Le lobby minier s'active

Le développement tous azimuts du potentiel minier du Nord québécois permettra à plusieurs entreprises du secteur de faire de très bonnes affaires au cours des prochaines années. Pas étonnant alors qu'elles ne ménagent pas les efforts de lobbying afin de faire valoir leurs demandes auprès du gouvernement Charest.

Une recherche non exhaustive menée par Le Devoir dans le Registre des lobbyistes du Québec a permis de répertorier plus d'une vingtaine d'inscriptions liées au développement minier, particulièrement dans le territoire couvert par le Plan Nord annoncé hier.

Ainsi, on retrouve 11 noms sur la liste inscrite par l'entreprise Les Mines Opinaca, une filiale de la minière Goldcorp, qui souhaite exploiter une mine d'or près de la baie James. La valeur brute de ce projet devrait atteindre six milliards, au prix actuel de l'or.

Les lobbyistes ont d'abord pour mandat de faire «des démarches» pour obtenir les permis nécessaires à la poursuite des opérations. «Des démarches seront également effectuées afin d'obtenir un soutien financier gouvernemental, précise la minière dans son inscription. La nature, la forme et le montant de cette aide financière ne sont pas déterminés et feront l'objet de discussions avec les autorités gouvernementales. Parmi les démarches effectuées, certaines viseront notamment l'octroi de subventions ou autre forme d'aide financière pour la mise en oeuvre de programmes de formation de la main-d'oeuvre, et ce, en vertu de programmes existants ou autrement.» Goldcorp a aussi un lobbyiste-conseil inscrit en son nom. Celui-ci doit toucher «plus de 100 000 $» pour ses services.

L'Association de l'exploration minière du Québec a inscrit neuf personnes au registre. Celles-ci sont mandatées pour faire des «représentations pour que des orientations soient prises dans le but de favoriser l'accès au territoire et la connaissance géoscientifique du territoire pour des activités d'exploration minière sur le territoire du Québec». Le plan présenté hier par Jean Charest prévoit des mesures et du financement pour ces deux aspects.

Stornoway Diamond Corporation — qui devrait exploiter sous peu une mine de diamant dans le secteur des monts Otish — compte quant à elle trois noms sur sa liste au registre des lobbyistes. «Comme il s'agira vraisemblablement de la première exploitation de diamant au Québec, il y aura sans aucun doute certains ajustements réglementaires qui devront être mis en place afin de permettre le développement du projet dans les délais prévus. Entre autres, la législation concernant la fiscalité minière devra [être adaptée] afin de tenir compte de cette nouvelle substance exploitée au Québec», précise l'inscription.

La minière plaide aussi «pour le développement d'infrastructures régionales (dont un accès routier de 250 km et une ligne électrique) nécessaires au développement efficace des ressources naturelles de cette région». Le gouvernement a annoncé sa volonté d'aller de l'avant avec ce projet.

La Canadian Century Iron Ore Corporation et la Canadian Gulf Railway Corporation souhaitent toutes deux construire un long chemin de fer dans le nord du Québec. Leurs inscriptions au registre précisent que «vu l'ampleur du projet, le client souhaite que des démarches de présentation du projet auprès des autorités gouvernementales compétentes soient déjà entamées, même si, pour le moment, aucune autorisation, [aucun] permis ou certificat n'est spécifiquement demandé».

2 commentaires
  • lephilosophe - Inscrit 10 mai 2011 03 h 24

    Des subventions pour la ruée vers l'or?

    Alors que les plans d'austérité sont en marche à la suite des déficits budgétaires, peut-on sans sourciller admettre que le gouvernement du Québec subventionne l'extraction d'or et la production de diamants, produits de luxe s'il en est? il y a quelque chose de proprement obscène dans ce scénario des compagnies minières.
    Et que dire de la construction d'un chemin de fer dans le Grand Nord alors qu'on arrive même pas à organiser de manière efficace le transport en commun dans la métropole, ce qui coûte des milliards en pertes de temps à l'économie montréalaise, principal moteur de la création de richesses au Québec. N'y aurait-il pas lieu d'aider à récupérer ces milliards pour accroître les rentrées fiscales et balancer un peu mieux le budget du Québec au lieu de subventionner de richissimes compagnies minières?

    Bernard Gadoua

  • Hermil LeBel - Inscrit 10 mai 2011 11 h 24

    La charrue devant les bœufs !

    Les Chinois sont déjà à nos portes à l’affût du pactole offert gracieusement par les libéraux : leur drapeau flotte présentement sur le parlement en raison de la visite à Montréal d'un dignitaire de ce régime de tyrans. Ils n'auront pas été long à répondre à l'appel du genoux de JJ Charest et son fameux plan nord qui n'est rien d'autre qu'une opération de manipulation médiatique de la part d'un régime usé et désavoué par plus de 80% de la population. Avant de se lancer dans ces projets pharaoniques, il faut s'occuper des vrais affaires et mettre en place une vrai commission d'enquête sans quoi la corruption risque de miner encore davantage l'intégrité de nos institutions. De la manière dont ce projet nous est présenté, Charest se trouve à mettre la charrue devant les bœufs !