La dévitalisation évitée

Le Québec compte quelque 150 municipalités «dévitalisées»: leur population est en déclin et viellissante, elles ont assisté à la fermeture de leur unique école, l'épicerie et la station-service ont mis la clé sous la porte. De plus, plusieurs centaines d'autres villes sont en voie de dévitalisation.

Avec l'aide que le gouvernement leur a réservée ou encore grâce à des programmes comme les «laboratoires ruraux», certaines d'entre elles, à la faveur d'initiatives issues du milieu, sont parvenues à renverser la vapeur.

En 2005, l'école primaire de Saint-Joachim-de-Shefford, un village de 1100 âmes situé à 25 kilomètres de Granby, était périe: seulement cinq enfants étaient inscrits à la maternelle. Une enseignante, Valérie Daigle, appuyée par le maire René Beauregard, a eu l'idée de doter cette école primaire d'une vocation internationale: une première. Aujourd'hui, l'institution accueille près de 180 élèves, soit le double de la fréquentation passée. Des familles sont venues s'installer au village et par effet d'entraînement, une coopérative a rouvert le dépanneur qui avait fermé ses portes en 2006.

L'école de Saint-Magloire-de-Bellechasse, un petit village de 700 habitants à une heure de Lévis, était également menacée de fermeture. Les citoyens ont décidé de rénover des maisons qui avaient été abandonnées et de les proposer à des familles à prix réduit. On offrait également des emplois. Résultat: une cinquantaine de personnes de plus, dont plusieurs enfants, sont venues s'établir et l'école a été sauvée.

À Val-d'Espoir, en Gaspésie, les citoyens ont misé sur la gastronomie du terroir, avec un label écolo. Le laboratoire rural Produire la santé ensemble offre des repas «écogastronomiques» à base d'ingrédients locaux.

À Val-David, c'est l'épicerie Metro qui menaçait de quitter le centre du village pour se relocaliser à quelques kilomètres de là, sur la route 117. Les citoyens se sont mobilisés, l'administration municipale a accepté de payer pour le déplacement du presbytère et l'artiste René Derouin a proposé au propriétaire de l'épicerie d'orner le nouveau bâtiment d'une fresque.