Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Aucune embellie pour Charest

Jean Charest
Photo: Agence Reuters Jean Charest

Les premières frappes de l'opération Marteau, la nomination de Diane Lemieux à la Commission de la construction du Québec, le mini-remaniement ministériel et l'accalmie sur le front des mauvaises nouvelles dans les dernières semaines n'ont pas suffi à ramener le gouvernement Charest dans les bonnes grâces de la population, selon un nouveau sondage Léger Marketing-Le Devoir.

Le taux de satisfaction envers le gouvernement demeure à un plancher historique, les intentions de vote n'ont pas augmenté pour le Parti libéral, et trois Québécois sur quatre exigent toujours une enquête publique sur l'industrie de la construction.

En janvier, 75 % des Québécois se disaient insatisfaits du gouvernement Charest. Ils sont maintenant 77 %. Moins d'une personne sur cinq (19 %) se dit satisfaite du travail du gouvernement.

Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing, affirme que la «crise de confiance» que traverse le gouvernement est «sans précédent». «C'est donc normal que les gens soient encore en colère. Ça va prendre beaucoup de bonnes nouvelles pour que le gouvernement s'en sorte. S'il réussit à s'en sortir», dit-il.

Les arrestations de la Sûreté du Québec et de son escouade Marteau sont insuffisantes aux yeux de la population pour comprendre et éradiquer la corruption et la collusion dans l'industrie de la construction, puisque 76 % des Québécois réclament encore une enquête publique. Il y a un an, en février 2010, lorsque Léger Marketing a posé la même question, la proportion était de 74 %. «Ça va prendre plus que quelques arrestations pour faire changer la population d'avis. C'est stable et solide depuis plus d'un an», dit Christian Bourque. À peine 16 % des 1000 répondants ne souhaitent pas une telle enquête.

Unité anticorruption permanente

Le gouvernement Charest pourrait-il répondre au désir des citoyens avec la mise en place d'une unité permanente anticrime organisé, comme il le promet depuis quelques semaines? Le gouvernement n'a toujours pas fait d'annonce officielle, mais laisse entendre qu'une escouade Marteau permanente destinée à enquêter sur le crime organisée, notamment dans le milieu de la construction, comme à New York, pourrait être la solution.

Notre sondage démontre que le gouvernement devra affronter un haut niveau de scepticisme, puisque 52 % des gens estiment qu'une telle unité serait insuffisante pour enrayer la corruption, la collusion et l'influence du crime organisé dans le monde de la construction. Ils sont 26 % à penser qu'une telle unité est la solution, alors que 22 % ne savent pas ou ont refusé de répondre.

Christian Bourque affirme que la clé pour le gouvernement réside dans les citoyens (22 %) qui ne se sont pas encore fait une idée sur le sujet. «C'est le concept du verre d'eau à moitié plein ou à moitié vide, dit-il. Si je suis au gouvernement, je suis content de voir qu'une personne sur quatre pense que c'est une bonne idée. Il reste à convaincre l'autre 22 % que c'est utile et que ce n'est pas une simple diversion. On aurait pu s'attendre à ce que les gens sceptiques soient aussi nombreux que ceux qui réclament une enquête publique, mais ce n'est pas le cas.»

Intentions de vote

Dans le volet des intentions de vote, réalisé en partenariat avec The Gazette, on constate que le paysage politique est stable.

Ainsi, le Parti québécois (PQ) récolte 34 % (-2 points depuis un mois), alors que le Parti libéral du Québec (PLQ) reçoit 28 % (-1 point). L'Action démocratique du Québec (ADQ) est créditée de 15 % (+1 point) et Québec solidaire de 9 % (-1 point). Le Parti vert est stable, à 7 %.

Chez les francophones, qui déterminent les résultats dans la vaste majorité des circonscriptions, le PQ domine, avec 40 %, suivi du PLQ, avec 20 %. L'ADQ récolte 17 %, notamment grâce à sa force dans la grande région de Québec, où le parti est en tête, devant le PQ (plus de détails sur les résultats, les questions et la méthodologie dans le document PDF sur notre site Internet).

À la question «Qui ferait le meilleur premier ministre?», les chefs sont encore malmenés, alors que 37 % refusent de choisir. Pauline Marois (19 %) est devant, suivie de Jean Charest (17 %), Amir Khadir (13 %) et Gérard Deltell (13 %).

Par contre, lorsqu'on isole les réponses des francophones, on constate que Jean Charest est bon dernier, avec 13 %. Pauline Marois (23 %), Amir Khadir (15 %) et Gérard Deltell (15 %) sont devant l'actuel premier ministre. «Le jugement est très dur envers Charest. C'est une crise de confiance, alors Charest incarne tous les problèmes», dit Christian Bourque.

Le sondage a été mené du 7 au 10 février, auprès de 1000 personnes. Le coup de sonde Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. Les données ont été pondérées selon l'âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité et la composition du foyer. Un échantillon probabiliste de la même taille présenterait une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.

À voir en vidéo