Le NPD chasse le Bloc

Thomas Mulcair, élu sous la bannière néodémocrate pour la première fois en 2007, ne sera plus le seul représentant québécois de sa formation après les élections d’hier. On le voit ici avec ses partisans venus au Rialto le féliciter pour sa troisième victoire, cette fois contre le libéral Martin Cauchon.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Thomas Mulcair, élu sous la bannière néodémocrate pour la première fois en 2007, ne sera plus le seul représentant québécois de sa formation après les élections d’hier. On le voit ici avec ses partisans venus au Rialto le féliciter pour sa troisième victoire, cette fois contre le libéral Martin Cauchon.

Lorsque la vague orange a touché terre hier, elle s'était transformée en tsunami qui a dévasté le Bloc québécois, qui n'a même plus le statut de parti officiel aux Communes (12 sièges), ce qui le privera d'un budget de recherche et d'un temps de parole aux Communes. Le NPD de Jack Layton a ainsi fait une percée historique au Québec, alors que pas moins de 58 candidats étaient élus dans les 75 circonscriptions de la province. Un résultat plus fort que le Bloc québécois lors de sa meilleure élection, en 1993 (54 sièges).

Le Bloc québécois a subi hier une immense défaite aux mains du NPD, alors que le parti souverainiste n’était pas en mesure de conserver plus de 4 sièges. Même son chef, Gilles Duceppe, s’est fait montrer la porte par les électeurs de Laurier–Sainte-Marie, à Montréal, alors que la néodémocrate Hélène Laverdière l’a facilement emporté. Il a démissionné de son poste de chef.

La faiblesse de la machine néodémocrate n’a donc eu aucun impact hier soir. Le NPD a récolté 43 % des suffrages au Québec, devant le Bloc (23,4 %), le Parti conservateur (16,7 %) et le Parti libéral (14 %). Il s’agit du plus faible résultat du PLC au Québec dans son histoire. En 2008, le Bloc avait recueilli 38 % des voix, devant le PLC (24 %), le PC (22 %) et le NPD (12 %).

Les deux autres partis fédéralistes ont aussi fait les frais de la montée du NPD, alors que le Parti conservateur aura seulement 6 députés du Québec à Ottawa, soit le gouvernement majoritaire le moins représenté de l’histoire dans la province. Les ministres Lawrence Cannon, Jean-Pierre Blackburn et Josée Verner ont perdu leurs sièges, ainsi que les députés Sylvie Boucher et Daniel Petit. Les 6 conservateurs qui iront à Ottawa sont: Denis Lebel, Christian Paradis, Steven Blaney, Jacques Gourde, Maxime Bernier et Bernard Généreux.

Dans Portneuf-Jacques-Cartier, le député indépendant André Arthur a perdu son siège aux mains de la néodémocrate Élaine Michaud par 7500 voix.

Du côté libéral, seulement 7 candidats étaient élus ou en voie de l’être, soit 7 de moins que le 26 mars dernier. Les députés qui iront à Ottawa sont Justin Trudeau (Papineau), Denis Coderre (Bourassa), Stéphane Dion (Saint-Laurent-Cartierville), Massimo Pacetti (Saint-Léonard-Saint-Michel) et Marc Garneau (Westmount-Ville-Marie). De grosses pointures, comme Marlene Jennings (Notre-Dame-de-Grâce–Lachine) et Pablo Rodriguez (Honoré-Mercier), ont été emportées par la vague.

La catastrophe au Bloc

Du côté du Bloc québécois, c’est l’hécatombe. À peine 4 circonscriptions avaient survécu: Haute-Gaspésie–La Mitis–Matane-Matapédia (Jean-François Fortin), Bas-Richelieu–Nicolet–Bécancour (Louis Plamondon) et Richmond-Arthabaska (André Bellavance). Maria Mourani, dans Ahuntsic, échangeait la tête constamment avec la néodémocrate Chantal Reeves. Tard dans la nuit, elle était en avance et serait donc la quatrième élue du parti. Des poids lourds, comme Michel Guimond, Pierre Paquette, Daniel Paillé, Bernard Bigras et Christiane Gagnon, ont perdu leurs sièges. Le Bloc passe de 47 sièges à 4 députés.

La vague du NPD apporte à Ottawa quelques candidats néodémocrates de qualité en provenance du Québec. Outre Thomas Mulcair, Françoise Boivin (Gatineau), Nycole Turmel (Hull-Aylmer), Roméo Saganash (Abitibi–Nunavik–Baie-James–Eeyou), Claude Patry (Jonquière-Alma), Tyrone Benskin (Jeanne-Le Ber), Alexandre Boulerice (Rosemont–La Petite-Patrie) et Hoang Mai (Brossard-La Prairie) devraient faire bonne figure dans la capitale canadienne.

