L'éléphant Legault chez des adéquistes ouverts à la discussion

La gardes rapprochées du chef de l’ADQ, Gérard Deltell, ont tenté de mettre le couvercle sur la marmite. Photo d'archives.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La gardes rapprochées du chef de l’ADQ, Gérard Deltell, ont tenté de mettre le couvercle sur la marmite. Photo d'archives.

Trois-Rivières — À l’ouverture du Conseil général de l’Action démocratique du Québec, c’était l’éléphant dans la pièce: la fusion entre l’ADQ et la Coalition pour l’avenir du Québec (CAQ) de François Legault. Une fusion envers laquelle les adéquistes manifestaient beaucoup d’ouverture. 

Pour le député de Beauce-Nord, Janvier Grondin, l’ADQ doit décider rapidement - à l’automne - si le parti fusionne ou non avec le mouvement de François Legault puisque l’échéance de la prochaine élection au Québec approche à grand pas. Lui-même ne cache pas qu’il est favorable à cette fusion. «J’aurais le goût que tous les gens qui veulent du changement, que ce soit François Legault, que ce soit le Réseau Liberté-Québec, s’associent tout le monde ensemble». Le député a dit pouvoir «imaginer» François Legault chef de l’ADQ. «Il va avoir des compromis à faire sûrement et peut-être qu’il va y en avoir sur notre bord aussi», a-t-il dit. 
 
De son côté, le député de Shefford, François Bonnardel, a toujours considéré François Legault «comme le plus adéquiste des péquistes», a-t-il rappellé.  Le fait que François Legault ne soit pas en faveur d’une plus grande place du secteur privé dans la santé, une position historique de l’ADQ, n’est pas un obstacle insurmontable, selon lui. «Ce sera un débat », a-t-il dit, bien qu’il juge que les adéquistes ne doivent pas «piler sur leurs valeurs». 
 
De l'eau dans son vin

Le militant adéquiste, Paul-Émile Barbeau, un médecin, est fermement en faveur du privé en santé mais croit que les divergences peuvent être aplanies avec François Legault. «Comme dans n’importe quelle négociation, chacun met de l’eau dans son vin», a-t-il dit.
 
La député de Lotbinière, Sylvie Roy, tout en qualifiant un tel projet de fusion de «question hypothétique», a fait observer qu’«unis, on est toujours plus fort que divisés.» Elle a cité l’exemple du Parti conservateur au fédéral qui a fusionné avec l’Alliance canadienne. «Le Parti conservateur, avant de se rallier, ce n’était pas une force.»
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L’ancienne députée de Groulx, Linda Lapointe, est une bonne connaissance de François Legault. Elle était d’ailleurs de la fête d’anniversaire de l’ancien ministre péquiste, a-t-elle été forcée de reconnaître. Elle est d’avis qu’il y a un risque pour les tenants du changement de se diviser. Elle est favorable à «l’idée d’une gauche efficace», dont François Legault se fait le promoteur. 
 
Merlini de retour

L’ancien député de Chambly, Richard Merlini, avait quitté l’ADQ à la suite de l’élection à la direction du parti de Gilles Taillon. Il vient de reprendre sa carte de membre de l’ADQ, tout en participant à la CAQ. Selon lui, si un nouveau parti dirigé par François Legault voit le jour, «ça laisse la porte grande ouverte soit au Parti libéral ou au Parti québécois». Une fusion est donc souhaitable entre l’ADQ et la CAQ. Les divergences entre ce parti et ce mouvement, «ce n’est pas insurmontable.»
 
«Comment on va arriver au point de convergence pour avoir un seul véhicule, peu importe le nom qu’il porte, on verra rendu là. Il faut travailler dans ce sens-là», a-t-il dit. 
 
La gardes rapprochées du chef de l’ADQ, Gérard Deltell, ont tenté de mettre le couvercle sur la marmite. Le président du parti, Christian Lévesque, a indiqué que Gérard Deltell et François Legault ne se sont parlés que deux fois et c’était par «respect». «On n’est aucunement en discussion pour le développement. Tout le monde est axé sur les prochaines élections avec Gérard Deltell comme chef», a-t-il assuré. 
 
De son côté, Dino Mazzone, a tenu à préciser en anglais par communiqué qu’il n’y avait aucune discussion de fusion en cours avec quelque parti ou mouvement que ce soit. 
 
Le président de la Commission des communications, Richard Thibault, a lui aussi tenté de remettre le dentifrice dans le tube. «On rêve beaucoup en couleur. On n’est vraiment pas là. Il n’y a aucun projet, à l’heure actuelle, de coalition, d’union, de fusion de quelque nature que ce soit entre le groupe de M. Legault et l’ADQ», a-t-il déclaré. 
 
Le Devoir
28 commentaires
  • Alexis Lamy-Théberge - Inscrit 14 mai 2011 20 h 04

    Euh

    Qui ça?

  • Hecube - Inscrit 14 mai 2011 20 h 05

    Ça serait une bonne nouvelle

    Division du vote de droite.
    PQ au pouvoir.
    Référendum.
    Coalition PQ-ADQ pour la souveraineté.

    On peut rêver...

  • Denis Miron - Inscrit 14 mai 2011 20 h 18

    François Legauche, ou l'éléphant maladroite?

    Cet couverture journalistique donne l'impression que l'éléphant François Legauche entre dans un magasin de porcelaine. Y aurait-il quelqu'un voulant devenir vizir à la place du grand vizir et qui risque de faire éclater toutes ces figurines décoratives kitch en porcelaine? François Legault ou Legauche de la droite maladroite mais efficace pour la casse? Avec le Réseau Liberté Québec et les radios poubelles à la Jeff Fillion, ça promet. Y manque juste Joseph Facal. Avec un RLQ qui veut mettre la hache dans les services publiques, l'éléphant n'aura plus grand chose à faire pour souligner sa présence.

  • Patrick Asselin - Inscrit 14 mai 2011 20 h 31

    Legault ferait une erreur

    J'ai hâte de voir comment François Legault va vivre avec le projet adéquiste de vendre Hydo-Québec au secteur privé.

  • Gilles Bousquet - Inscrit 14 mai 2011 20 h 43

    P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non !

    P'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non, qui connaît le futur avec exactitude ?

    S'ils fusionnent, ils risquent de gagner la prochaine élection générale et s'ils ne fusionnent pas, ils risquent...le contraire.