est tranquillement détournée du PQ au cours des 15 dernières années. Selon M. Charette, la souveraineté n’est pas une priorité de la population québécoise et il juge inopportun de concentrer ses énergies vers un éventuel troisième référendum sur cette question. Le député croit cependant que les deux seules option sont un renouvellement du fédéralisme ou la souveraineté.

Lors d’une conférence de presse, M. Charette a affirmé qu’il avait échoué sa tentative pour que le PQ s’engage à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat. «On m’a répondu que jamais le Parti québécois n’avait pris pareil engagement, a-t-il dit. J’en conviens, mais je crois qu’il ne peut poser meilleur geste afin de démontrer qu’il est à l’écoute de la population. C’est mon incapacité à réformer le parti sur cette base qui m’amène à le quitter, sans amertume. Lorsqu’un individu ne se sent plus à l’aise dans un groupe, c’est à lui de le quitter.»

M. Charette a exprimé ses sympathies pour la Coalition pour l’avenir du Québec, cofondée par l’ex-député péquiste François Legault, sans toutefois réclamer qu’il la transforme en parti politique.

M. Charette, qui siégera comme indépendant à l’Assemblée nationale, sera le cinquième député péquiste à claquer la porte du caucus en deux semaines. Louise Beaudoin, Pierre Curzi, Lisette Lapointe et Jean-Martin Aussant ont déjà annoncé qu’ils allaient siéger comme indépendants.

M. Charette a cependant déclaré qu’il ne partageait pas les constats de ses collègues, qui ont critiqué le leadership de Pauline Marois et l’approche autoritaire de son entourage. «Imputer les déboires actuels et le manque d’enthousiasme à l’endroit du Parti Québécois à Pauline Marois et à sa garde rapprochée relève d’une mauvaise analyse, a-t-il dit. Voilà plus de 15 ans que l’électorat québécois a commencé à prendre ses distances du Parti Québécois.»

M. Charette, âgé de 34 ans, a été élu dans Deux-Montagnes pour la première fois aux dernières élections, en 2008. Le député était responsable du dossier de l’immigration au sein du caucus péquiste.

L’aile parlementaire péquiste doit se réunir mercredi dans la région de Québec pour faire le point sur tous ces rebondissements.

René Gauvreau se retire

Par ailleurs, Pauline Marois demandé aujourd'hui au député de Groulx, René Gauvreau, de se retirer du caucus.

Absent depuis des mois de l’Assemblée nationale, M. Gauvreau s’est retrouvé dans l’embarras en début d’année en raison d’une histoire de fraude et d’abus de confiance impliquant son ancien attaché politique.

Lors d’une rencontre aujourd'hui, Mme Marois a demandé à son député de siéger comme indépendant le temps que la police termine son enquête.

L’exclusion de M. Gauvreau était relativement prévisible et sans grande conséquence pour l’avenir du PQ.

22 commentaires
  • Maxime C. - Inscrit 21 juin 2011 12 h 07

    Opportunisme politique.

    J'en ai marre de voir ces opportunistes politiques. Pourquoi ne pas aller voir la CAQ, elle risque fort bien de former le prochain gouvernement. Je passerai donc de porte-parole à ministre... Complètement tanné du cynisme créé par ces mentalités des petits politiciens de nos jours.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 21 juin 2011 12 h 33

    Un politicien de principes

    Gilles Duceppe pourrait changer le PQ ou un autre parti se créerait avec comme foi en l'indépendance. Les 43% de québécois indépendantistes promettraient leur dévolu sous son leadership claire et sans faux-fuyants.

  • Michel Rolland - Inscrit 21 juin 2011 13 h 06

    Bel exemple de carriériste péquiste

    Les péquistes sentent venir la tornade qui les balaiera aux prochaines élections.

    Ce Charette est un bel exemple de carriériste péquiste qui sent qu'il en va de son intérêt personnel de changer de parti pendant qu'il en est temps... D'autres restent collés sur Hippolyne, parce qu'ils croient qu'advenant la prise du pouvoir par le PQ, ils deviendront ministres. Une myriade de parasites restent aussi à militer dans ce parti en se disant qu'ils pourraient obtenir une « fonction », si possible une sinécure, dans un gouvernement péquiste.

    D'autres, en minorité au PQ, sont les manipulés, des gens sincères que j’admire pour leur abnégation. Ce sont eux qui nous disent en toute bonne foi, qu’il ne faut pas déserter le PQ parce que, croient-ils, le PQ est le parti qui nous conduira à notre indépendance nationale.

    Michel Rolland

  • OlivierD - Inscrit 21 juin 2011 13 h 45

    Carriériste?

    Les puristes se font aller, mais refusent de chercher à comprendre pourquoi la CAQ attire autant d'électeurs, et maintenant un député. Les cyniques, ce sont ceux qui font rimer "gagner ses élections" avec trahison.

  • Gilles Bousquet - Inscrit 21 juin 2011 13 h 47

    Coup sûr pour M Benoît Charette

    M. Charette a très clairement et correctement exposé toutes ses raisons pour quitter le PQ. Il sent qu'il n'y aurait qu'environ 20 % de Québécois a placer en priorité, la souveraineté du Québec. Qu'ils ne veulent pas trop en entendre parler. J'irais jusqu'à 25 %, les purs et durs de la souveraineté dont fait partie M. Parizeau...question d'appréciation.

    Nous connaissions peu ce M. Charette, en dehors de son comté, mais il nous est apparu comme une personne avec un solide raisonnement et très respectueux de Mme Marois et des autres députés péquistes sauf de M. Charest, notre actuel P.M. du Québec.

    M. Charette, s'il joint les rangs de M. Legault, comme ça a l'air, va considérablement aider ce dernier avec un premier député à notre Assemblée nationale, probablement vers l’automne prochain.