Le baromètre des personnalités Léger Marketing-Le Devoir - Legault, le plus populaire de tous

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a pris part hier au parc La Fontaine à une manifestation contre la tenue du Grand Prix de Formule 1 de Montréal. Ses prises de position ont provoqué une baisse de sa popularité auprès des électeurs, mais il demeure dans le «Top 10».<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a pris part hier au parc La Fontaine à une manifestation contre la tenue du Grand Prix de Formule 1 de Montréal. Ses prises de position ont provoqué une baisse de sa popularité auprès des électeurs, mais il demeure dans le «Top 10».

La session parlementaire qui s'est achevée vendredi dernier à Québec a consacré la chute de la popularité d'Amir Khadir, révèle le nouveau baromètre des personnalités politiques Léger Marketing-Le Devoir. Porté aux nues il y a tout juste six mois par les Québécois, le seul député de Québec solidaire à l'Assemblée nationale a chuté de la 1re à la 7e position du palmarès, alors que le chef de la Coalition pour l'avenir du Québec, François Legault, et le député indépendant Pierre Curzi figurent respectivement au 1er et 2e rang.

Quelque 40 % des personnes sondées ont une «mauvaise opinion» du co-porte-parole de Québec solidaire, soit deux fois plus qu'en décembre 2010 (18 %). En contrepartie, 32 % de la population québécoise a une «bonne opinion» d'Amir Khadir, selon le coup de sonde effectué par Léger-Marketing. Ils étaient 45 % en décembre 2010.

«Les gens commencent à en avoir marre», affirme sans ambages le président de la firme de recherche marketing et de sondages, Jean-Marc Léger.

L'opposition farouche que le député de Mercier a manifestée à l'égard du projet de loi 204 voué à mettre à l'abri de poursuites judiciaires l'entente Québec-Quebecor sur l'amphithéâtre de la Ville de Québec a accéléré sa chute de popularité, selon M. Léger. «C'est le facteur clé à mon avis, parce que la majorité de la population souhaite la construction de l'amphithéâtre et le retour des Nordiques de Québec. Lui, il empêche ça. Il se fait beaucoup d'ennemis.»

Son appel au boycottage d'une boutique montréalaise vendant entre autres choses des souliers fabriqués en Israël, sa prise de bec avec l'ancien premier ministre Lucien Bouchard et sa présence à une manifestation organisée par des opposants aux Grands Prix de Formule 1 ont un «prix politique», souligne Jean-Marc Léger.

«Ce qu'il va apprendre; c'est que ses ennemis se rappelleront de ses prises de position, alors que ceux qui l'appuient, eux, l'oublieront», avertit-il. «Il doit choisir ses bagarres. Le "trip d'ego" doit se terminer.»

La nouvelle étoile... filante?

C'est le numéro un de la Coalition pour l'avenir du Québec, François Legault, qui figure en tête de ce tout nouveau baromètre des personnalités politiques. À l'instar de Pierre Curzi, près de la moitié de la population québécoise a une «bonne opinion» de lui. En revanche, 17 % a une «mauvaise opinion» de l'ancien ministre péquiste, comparativement à 19 % pour Pierre Curzi.

«C'est la nouvelle star politique!» fait valoir Jean-Marc Léger. «Il incarne la nouveauté d'une part, mais surtout il a adopté une approche très positive en présentant des solutions concrètes, alors que les autres politiciens ont davantage eu des approches négatives», explique-t-il, faisant référence aux chefs du Parti libéral du Québec (PLQ) Jean Charest (11e position), du Parti québécois (PQ) Pauline Marois (6e position) et de l'Action démocratique du Québec (ADQ) Gérard Deltell (5e position).

Les «démissionnaires»

Pierre Curzi (2e position), Louise Beaudoin (4e position), Lisette Lapointe (8e position) et Jean-Martin Aussant (44e position), qui ont claqué la porte du Parti québécois au cours de la dernière semaine, ont tous vu leur popularité croître.

D'ailleurs, la députée de Crémazie, Lisette Lapointe, figure pour la première fois dans le «Top 10» des personnalités politiques. Quelque 32 % des personnes sondées ont exprimé une «bonne opinion» à son égard (+ 6 points par rapport à décembre 2010), alors que 18 % des personnes sondées ont émis une «mauvaise opinion».

«Quand vous regardez Pierre Curzi, Louise Beaudoin, Lisette Lapointe et même Jean-Martin Aussant, les trois grimpent de 5 à 7 %. Ce sont, dans le fond, les plus grandes montées dans le sondage, mis à part un cas: Marguerite Blais», fait remarquer Jean-Marc Léger.

«Les gens veulent des gens qui disent tout haut ce qu'ils pensent tout bas. En politique, au Québec, ç'a toujours été comme ça, c'est quand tu démissionnes que tu deviens populaire. Mais, ça ne dure pas nécessairement longtemps.»

Contrairement à Amir Khadir, les députés démissionnaires du PQ ont vu leur popularité monter même s'ils s'opposaient à l'adoption du projet de loi 204 ou d'un projet de loi omnibus mis sur la table par le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard (31e position). «Ils n'ont pas fait en sorte que le projet d'amphithéâtre déraille. Ils ont démissionné sur une question de conviction. S'il a déraillé, c'est la faute à Amir Khadir», dit M. Léger.

