Les droits de scolarité seront haussés de 325 $ par an jusqu’en 2016-2017

Manifestation d'étudiants contre la hausse des droits de scolarité, en décembre dernier à Montréal.
Photo: Yan Doublet - Le Devoir Manifestation d'étudiants contre la hausse des droits de scolarité, en décembre dernier à Montréal.

Comme prévu, les étudiants devront mettre l’épaule à la roue pour redresser la situation financière des universités québécoises. Et ils promettent déjà une mobilisation d’envergure pour faire reculer le gouvernement.

Le budget du ministre des Finances Raymond Bachand prévoit en effet une augmentation des droits de scolarité de 325 $ par an, chaque année, jusqu’en 2016-2017.

Ces frais, qui sont actuellement de 2168 $ en 2011-2012, atteindront donc 3793 $ en 2016-17.

Le document budgétaire mentionne que malgré ces hausses, les droits de scolarité au Québec demeureront parmi les plus bas au Canada.

Avec ces hausses, la contribution des étudiants au coût de leur formation passera de 12,7 pour cent qu’elle est actuellement à 16,9 pour cent en 2016-17.

Il est aussi prévu qu’après 2016-2017, les droits de scolarité seront indexés au même titre que les tarifs des services publics.

Le gouvernement prévoit également une nouvelle politique tarifaire pour les étudiants étrangers et les étudiants canadiens non résidents du Québec.

«Les étudiants feront leur juste part», a conclu le ministre Bachand, au cours d’une rencontre avec la presse pour donner plus de détails sur son budget 2011-2012.

Hausse vertigineuse

Les étudiants sont carrément outrés de ce qu’ils qualifient de «hausse vertigineuse». Les fédérations étudiantes collégiales et universitaires revendiquaient un gel des droits de scolarité.

En entrevue, le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Louis-Philippe Savoie, a prédit une désaffection des étudiants des classes moyennes. «C’est clair qu’on va perdre du monde des bancs d’école strictement pour des raisons financières. Et le Québec ne peut pas se permettre ça à l’heure actuelle», a-t-il tonné.
Il a promis un combat de tous les instants. «Les étudiants vont se mobiliser pour faire reculer ce gouvernement-là. Et ça commence demain», a prévenu M. Savoie.

Son collègue président de la Fédération étudiante collégiale, Léo Bureau-Blouin, renchérit. «Ça va être un automne des plus chauds et un hiver chaud. Il va y avoir des pressions jusqu’à ce que le gouvernement recule.»

Ultimement, en 2016-2017, le gouvernement assumera 51,4 pour cent du financement des universités, les étudiants 16,9 pour cent, les autres sources de revenus 16,3 pour cent, le gouvernement fédéral 12 pour cent et les dons et legs 3,4 pour cent.

De même, 35 pour cent des revenus provenant de la hausse des droits de scolarité devra être redistribué en aide financière aux étudiants. L’idée est d’atténuer les effets négatifs de la hausse des droits de scolarité sur l’accessibilité à l’université pour les étudiants provenant de familles à revenus modestes.

De plus, les universités seront invitées à aller chercher davantage de revenus sous forme de dons de la part des particuliers et des entreprises.

Elles devront également trouver d’autres sources de revenus, provenant de la recherche, de la formation continue et des services auxiliaires.

Le ministre Bachand estime que les universités, par ces divers moyens, devraient toucher des revenus additionnels de 850 millions $ en 2016-2017.

«Le Québec est la province qui finance le plus ses universités», a soutenu le ministre Bachand.

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