Malgré le fait qu’elle s’exprime difficilement en français, qu’elle n’a pas fait campagne et qu’elle a passé une partie des élections en vacances à Las Vegas, la candidate néodémocrate Ruth-Ellen Brosseau a été élue dans Berthier-Maskinongé, avec 6000 voix d’avance.
32 commentaires
  • Céline A. Massicotte - Inscrite 3 mai 2011 07 h 51

    Le Bloc: une défaite... disproportionnée (1)

    À Québec, la carte électorale ainsi que de notre système électoral non proportionnellement représentatif sont questionnés assez régulièrement, sans suite, mais bon... à Ottawa, ce n'est pas le cas et aujourd'hui on déduit que ce ne le sera jamais. Le Bloc Québécois s'est toujours accomodé de ce système qui, en plus de l'avoir favoriser à chaque élection l'a même propulsé au rôle d'oppositiion officielle, aux grand dam des Canadiens et des "grands partis". Mais dans ce jeu de dés électoral... le voici au troisème sous-sol.

    M. Harper, habilement n'a misé que sur l'économie, et sa manie du contrôle, le sien et celui de l'information, ne donnant aucune prise solide aux partis d'opposition; le NPD, lui, a misé sur sa seule valeur sûre, son chef, un survivant réjouissant, et le Bloc? Le Bloc, n'ayant semble-t-il aucune prise lui non plus, a misé sur son électorat captif, comme il le fut lui-même. En fin de course il a misé sur un cheval égaré sur la piste, la souveraineté, or les Québécois savent très bien que celle-ci ne se fera pas à Ottawa, et ils ont voté sur un coup de coeur misant sur un... improbable changement.

    Cet automne j'ai décidé de ne pas renouveler ma carte du Bloc, de ne plus lui accorder mon vote, mais depuis la reconnaissance boîteuse de la nation québécoise je doutais de l'utilité du ce parti à Ottawa et ce en fonction même de l'indépendance... Appuyer cette motion fumeuse "d'une nation dans un Canada uni", déguisant une défaite en victoire, allait à l'encontre de celle-ci; voter contre aurait été suicidaire: dans mon entourage plusieurs indépendantistes mous ou fédéralistes fraîchement convertis suite au référendum de '95, avaient été touchés... Par la suite, ce parti allait naviguer, un p'tit coup à gauche, un p'tit coup à droite, se fondant sur l'électoralisme. Ainsi a-t-on pu l'entendre affirmer que notre registre des armes à feu est plus efficace que l'américain!!!

  • Alain Carré - Inscrit 3 mai 2011 07 h 55

    Incroyable!

    Voici le message qu'on envoie aux futurs députés. Vous pouvez être en vacance, rien foutre de la campagne, avoir de la misère à parler la langue des gens du comté, rire des gens du comté, etc. Ça manque de sérieux. Mais ce n'est pas grave du tout, si votre chef est populaire, on va voter pour vous.

    Je crois qu'on devra vraiment mettre fin aux sondages qui influencent les gens. S'il n'avait pas eu de sondage, on aurait pas eu ce résultat car bien des gens ont décidés de suivre la vague.

  • JFB - Inscrit 3 mai 2011 07 h 58

    Merci NPD pour une majorité Harper!

    Merci NPD!
    M. Layton était tout sourire à son rassemblement hier. On voit que pour un parti progressiste, il se fout pas mal du bien commun. Il aurait dû être attristé par les résultats s'il n'était pas aussi opportuniste et carriériste que tous les autres. C'est la division du vote ontarien... à cause des gens qui ont voté pour son parti et du "changement" (lol) qu'on a finalement aucun changement et qu'on en aura toujours pas pour les prochaines 4 années et demi! Merci M. Layton pour cette majorité conservatrice!

  • PierreG - Inscrit 3 mai 2011 08 h 38

    pourquoi?

    Ce n'est pas une vague qui nous est tombée dessus. C'est ce que les Québécois ont choisi sous l'influence des médias. On parle beaucoup de démocracie mais en bout de ligne c'est les médias qui controlent le coeur des Québécois. C'est les médias qui ont créé cette vague et au Québec on va continuer à nager contre le courant.

    Pour du vrai changement il faut commencer avec du changement dans les médias. Des médias plus objectifs créeraient une atmosphère plus positive où au lieu de voter toujours contre quelque chose on voterait pour le meilleur.

    Le Canada est un des meilleur pays au monde et c'est pas juste à cause des gouvernements précédants ni à cause du système bancaire canadiens. Si les médias continue à ne pas vouloir reconnaître les qualités de nos leaders canadiens nous continuerons au Québec à nager contre le courant et chialer parce qu'on on pas ce qu'on veut.

  • Socrate - Inscrit 3 mai 2011 09 h 05

    francophones

    Une opposition entièrement francophone avec le NPD. Une bonne nouvelle malgré tout...