Marois 6e, Charest 11e

Échevelée par la «tempête» qui s'est abattue sur elle en fin de session parlementaire, Pauline Marois fait une chute de la 4e à la 6e position du palmarès. Quelque 65 % des électeurs péquistes expriment une «bonne opinion» à son égard, tandis que 26 % expriment une «mauvaise opinion». «On mesure dans un moment où c'est le plus difficile pour elle», souligne M. Léger.

Le député indépendant de Borduas, Pierre Curzi, est la seule personnalité à gagner de vitesse la chef de l'opposition officielle dans le «Top 10» des électeurs du PQ. Dans ce palmarès, Pauline Marois est toutefois talonnée par François Legault, Louise Beaudoin, Bernard Drainville et Maka Kotto.

Jean Charest — qui est la personnalité la plus populaire des électeurs libéraux — figure au 11e rang du classement général. Passant de la 20e à la 11e position, c'est un grand bond que le chef du gouvernement a effectué de décembre 2010 à juin 2011. Vingt-huit pour cent des personnes sondées ont une «bonne opinion» de lui, mais 59 % ont une «mauvaise opinion».

Marguerite Blais, la seule ministre dans le «Top 10»

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, se hisse au troisième rang du baromètre des personnalités politiques. La députée de Saint-Henri est la seule membre du Conseil des ministres à faire partie du «Top 10».

D'autre part, son passé derrière la caméra explique en partie sa montée, tout comme celles de Pierre Curzi, Bernard Drainville, et Maka Koto qui font tous bonne figure, indique Jean-Marc Léger. «C'étaient des vedettes télé, avant d'être des vedettes politiques.»

Le sondage Léger Marketing-Le Devoir a été effectué du 6 au 8 juin 2011, auprès de 1004 personnes âgées de 18 ans ou plus. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20. Le baromètre des personnalités politiques provinciales québécoises Léger Marketing-Le Devoir a été fait selon une méthodologie fiable et éprouvée.

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134 commentaires
  • Jeremie Vachon - Abonné 13 juin 2011 00 h 47

    Biaisé?

    Est-ce que je peux demander pour quelle raison Le Devoir publie un article si biaisé? M. Léger n'est sûrement pas un fan de QS à ce qu'on en lit, mais je n'ai pas besoin que son opinion pamphlétaire vienne polluer les pages de mon journal.

  • Michaël Simard - Inscrit 13 juin 2011 01 h 53

    Sondages Léger Marketing/Le Devoir - Comment modifier l'opinion publique à l'aide d'analyses idéologiques

    «Il doit choisir ses bagarres. Le "trip d'ego" doit se terminer.»

    «Ils n'ont pas fait en sorte que le projet d'amphithéâtre déraille. Ils ont démissionné sur une question de conviction. S'il a déraillé, c'est la faute à Amir Khadir», dit M. Léger.

    Ce genre d'affirmation n'a pas sa place lorsque l'on veut prétendre à une analyse objective des tendances de la population. C'est assez triste à voir.

  • Rémi Thériault - Inscrit 13 juin 2011 03 h 06

    Jean Marc Léger ne devrait pas parler au nom du peuple

    C'est vraiment n'importe quoi.

    « L'opposition farouche que le député de Mercier a manifestée à l'égard du projet de loi 204 [...] a accéléré sa chute de popularité, selon M. Léger. "C'est le facteur clé à mon avis, parce que la majorité de la population souhaite la construction de l'amphithéâtre et le retour des Nordiques de Québec. Lui, il empêche ça. Il se fait beaucoup d'ennemis." » La majorité, vraiment? Il empêche ça? À ce que je sache, il n'est pas contre l'amphithéâtre mais bien contre ce projet de loi visant « à mettre à l'abri de poursuites judiciaires l'entente Québec-Quebecor »! Ce qui est pleinement justifiable!

    De plus, « Contrairement à Amir Khadir, les députés démissionnaires du PQ ont vu leur popularité monter même s'ils s'opposaient à l'adoption du projet de loi 204 ou d'un projet de loi omnibus mis sur la table par le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard (31e position). «Ils n'ont pas fait en sorte que le projet d'amphithéâtre déraille. Ils ont démissionné sur une question de conviction. S'il a déraillé, c'est la faute à Amir Khadir», dit M. Léger. » Incohérence totale. Je n'ai rien besoin de dire de plus...

    Ceci est enrageant.

    Si nos sondages et leur interprétation commence à être « manipulés » ainsi, bin ça va mal en batince!

  • Line Gingras - Abonnée 13 juin 2011 03 h 44

    Question

    Je vois que l'on a posé entre autres la question suivante : «Êtes-vous très satisfait(e), assez satisfait(e), peu satisfait(e) ou pas du tout insatisfait(e) du gouvernement du Québec dirigé par Jean Charest?»

    «Pas du tout insatisfait(e)»?

    Je n'ai pas vérifié s'il y avait d'autres perles.

  • Marcel Bernier - Inscrit 13 juin 2011 04 h 03

    Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois...

    Une firme de sondages et de marketing qui donne des leçons aux députés et aux députées, qui se permet de faire des concours de popularité, on est pas loin de la firme National dans le style propagande et tentative d’influencer l’opinion publique.
    Au lieu de se faire grand astrologue, M. Jean-Marc Léger devrait commencer à parler en son nom propre et nous dire franchement son opinion à visage découvert, comme chacun des citoyens et des citoyennes le font quotidiennement, plutôt que de nous emberlificoter avec sa salade. Ça aussi se fait selon une méthodologie fiable et éprouvée!