Plan de services aux aînés - Des millions pour permettre aux Québécois de vieillir en santé

Selon le souhait formulé par les Québécois, le soutien à domicile constitue la pierre angulaire du plan dévoilé hier, a dit Jean Charest.<br />
Photo: Selon le souhait formulé par les Québécois, le soutien à domicile constitue la pierre angulaire du plan dévoilé hier, a dit Jean Charest.

Laval — Un premier ministre, trois ministres et une poignée de députés. Le gouvernement Charest a dépêché un fort contingent politique hier à Laval pour le dévoilement de son plan de services aux aînés. Le plan de 150 millions cette année (200 millions récurrents par la suite) a été qualifié de «pas dans la bonne direction» par le milieu, mais accueilli avec colère par l'opposition officielle, qui y a vu du «recyclage».

Selon le souhait formulé par les Québécois, le soutien à domicile constitue la pierre angulaire de ce plan, a dit le premier ministre Jean Charest. «On vous a entendus», a-t-il soutenu en formulant le voeu que le Québec cesse «de mettre problème et vieillissement ensemble». «Le vieillissement de la population, c'est une bonne nouvelle. [...] On a ajouté 30 ans de vie, pas 30 ans de vieillissement.»

Québec a prévu 50 millions cette année pour rehausser son réseau de soutien à domicile, qui fait figure de parent pauvre au Canada. C'est encore trop peu de l'avis des gens du milieu. La semaine dernière encore, la directrice générale de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Lise Denis, évaluait les besoins immédiats à 100 millions. «Là, on est à 50 millions, on peut faire un bout de chemin, mais il va falloir aller plus loin.» Le coprésident de la consultation sur les aînés, le

Dr Réjean Hébert, a déjà estimé les besoins à 500 millions de dollars.

Annonces recyclées

La porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé, Agnès Maltais, a pour sa part rappelé qu'en mars 2008, la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, dévoilait un plan de 400 millions de dollars répartis sur cinq ans pour les soins à domicile, soit 80 millions de dollars par année. Or ces montants n'ont pas été versés en 2009-2010 ni en 2010-2011. «C'est gênant de voir comment le gouvernement libéral nous prend pour des valises», a réagi Mme Maltais, qui l'accuse de «recycler ses annonces».

La ministre Blais s'en est bien défendue. «Ça s'ajoute! Bien sûr que ça s'ajoute!» Idem pour les 14 millions annoncés hier pour la création de 200 places en unité de récupération fonctionnelle, les 81 millions destinés aux ressources intermédiaires (RI) et les 50 millions dédiés aux Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Enfin, cinq millions serviront à mettre en oeuvre certaines recommandations du rapport Bergman sur l'alzheimer, près de deux ans après son dépôt officiel.

Pour le ministre de la Santé, Yves Bolduc, toutes ces actions auront un impact positif sur le réseau public. «La solution aux problèmes des urgences passe en premier par la prise en charge des aînés.» La transformation se fera en deux temps. «On va commencer par corriger les écarts entre les régions», l'offre sera ensuite bonifiée dans toutes les régions.

Mieux que rien

Il y a des choses intéressantes dans ce plan, mais cela ne suffira pas à remettre les soins à domicile et de longue durée sur les rails, a estimé Paul G. Brunet, président du Conseil pour la protection des malades. «Remarquez, c'est mieux que rien. Mais le vrai défi, c'est que cet argent serve vraiment au bon endroit. Ma peur, c'est que ça se perde dans les agences.»

Cette crainte est partagée par Pierre Blain, directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU). Son organisme s'est engagé hier à surveiller le déploiement des mesures afin de voir si elles répondent aux besoins réels. M. Blain a aussi soulevé le problème de la pénurie de main-d'oeuvre. «Le ministre [Bolduc] a raison de dire qu'il y a des services qui peuvent être donnés par des bénéficiaires ou des auxiliaires, mais je dis: attention, pas les soins.»

Au réseau FADOQ, le directeur général, Danis Prud'homme, a parlé d'un «début de bonne nouvelle». Il y a des ajouts réels, mais il y a aussi du rattrapage, a-t-il rappelé. L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic calcule pour sa part que le gouvernement rate la cible en matière d'hébergement avec 800 places en CHSLD. Elle en réclame plutôt 5000.

L'Association des retraitées et retraités de l'éducation et des autres services publics du Québec a quant à elle déploré le fait que le plan laisse en suspens la question irrésolue des règles régissant les résidences privées. La ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, a promis une annonce bientôt à ce sujet.
10 commentaires
  • Claude Kamps - Inscrit 4 mars 2011 07 h 26

    Quand mon CLSC

    redeviendra fonctionnel, avec au moins des médecins (aucun pour le moment) qui seront payés convenablement et pas rien que des cours pré-nateaux et des prises de sang, le service à domicile avec garde médicale rapprochée sera efficace.

    Les seules qui ont mon dossier informatisé c'est l’hôpital de la région !

