PQ: Parizeau prépare sa réplique aux jeunes

Jacques Parizeau<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jacques Parizeau

L'ex-premier ministre du Québec Jacques Parizeau et son épouse, la députée nouvellement indépendante Lisette Lapointe, ne semblent pas avoir apprécié la lettre ouverte des 12 jeunes députés du Parti québécois (PQ) publiée samedi dans Le Devoir, si bien que M. Parizeau a promis de leur répliquer en passant lui aussi par les médias pour faire passer son message.

Après avoir prononcé un discours devant le regroupement des Intellectuels pour la souveraineté, samedi, à Montréal, Jacques Parizeau a annoncé qu'il enverrait à son tour une lettre ouverte au Devoir dès aujourd'hui.

Il souhaite répondre à la missive des 12 élus se présentant comme «la nouvelle génération de députés souverainistes» et qui demandaient à l'ancien premier ministre de leur laisser «toute la place» pour s'exprimer et pour représenter l'avenir du parti.

Si cette lettre est «gentiment formulée», elle est de toute évidence porteuse d'une intention, a déclaré l'ancien dirigeant sans toutefois en dire davantage sur le sujet.

Ce qu'ils souhaitent, c'est notamment que M. Parizeau se taise, a avancé Lisette Lapointe, qui fait partie des quatre députés du PQ ayant claqué la porte la semaine dernière.

D'une voix étreinte par l'émotion, elle a affirmé que les derniers jours avaient été particulièrement éprouvants pour elle. «Ça a été très difficile de quitter le Parti québécois. Je l'ai quitté pour des questions de principe et pour être capable de retrouver ma liberté de parole. Alors qu'on demande à qui que ce soit [...] de laisser la place et de ne plus parler, ça me déçoit beaucoup», a laissé tomber Mme Lapointe.

Jacques Parizeau a pour sa part assuré qu'il n'avait pas été attristé de prendre connaissance de la lettre, mais il a affirmé que la démarche des signataires lui avait paru «étrange». Il s'est toutefois défendu d'abuser de son droit de parole, comme le lui reprochent les jeunes loups du PQ.

«Je ne commente pas les dossiers depuis déjà longtemps, a-t-il signalé. Ça fait longtemps que je ne donne plus d'entrevues et que je ne donne pas de points de presse.»

Lorsqu'on lui a donné la parole, samedi, il n'a pas ménagé les troupes péquistes de Pauline Marois, leur reprochant de façon à peine voilée de ne pas préparer la souveraineté avec assez de vigueur et de transparence.

«Quand on va se cacher sous la table dès qu'on parle de référendum [...] Ne pensons pas que le public ne voit pas ça [...] Les gens ont le droit de savoir où on veut les amener», a-t-il lancé devant les quelque 100 personnes qui l'ont écouté religieusement pendant une trentaine de minutes et qui lui ont réservé une immense ovation à la fin de son allocution.

«Ça fait maintenant des années que la souveraineté s'est un peu diluée quant à ses contenus. On utilise le terme souvent dans des groupes de militants, on agite ça, on en parle. Mais il n'y a plus beaucoup de contenu», s'est-il désolé.

Sans jamais nommer Pauline Marois ou évoquer la récente crise qui a sérieusement ébranlé ses troupes, l'ex-premier ministre a formulé de nombreuses critiques en ce qui a trait à la façon actuelle de faire la promotion de la souveraineté.
 
3 commentaires
  • Marie-France Legault - Inscrit 13 juin 2011 09 h 15

    Monsieur Parizeau

    n'aide pas la cause Indépendantiste. Depuis qu'il a perdu le Référendum 1995 et qu'il a pris la fuite devant son échec, il ne cesse de faire des déclarations pas toujours appréciées.
    Il aurait dû rester quand même à la barre et continuer de travailler pour SON projet. Ce projet qui ne fait pas l'unanimité des québécois.

    Devant les difficultés c'est là que nous voyons les vrais chefs....
    Se sauver, abandonner, s'enfuir n'est pas très courageux.

    Je pense que c'est pour cela, qu'il ne cesse de harceler le P.Q.
    pour lui dire comment faire...ce qu'il n'a pas résussi à faire.

    je dois admettre que c'est peut-être le SEUL CONVAINCU de la gang...

    a-t-il des remords de ne pas avoir réussi...

  • Jeannot Duchesne - Inscrit 13 juin 2011 09 h 22

    De l'attentisme moins que de l'oppottunisme.

    De l'attentisme moins que de l'opportunisme pour les 12 judas. Ce n'est pas M. Parizeau qui vous muselait. Qu,attendiez-vous pour parler?

    J'en reviens à la campagne de mon député, signataire de la lettre, monsieur Dave Turcotte dont une seule grand-mère osait se présenter avec lui pedant sa campagne électorale. Lui qui disait que ça faisait près de 10 ans qu'il faisait de la politique alors qu'il n'en avait à peine 25; si faire de la politique c'est d'accrocher des pancartes et bien moi j'ai un autre idée de la politique. Cela vous a surement appris à devenir un bon poteau d'élection car c'est tout ce que vous êtes monsieur.

    Le candidat sortant était un Libéral, M. Paquin, un vrai deux de pic. Les seules fois que nous entendions parler de lui c'était dans les journaux à l'occasion de la remis d'un prix d'excellence dont il se foutait totalement des récipiendaires lorsque M. Charest faisait partie de la photo; aussi avec son déluge d'annonces dans le Canada-Français et les journaux locaux comme Le Lien pour que les agriculteurs aillent chercher leurs subventions.

    C'est ça Monsieur Dave Turcotte que vous avez remplacé et ça ne prenait qu'un poteau pour le remplacer.

    Retrouvez donc votre silence, ce sera mieux pour votre carrière.

  • MarieBabin - Inscrit 13 juin 2011 11 h 39

    La jeunesse de 40 ans!

    Je suis favorable à l'idée de garder son coeur jeune, mais quel glissement de sens que de tenter d'imposer ces «jeunes» péquistes aux vieux... À 40 ans, on nest pas un jeune député, mais un député point. Il me semble.

    Quand j'entends Pauline Marois se targuer d'avoir sans ses rangs des jeunes qui n'étaient pas nés lors de la formation du parti en 1968... GRAND BIEN! Le contraire serait inquiétant!

    Du reste, j'ai du mal avec cette idée de dire à un ancien premier ministre qu'il est d'une autre époque. Peut-être, mais pour une société dont la population âgée augmente, dire à M. Parizeau de se taire est déplacé et déplorable.

    À l'instar du Bloc, le PQ devrait réviser sérieusement ses stratégies de relations publiques et de communications.