La CAQ pourrait plonger dans l'arène politique

François Legault a rendu public le manifeste de la CAQ ce matin.<br />
Photo: Yan Doublet - Le Devoir François Legault a rendu public le manifeste de la CAQ ce matin.

Québec — François Legault n'exclut pas de transformer la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ) en parti politique. C'est ce qu'il a précisé ce matin alors qu'il rendait public le manifeste de cette coalition, en compagnie de l'homme d'affaires Charles Sirois et de huit des 12 signataires du manifeste.

La publication de ce texte marque le début d'une consultation que la CAQ compte mener dans l'ensemble du Québec. À l'issue de celle-ci, a indiqué M. Legault, un «plan d'action» sera présenté à l'automne 2011. Si ce dernier remporte l'appui de la population, la CAQ pourrait alors plonger dans l'arène politique. M. Legault a précisé qu'il évaluera l'appui de la population par l'entremise de son site Internet et des comptes Twitter et Facebook.

Nationaliste et non souverainiste

Ancien ministre péquiste, M. Legault a expliqué qu'il ne se définissait plus comme un souverainiste, mais  comme un nationaliste. «Il faut sortir du déni et prendre acte de l'état des lieux au plan constitutionnel. À moins d'événements que rien ne laisse présager, ni un renouvellement constitutionnel qui satisferait une majorité, ni la souveraineté n'adviendront dans un avenir prévisible», peut-on lire dans le manifeste.

M. Legault et ses cosignataires souhaitent toutefois que la langue française au Québec soit mieux protégée et que la loi 101 soit appliquée plus fermement. L'ancien ministre ne souhaite toutefois pas que la loi 101 soit appliquée au collégial.

Le financement des activités de la CAQ respectera les nouvelles dispositions de la loi électorale québécoise qui impose un plafond de 1000 $ à tout électeur qui veut contribuer à une formation politique. Même M. Legault n'y consacrera pas davantage, a-t-il précisé.

Dans son manifeste, la CAQ fait de l'éducation sa priorité numéro 1. M. Legault souhaite proposer un «nouveau pacte» avec les enseignants: ces derniers accepteraient d'être davantage évalué moyennant une hausse substantiel de leur salaire. M. Legault s'est dit conscient que les syndicats du monde de l'éducation ne seront pas chauds: «C'est sûr qu'on s'attaque à gros.»

M. Legault, qui a été ministre de l'Éducation au moment de l'implantation de la réforme du début des années 2000, a par ailleurs soutenu que dans l'implantation de la réforme, il y avait eu de «petits dérapages», notamment l'adoption de bulletins difficilement compréhensibles par les parents.

Pas d'étiquette

Souvent associé au centre-droit, se disant lui-même issu de la «gauche efficace», M. Legault dit refuser toute étiquette. Son but, a-t-il expliqué est de réunir des personnalités de tous les secteurs de la société afin de s'attaquer aux problèmes les plus pressants du Québec. À son sens, le Québec a perdu confiance en lui-même et dans sa classe politique. Une coalition comme la sienne pourrait rebâtir cette confiance.

Pour prendre connaissance du manifeste de la coalition: le site Internet.

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33 commentaires
  • akratique - Inscrit 21 février 2011 12 h 43

    Ouais

    La montagne qui accouche d'un pétard mouillé.

  • Jean Lapointe - Abonné 21 février 2011 12 h 46

    Pourquoi la perte de confiance en nous-mêmes?

    Le Québec ce n'est pas une personne. Il ne peut ni avoir ni ne pas avoir confiance en lui-même.

    On peut donc penser que Legault pense aux Québécois quand il affirme cela, comme si c'était une vérité incontestable.

    Qui peut prétendre que c'est vrai?

    A quels Québécois songent-ils? Est-ce qu'il inclut les anglophones et les immigrés récents parmi eux? Ou bien s'agit-il uniquement pour lui des Québécois de souche canadienne-française?

    Et si c'est vrai qu'un bon nombre de ces derniers auraient perdu confiance en eux-mêmes, alors faudrait-il se demander pourquoi il en est ainsi.

    Il prétend que sa dite coalition ( c'est une coalition entre qui et qui?) pourrait rebâtir cette confiance.

    Jusqu'à maintenant je ne vois pas dutout comment il pourrait y arriver.

    D'ailleurs, je suis loin d'être certain que beaucoup de Québécois de souche canadienne-française auraient perdu confiance en eux-mêmes.

    Je me demande si ce n'est pas plutôt le contraire qui est le cas. Je constate au contraire qu'ils sont en général beaucoup plus sûrs d'eux-mêmes. Ils s'aiment davantage qu'auparavant. Mais bon nombre d'entre eux sont tannés. Ils sont écoeurés de subir les effets des niaisages des partis politiques au pouvoir depuis l'année 1995 en particulier.

    Est-ce nécessaire de rappeler les conneries des parties Libéral et Conservateurs fédéraux et celles du PLQ à Québec ?

    Ce n'est sûrement pas avec son approche technocratique que Legault va réussir à rallier le plus garnd nombre dans un projet commun.

    Un pays ce n'est pas une entreprise et encore moins quand il n'est pas complet.

  • Jean-François Laferté - Abonné 21 février 2011 13 h 06

    En 1999...Il disait ceci!

    En 1999,il disait...François Legault....


    "Donc, Mme la Présidente, après avoir dit que les enseignants ne travaillaient pas assez, qu'ils travaillaient moins qu'ils le disaient, qu'ils lisaient des revues.... Et peut-être qu'il pourra faire une conférence de presse autre que pour dire que les enseignants ne travaillent pas assez, qu'ils ne font pas assez d'heures et qu'ils lisent des revues."

    Réplique de Claude Béchard aux propos de François Legault dans le cadre de
    " Journal des débats de la Commission de l'éducation,Version finale,Retour à la liste des séances du Journal des débats, 36e législature, 1re session
    (2 mars 1999 au 9 mars 2001),Le vendredi 19 novembre 1999 - Vol. 36 N° 18,Interpellation : Le plan de réinvestissement du ministre de l'Éducation et vice-président du Conseil du trésor

    Dommage que les paroles s'envolent mais que les écrits restent....

    Jean-François Laferté
    Enseignant depuis 28 ans
    Terrebonne

  • Gebe Tremblay - Inscrit 21 février 2011 13 h 15

    Parlant de langue française...

    adj nationaliste [nasjɔnalist] qui est partisan de la prédominance d'un pays.

    Je suggère à M. Legault le terme "national".

  • Jean Francois - Inscrit 21 février 2011 13 h 33

    L'envole de la droite.

    Faire payer plus la classe moyene pour financer les projets public. Pourquois pas etablir un plafond salarial et utiliser les surplus pour payer l'education et la sante au lieu d'augmenter les tarifs d'Hydro-Quebec pour financer les projets.

    Nationalisons toute les ressources non renouvlable plus l'eau, assurons nous de faire payer les plus riches d'entre nous le meme pourcentage d'imposition que la classe moyenne et la nous aurons les moyens de financer notre systeme d'ecducation qui est en train de tomber en miette.

    Je tien a dire que l'education est le seul outils pour permettre au Quebec d'etre un endroit fort et economiquement rentable.