Québec investit 3,9 milliards dans le réseau routier de la province

Le ministre des Transports, Sam Hamad, souligne que tout a été mis en oeuvre pour limiter l'impact sur la circulation.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre des Transports, Sam Hamad, souligne que tout a été mis en oeuvre pour limiter l'impact sur la circulation.

Québec — Encore cette année, le réseau routier fera l'objet d'investissements massifs avec pas moins de 3,9 milliards d'investissements. Un grand chantier qui risque de faire maugréer bien des automobilistes.

«La prochaine saison ne fera pas exception: on maintient la cadence!», a annoncé fièrement le ministre des Transports, Sam Hamad, en soulignant que tout avait été mis en oeuvre pour limiter l'impact sur la circulation. «C'est comme une vieille maison. Ça fait 30-40 ans qu'elle est là. [...] C'est dérangeant, mais il faut qu'on passe par là.»

Au total, pas moins de 800 infrastructures seront touchées par les travaux, et ce, sur 2000 kilomètres de routes. Avec 3,9 milliards d'investissements, on injecte dans le réseau 300 millions de moins que l'an dernier, un écart attribuable à la fin de l'aide financière en provenance du gouvernement fédéral, a justifié le ministre, à Montréal. Malgré tout, c'est encore beaucoup plus que ce que le ministère réservait au réseau au début des années 2000, a-t-il précisé plus tard à Québec.

Une grande part des investissements sont destinés à des réparations et à l'entretien des routes (849 millions) et des structures (1,14 milliard). On consacre tout de même 1,17 milliard au développement du réseau, à l'ajout de nouvelles artères et de voies supplémentaires sur les autoroutes existantes.

Lorsqu'on lui demande s'il ne favorise pas ainsi l'étalement urbain, le ministre répond que «la circulation a augmenté» depuis les années 1960 et qu'«il y a un besoin». On aurait tort, ajoute-t-il, d'opposer les automobilistes et le transport en commun. «Le transport en commun, c'est une bonne chose pour toutes sortes de raisons, mais, en même temps, il va toujours y avoir une femme monoparentale, une maman ou un papa qui, le matin, est obligé de prendre l'auto pour aller porter l'enfant puisque le transport en commun ne répond pas nécessairement au besoin.»

Parmi les grands projets routiers au Québec, on note le prolongement de l'autoroute 35 en Montérégie, de même que la 410 à Sherbrooke. Le réaménagement de l'échangeur Charest-Robert Bourassa à Québec sera poursuivi, de même que la construction de l'autoroute 85 dans le Bas-Saint-Laurent et de l'autoroute 73 dans la Beauce.

Ces investissements portent exclusivement sur les travaux et n'incluent pas toutes les études, tous les plans, et travaux d'ingénierie au programme du ministère pour 2011-2012, a-t-on expliqué.

Collusion?

Hier, la Fédération des chambres de commerce et l'Association des ingénieurs-conseils ont toutes les deux salué les nouveaux fonds injectés dans le réseau. Or du côté du Parti québécois, on n'a pas manqué de rappeler les scandales qui ont secoué le secteur.

«Il est consternant de voir le ministre Hamad se péter les bretelles comme il l'a fait aujourd'hui. Il n'y a rien de réjouissant à voir un ministre être fier d'annoncer que les Québécois vont voir un milliard de leurs taxes et impôts cette année se diriger directement dans les mains d'un système de collusion», a critiqué le député péquiste responsable des dossiers de transport, Nicolas Girard.

«Poussé dans les câbles depuis cinq ans, [le gouvernement Charest] a été forcé de créer une unité anti-collusion au sein même du ministère des Transports du Québec. C'est donc admettre que cela existe», a-t-il soutenu.

***

Avec La Presse canadienne

À voir en vidéo