Congrès du PQ: les indépendantistes purs et durs signent une première victoire

Lisette Lapointe et Bernard Drainville lors du congrès du Parti québécois.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Lisette Lapointe et Bernard Drainville lors du congrès du Parti québécois.

Les indépendantistes purs et durs ont signé leur première victoire ce matin, au congrès du Parti québécois. Une de leurs propositions a été adoptée, pilotée par la députée Lisette Lapointe, l’épouse de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau.

Elle engage un gouvernement péquiste à réaliser et publier des études sur la souveraineté, comme il l’avait fait avant le référendum de 1995.

La chef Pauline Marois avait déjà dit qu’elle était favorable à l’actualisation des études, mais plusieurs membres de son caucus s’opposent comme elle à «faire de la stratégie ouverte».

Ils ont en mémoire les études sur la souveraineté publiées par le gouvernement Parizeau avant le référendum de 1995, qui avaient été démolies par le clan fédéraliste.
Néanmoins, les tenants de l’aile pure et dure prônent la «transparence». Lisette Lapointe estime que si les études n’avaient pas été produites à l’époque, le gouvernement n’aurait pas eu alors «la légitimité» pour distribuer le projet de loi 1 sur la souveraineté dans tous les foyers.

«Il faut qu’on dise aux gens: écoutez, vous nous élisez pour réaliser la souveraineté, a argué Mme Lapointe. Oui, il y a une stratégie de Mme Marois, nous sommes tous d’accord, mais pour renforcer notre démarche, la clarté de notre démarche, il faut expliquer aux gens.»

Des voix contre «la stratégie ouverte»


À l’opposé, le leader parlementaire, Stéphane Bédard, a rappelé que cette proposition avait déjà été rejetée par les instances régionales parce qu’elle revient avec «la stratégie ouverte», ce qu’il «faut éviter à tout prix».

«L’enjeu, ce n’est pas de faire des études, c’est de faire la souveraineté, a-t-il déclaré durant le débat. Lisez le programme libéral (...).Eux (les libéraux) ne disent pas comment ils vont faire pour bloquer notre accession à la souveraineté. On va dire à nos adversaires ce qu’on va faire. Il me reste un peu de candeur, mais plus de naïveté.»

Les délégués ont finalement voté pour la proposition à 141 contre 78. Ils se sont ainsi rangés du côté de Félix-Antoine Michaud, un des jeunes péquistes qui avaient déjà mené une fronde contre Pauline Marois en vantant plutôt le chef bloquiste Gilles Duceppe.

«On n’est pas obligé d’utiliser les mêmes techniques que le Parti libéral, parce que, ce qu’on s’en va faire, ce n’est pas un projet politique comme les autres, c’est un pays, a-t-il plaidé. Ça commande d’être clair envers la population.»

Pas par tous les moyens

Les indépendantistes pressés ont ainsi savouré leur victoire, eux qui avaient dû reculer précédemment sur un autre aspect: ils voulaient faire adopter une proposition selon laquelle un gouvernement péquiste utilisera «tous les moyens mis à sa disposition pour promouvoir et préparer» la souveraineté.

Pour le président de la commission politique, Daniel Turp, cela voulait dire notamment le recours aux fonds publics pour financer la cause, une question délicate que les libéraux ne manquent pas de reprocher à leurs adversaires.

Les délégués ont toutefois rejeté la proposition, se rangeant plutôt en faveur d’une formulation plus générale et consensuelle. Un gouvernement péquiste s’engagera donc «à promouvoir et préparer la souveraineté, en expliquant au fur et à mesure de son action gouvernementale, la nature et les avantages de la souveraineté politique (...)».
14 commentaires
  • Jacques Dubreuil - Inscrit 16 avril 2011 14 h 59

    stratégie ouverte

    Je ne comprends pas pourquoi faire de la stratégie ouverte n'est pas bon.

    N'est-ce pas la meilleur moyen de rendre la liberté du Québec séduisante pour l'ensemble du peuple québécois? Et faire connaître notre objectif de souveraineté?

    N'est-il pas emballant, notre projet de pays à bâtir, à faire naître?

    Pourquoi nos élites ne le crieraient-ils pas sur tous les toits?

    Ce genre d'attaque n'est-il pas la meilleure défense contre les fanatiques fédéralistes qui exploitent le Québec sans vergogne?

  • France Marcotte - Inscrite 16 avril 2011 15 h 25

    Peur de réussir des impurs et mous?

    "Un gouvernement péquiste s’engagera donc «à promouvoir et préparer la souveraineté, en expliquant au fur et à mesure de son action gouvernementale, la nature et les avantages de la souveraineté politique (...)»."

    Me semble que cette résolution n'implique pas nécessairement de faire de l'imprudente stratégie ouverte tout en permettant certainement de redonner aux Québécois le goût de ce grand projet.

  • Roland Berger - Inscrit 16 avril 2011 15 h 57

    Une stratégie ?

    Expliquer les raisons qui militent en faveur de la souveraineté politique du Québec ne relève pas de la stratégie, pas de la stratégie politique en tous cas. Dommage que ces éclaircissements ne viennent pas d'un groupe d'indépendantistes politiquement partisan. Ils seraient plus crédibles. Au cas où entendre parler de Québec solitaire ne soulèverait pas de nausée chez le lecteur, il importe de souligner que ce parti s'est déjà engagé dans cette voix.
    Roland Berger

  • Marc Palardy - Inscrit 16 avril 2011 16 h 03

    Congrès du P.Q.

    Pourquoi toute cette perte de temps à rêver d'un pays. Nous en avons un pays qui se nomme Canada. Ce Canada avec toutes ses qualités et ses défauts reste encore un des plus, si non le pays le plus envié du monde.
    Le Bloc nous serine que depuis la fin de la dernière guerre mondiale, plus de 100 États se sont affranchis et sont maintenant représentés à l'ONU. Dans combien de ces pays les séparatistes purs et durs accepteraient-ils de s'établir avec armes et bagages tout en jetant leur passeport canadien à la poubelle?
    Où un Québec indépendant irait-il trouver les milliards de péréquation reçus du reste du Canada?

  • I. Belanger - Inscrit 16 avril 2011 16 h 35

    Non, pas encore la péréquation !

    @Monsieur Palardy

    Amusez-vous à lire le National Post et redites-moi tout ça sans rire !
    Je n'avais jamais été particulièrement nationaliste, ni particulièrement fédéraliste, mais les anglophones du Canada ont un tel mépris du Québec que ça donne juste envie de s'en aller.

    Pour ce qui est de la péréquation, c'est juste une invention pour nous faire sentir redevables envers le Canada. La plus grande partie de la somme que nous recevons provient de nos propres impôts fédérals, ceux-là même qui sont enlevés de votre paie et de la mienne. Je n'ai pas les chiffres exacts de 2010, mais voici une excellente analyse des chiffres de 2004 provenant du gouvernement fédéral lui-même. La situation ne devrait pas être très différente aujourd'hui.

    http://www2.parl.gc.ca/Content/LOP/ResearchPublica