Les quatre démissionnaires du PQ formeront-ils un nouveau parti?

Pierre Curzi
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pierre Curzi

Québec — Les quatre démissionnaires du Parti québécois pourraient-ils former un nouveau parti politique souverainiste? Jean-Martin Aussant a indiqué au Devoir hier qu'il n'excluait aucune avenue.

Pierre Curzi, pour sa part, a annoncé qu'il organisait une assemblée publique le 21 juin pour faire «le point sur son rôle comme représentant élu de la circonscription». Selon une invitation publiée sur le réseau Facebook, M. Curzi compte s'expliquer sur «les raisons de sa démission du caucus» péquiste. Il partagera aussi «sa réflexion sur la situation politique actuelle». L'assemblée se terminera par une discussion ouverte, annonce-t-on.

Sur Facebook, plusieurs internautes affichaient leur intérêt pour la rencontre. À une citoyenne d'une autre circonscription qui demandait à y participer, M. Curzi a répondu: «L'invitation s'adresse particulièrement aux citoyens de Borduas, mais tout le monde peut y participer.»

Au reste, Louise Beaudoin, jointe mardi, s'est dite «absolument non intéressée» à la création d'un nouveau parti. Lisette Lapointe, quant à elle, juge la question prématurée: «Il faut que la poussière retombe.»

Les quatre démissionnaires, aussi nombreux que les députés de l'Action démocratique (laquelle a un statut de parti reconnu), discuteront au cours de l'été de l'opportunité ou non de former un groupe parlementaire souverainiste. «Ce serait logique qu'on s'aide», a confié M. Aussant.

Ancien député favorable à un nouveau parti


Estimant pour sa part que «les Québécois ne font plus confiance aux vieux partis», un ancien député péquiste qui avait succédé à Jacques Parizeau dans L'Assomption (de 1996 à 2007), Jean-Claude Saint-André, croit qu'il n'y a pas d'ambiguïté. «Il faut avoir le courage de dire que seul un nouveau mouvement saura rassembler tous les Québécois derrière une démarche claire. Il faut une autre façon de voir, de penser, de faire de la politique», écrit-il dans une lettre qu'il a fait parvenir au Devoir hier. Il soutient que les quatre démissionnaires ont un «devoir d'État» de le faire.

Depuis 2008, M. Saint-André (qui a été candidat «pur et dur» à la direction du PQ en 2005) a coupé tous les ponts avec le PQ de Pauline Marois après avoir tenté en vain, contre la volonté de la chef, de se faire réélire à l'investiture de L'Assomption afin de reprendre son siège. Dans son texte, il soutient avoir voté pour le NPD le 2 mai en raison de «l'appui inconditionnel du chef bloquiste [Gilles Duceppe] à l'approche suicidaire mise en avant par la direction péquiste».

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