  • Jacques Morissette - Inscrit 4 mars 2011 07 h 58

    Selon l'opposition, Les libéraux recycler les annonces.

    Jean Charest est un politicien astucieux. Il a des objectifs en tête, mais je pense qu'il ne sait pas trop quoi. C'est du moins ce que je lui ai entendu dire un moment donné devant des journalistes. Donc, je croirais que c'est un politicien qui avance en louvoyant.

    S'il fait ce genre d'annonce, c'est pour faire taire la meute. Ce sont ses vrais objectifs que j'aimerais bien savoir, mais il ne le sait même pas lui-même. Attention, le Québec, et le bas degré de satisfaction des québécois envers Charest l'annoncent déjà, va probablement naviguer encore plus en eau trouble.

    Il ne faudrait pas se fier aux annonces de Jean Charest. Ce n'est pas du concret. Par exemple, du concret, un peu comme Monsieur Kamps le dit, entre autres, c'est lorsqu'on verra un peu plus de médecins dans les CLSC qu'il y en aura. Les propos de Monsieur Charest ne valent à peu près rien. Ce n'est que pour nous endormir, et, comme je le disais lus haut, il louvoie pour parvenir à des fins politiques qu'il ne connait pas encore lui-même.

    Bref, tout bien considéré, nous sommes en train de suivre un aveugle.

  • Diane Blaquiere - Inscrit 4 mars 2011 08 h 18

    Une taloche ou un diplôme?

    À 61 ans, sans emploi, je repars en affaires. 550$ de rentes et un REER qui comble l'écart difficilement car à 4 ans de ma retraite j'ai reçu mon bleu. 4 ans de moins à contribuer et 4 ans de plus à piger dans mes économies. Je perd sur deux tableaux....comme beaucoup d'autres devenus indésirables au travail pour faire des places aux x et aux y qui meurent d'ambition avec des cartes de crédits pleines à rebords. L'économie doit rouler !!!

    Chaque fois que le gouvernement annonce une nouvelle mesure, le coeur me manque. Je paye depuis l'âge de 12 ans.....et jamais je ne récupérerai ma contribution ni quantitativement, ni qualitativement.

    Comment vais-je rester à domicile quand aucun programme solide d'aide à l'emploi n'existe pour financer les ABUS des politiciens en quête de popularité mais complètement déconnectés des réalités du terrain? JE VEUX TRAVAILLER PAS QUÊTER !!

    Quand y aura-t-il un dialogue entre le cerveau gauche et le droit de ces universitaires pour y mettre du sens. Le petit peuple décroche, travaille au noir et perd les pédales quand dans le ciboulot de ces diplômés aux acronymes ronds-de-cuir les valeurs déraillent complètement. Ils ont étudié longtemps certes mais à quoi sert l'éducation si on ne produit que des incompétents qui ne comprennent même pas encore le sens profond de leurs questions d'examens?

    Je retourne au lit, c'est trop déprimant à ce temps-ci de l'année. J'en profite pendant que j'en ai encore un bien à moi.

    Je suis valide, j'ai économisé du mieux que j'ai pu. Je suis seule à subvenir et je suis prête à encore créer de la valeur. Pourtant, je n'entend parler que de CHSLD et de prison à domicile. Comme si vieillir était une maladie qui condamne à dépendre de l'état même en pleine santé. Et on est une méchante gang comme ça!

    Faites le calcul.....200 millions de $ (récurrents) divisés par 2 millions de vieux (ce qui est beaucoup même pour le baby boom) c'est 100$ par per

  • Nicole Lamarre - Inscrit 4 mars 2011 08 h 48

    Une autre farce

    Soins à domicile????
    Quand tu as 75 ans, tu as besoinn de qu'un bain par semaine et 2 visites du CLSC pour te faire demander: ça va Madame ou Monsieur, même si dans la maison ça sent mauvais et que l'hygiène est déficiente.
    Ce sont des personnes en perte d'autonomie, qui ont besoin ( 24 heures sur 24) de supervision et d'aide pour tous les petits besoins au quotidien ( hygiène, habillement, nourriture, entretien..........)
    Là le gouv. va leur offrir de l'isolement et de la misère sociale pour s'en débarasser.
    Oui il y a des personnes qui sont assez en santé et active et bien entourer pour s'occuper d'eux mais ce n'est pas la majorité.
    Je ne crois pas au promesse du gouvernement, dans le centre ou je travaille ils viennent de fermer des lits de longue durée. Les CLSC je n'en parle même pas ????? Des millions qui vont être dépensés en étude et en réunion......

    La solution le milieu........... peut-être.

  • Yvon Bureau - Abonné 4 mars 2011 10 h 49

    Et le mourir chez soi

    Se souvenir que c'est le souhait de la très grande majorité des finissants de la vie.

    Et si nécessaire d'aller à l'hôpital pour mourir, aller directement dans un lit de fin de vie, ÉVITANT les urgences, pour le bien de tous.


    www.yvonbureau.com