Le PQ veut que les députés discutent de l'utilisation de l'amiante

Québec — Le Parti québécois souhaite que l'Assemblée nationale débatte de l'utilisation de l'amiante et des risques liés aux exportations de ce minerai vers des pays en développement.

Les députés péquistes Scott McKay et Agnès Maltais ont réclamé cette semaine qu'un mandat soit confié à ce sujet à la Commission de l'agriculture, des pêches, de l'énergie et des ressources naturelles.

Lors d'une entrevue à la Presse canadienne, M. McKay a affirmé que les nombreuses interventions d'organismes de santé publique, au cours des derniers mois, ont soulevé des interrogations sur l'utilisation sécuritaire de l'amiante, au Québec ou à l'étranger.

«On devrait se poser des questions et remettre à jour les connaissances», a-t-il dit.

Dans une lettre transmise jeudi au président de la commission, le député libéral Pierre Paradis, les deux députés péquistes affirment que des experts devraient être entendus à propos des différentes facettes de l'utilisation de l'amiante.

Cette initiative survient alors que la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a fait volte-face en se prononçant contre le développement de cette industrie.

Le gouvernement du premier ministre Jean Charest étudie depuis des mois une demande d'aide financière pour la relance d'une mine d'amiante dans les Cantons-de-l'Est, ce qui lui a valu de virulentes mises en garde de la part d'opposants.

M. McKay a été très prudent dans son analyse de la situation, se limitant à expliquer que des points de vue contraires se sont multipliés récemment quant aux possibilités d'utiliser ou non l'amiante, un produit cancérigène.

«Ce sont deux positions qui sont absolument aux antipodes et nous, on n'est pas en mesure de tirer une conclusion là-dessus», a-t-il dit.

En avril dernier, les libéraux ont rejeté une motion de Québec solidaire, appuyée par le PQ, réclamant qu'une commission parlementaire soit mandatée afin de débattre des risques liés aux exportations d'amiante dans les pays en développement, où les normes de sécurité du travail peuvent être difficiles à faire respecter.

À Montréal, le conseil confédéral de la CSN a voté hier pour une résolution recommandant de ne plus appuyer de nouveaux projets d'expansion de mines d'amiante québécoises.

La CSN s'est aussi engagée à discuter avec d'autres syndicats afin de proposer un échéancier de reconversion pour les personnes travaillant dans cette industrie, «le tout dans une perspective d'enclencher les débats qui s'imposent avec les deux ordres de gouvernement sur le bannissement de l'amiante».

Le vice-président de la CSN, Roger Valois, a expliqué que les dangers proviennent surtout des opérations de transformation de l'amiante, une fois le minerai extrait du sous-sol.

«Même au Québec, des petites usines de transformation ne réussissent pas à le faire avec les normes prévues par la loi, a-t-il dit. Quand on l'exporte en Inde, où les conditions de travail sont épouvantables [...], ces gens-là sont très vulnérables.»

M. Charest s'est dit surpris, hier, que la CSN ait changé sa position après avoir soutenu, comme le gouvernement et d'autres syndicats, que l'amiante peut être utilisé de façon sécuritaire.

Lors d'un point de presse à Sherbrooke, M. Charest a soutenu qu'une «forte majorité» de députés croient que l'amiante chrysotile peut être utilisé sans danger pour la santé grâce à des mesures de sécurité.

«La vraie question c'est: est-ce qu'on peut prendre les mesures nécessaires pour assurer la santé et la sécurité des gens, et la réponse est oui», a-t-il dit.

Concernant une garantie de prêt de 58 millions nécessaire pour relancer la mine Jeffrey d'Asbestos, M. Charest a affirmé que la balle est dans le camp du consortium qui souhaite se porter acquéreur de l'installation.