Les frontières incertaines: un obstacle au développement du Québec

Selon le géographe Henri Dorion, de la baie James à la baie d’Ungava, «à marée haute, on est au Québec. Et à marée basse, on en sort!»<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Jonathan Hayward Selon le géographe Henri Dorion, de la baie James à la baie d’Ungava, «à marée haute, on est au Québec. Et à marée basse, on en sort!»

Québec — Quand il parle du Plan Nord, Jean Charest aime bien évoquer ces «ports en eaux profondes à notre extrémité nordique où mouilleront des navires en transit entre l'Europe et l'Asie», pour reprendre une phrase de son discours inaugural du 23 février. Dans le budget Bachand, on annonçait même des «études en vue de la construction» d'un tel port à Whapmagoostui-Kuujjuarapik, dans la baie d'Hudson.

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15 commentaires
  • Léonce Naud - Inscrit 2 avril 2011 06 h 15

    Territoire et nation

    Tout comme en France avant la Révolution de 1789, la "souveraineré" québécoise se vit en termes non spatialisés. Les Canadiens-français (et bon nombre de Québécois) pensent encore comme des gens de l'Ancien Régime.

    Or, dans son livre remarqué sur "L'idéologie nationale", Jean-Yves Guiomar soulignait que deux signes sont en position centrale dans une nation : le territoire et son nom.

    Guiomar: "Si l'on tient compte du fait qu'entre la fin du Moyen Âge et le XVIIIe siècle, les habitants du royaume, même dans les classes dominantes et les milieux du gouvernement, n'avaient qu'une idée des plus vagues de la configuration du royaume de France (et par là même des royaumes voisins), on doit convenir au total que la connotation du nom de 'France' s'est considérablement modifiée à l'époque de la Révolution, où l'élaboration et la grande diffusion de cartes de France précises progresse considérablement."

    "Sous l'Ancien Régime, 'France' n'avait de signification que pour une petite minorité et connotait essentiellement un ensemble structuré autour du roi. L'État était un ensemble de droits de nature diverse bien plus qu'une structure juridique uniformément appliquée à un territoire clos. Lorsque la Révolution trace une frontière linéaire, 'France' devient le signifiant de ce territoire clos."

    Voilà pourquoi, lorsqu'on demande une carte du Québec à l'État québécois, ses braves fonctionnaires suggèrent fréquemment...une carte routière.

  • Franfeluche - Abonné 2 avril 2011 08 h 54

    C'est curieux

    Il est tout de même curieux que seul le Québec se trouve dans cette situation.
    Que le gouvernement fédéral refuse de reconnaître la frontière du Québec au Nunavut en invoquant une question de sécurité nationale, est une absurdité.
    Que 80% des frontières du Québec ne soient pas définies, c'est inadmissible !
    Évidemment, il va s'en trouver pour dire que nous sommes des chiâleux toujours revendicateurs et jamais satisfaits. Or, combien de provinces du Canada accepteraient sans réagir une telle situation !

  • Roland Berger - Inscrit 2 avril 2011 11 h 14

    À Franfeluche

    « [...] combien de provinces du Canada accepteraient sans réagir une telle situation ! (?), interrogez-vous. Évidemment aucune. Seuls les Québécois ont opté pour le suicide identitaire en s'obstinant à se montrer « bons garçons » (et « bonnes filles » depuis quelques décennies). Pourquoi contester des décisions bassement matérielles quand on a le ciel en partage.
    Roland Berger

  • Malartic - Inscrit 2 avril 2011 11 h 40

    Drole de port!...

    Si la maré est assez imposante pour faire changer la frontière je me demande si l'endroit est propice a un port de mer. Ce changement de frontière me porte à croire que la profondeur laisse à désiré et qu'en conséquence le tirant d'eau des bateaux serait limité à pas trop profond sous peine de s'échouer. Pour ce qui est de la frontière avec le Labrador, le gouvernement qui avait la responsabilité et le droit de la décision finale est le Conseil Privé, en Angleterre. Dans le BNA Act il est écrit qu'en cas de divergence sur l'interprétation des textes, le Conseil Privé était l'authorité supême en la matière et comme la frontière est du Québec n'était pas plus défini que sa frontière nord, la réponse pouvait venir du Conseil Privé. Fin de discussion utile. Quiconque a pu lire le BNA Act se rendra compte qu'il n'y a rien de prévu pour les modification à cette loi britannique, par les canadien.
    Hé! Oui, le BNA Act était une loi Britannique jusqu'en 1982.

  • Mathieu Jacques - Inscrit 2 avril 2011 13 h 00

    Nuance!


    Enfin, ce fait absurde est finalement publié et bien expliqué! Toutefois, je me dois de faire certaines nuances m'ayant toujours intéressé à cette question. Premièrement, le Québec n'est pas la seule province à vivre sous ce type de frontière absurde.

    En 1912, on a étendu aussi les frontières de l'Ontario et du Manitoba. Ces deux provinces possèdent aussi une frontière le long des rives, ce qui fait qu'un ontarien ou manitobain qui se baigne à marée quitte aussi sa province. Si jamais, le Québec conteste, ces provinces vont peut-être réagir aussi qui sait...

    Il est intéressant aussi de voir qu'une entente est intervenue entre les inuits du Québec, le Nunavut et le Fédéral pour le partage des ressources au delà de la côte, mais le Québec n'est pas parti.
    http://www.ainc-inac.gc.ca/ai/mr/nr/j-a2007/2-2855

    Bref, s'il old harry avait été au nord du Québec à 100 mètres de la côte, il est certain que le Québec n'aurait pas au un cent de redevance étant donné la situation actuelle. Cette situation devrait nous préoccuper davantage!