Pour le PQ, l’arrivée de Bouchard et Lemieux ne change pas grand-chose

Pour Pauline Marois, «le travail a été mal fait par le gouvernement du Parti libéral, par le gouvernement Charest, c'est un véritable cafouillis, c'est lamentable et nous demandons toujours qu'il y ait un moratoire». <br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Pour Pauline Marois, «le travail a été mal fait par le gouvernement du Parti libéral, par le gouvernement Charest, c'est un véritable cafouillis, c'est lamentable et nous demandons toujours qu'il y ait un moratoire».

Le Parti québécois reste sur ses positions dans les dossiers des gaz de schiste et de la construction, malgré l'irruption de deux ténors péquistes, Lucien Bouchard et Diane Lemieux, dans ces deux sujets chauds.

Sur la nomination de l'ancien premier ministre à la tête de l'Association de l'industrie gazière et pétrolière, la chef Pauline Marois s'interroge: «Est-ce que ça change quoi que ce soit au fond des choses? Or le fond des choses est que ce dossier est mal parti, le travail a été mal fait par le gouvernement du Parti libéral, par le gouvernement Charest, c'est un véritable cafouillis, c'est lamentable et nous demandons toujours qu'il y ait un moratoire», a-t-elle soutenu ce matin à l'entrée du caucus présessionnel que les 52 élus péquistes tiennent à Laval jusqu'à demain.

Mme Marois, à qui M. Bouchard a confié plusieurs portefeuilles clés lorsqu’il était premier ministre, a parlé de ce dernier comme d’un «ami», un homme de «grande qualité», de «rigueur», doté de talents de négociateur.

Elle a du reste réitéré ses condoléances à l’endroit de l’ancien chef endeuillé (son ex-épouse et mère de ses deux fils, Audrey Best, décédée hier à 50 ans). Mme Marois a insisté sur le fait que ce n’était pas son ancien patron qui allait décider s’il y aurait un moratoire ou non. Elle l’a également décrit comme «un homme responsable et raisonnable qui va sûrement travailler dans l'intérêt des citoyens et citoyennes du Québec».
 
Bonne chance à Diane Lemieux

Mme Marois a aussi vanté les «talents» de l’ancienne ministre et ex-leader parlementaire Diane Lemieux, nommée hier à la tête de la Commission de la construction du Québec (CCQ) par le gouvernement Charest. Elle a confié avoir discuté avec son ancienne collègue hier, à la suite de sa nomination, et lui avoir souhaité «bonne chance».

Aux yeux de Mme Marois, Mme Lemieux se heurtera à un «problème fondamental»: «Diane n'aura pas à ce moment-ci les outils qu'il faut pour aller au bout de la démarche ou du mandat qu'on lui confie: il n'y a pas eu de commission d'enquête sur l'industrie de la construction. Quelle est l'ampleur des fraudes, quelle est l'ampleur de la corruption? Qui sont les principaux acteurs au niveau de la corruption dans cette industrie?»
 
Des péquistes pour redresser la barre


La chef péquiste s’est amusée de cette nomination du gouvernement Charest: «Le processus du PLQ est tellement entaché qu'on sent le besoin d'aller chercher une péquiste pour faire le ménage. L'intégrité se trouve sans doute davantage de notre côté. C'est rassurant.» Les deux nominations de péquistes lui ont aussi fait dire que le gouvernement en était arrivé à la même conclusion que la population, soit que «ça prend des péquistes pour redresser la barre, pour remettre du bon sens. La population serait prête à élire un gouvernement du Parti québécois. Il y a peut-être un symbole là-dedans».

Si la nomination de Mme Lemieux a été bien accueillie par les élus péquistes, celle de l’ancien premier ministre Bouchard a suscité plus de perplexité. Le député de Borduas, Pierre Curzi, qui se dit très opposé à l’exploration des gaz de schiste, s’interrogeait en ces termes: «Quelle est l'image que son miroir lui renvoie? Je ne comprends pas trop. Peut-être que M. Bouchard croit qu'il a la capacité de négocier entre l'industrie et les citoyens.»
 
Plus de détails à venir.
 
6 commentaires
  • Augustin Rehel - Inscrit 26 janvier 2011 13 h 57

    Le messager

    On l'a répété toute la journée, sur toutes les tribunes: le messager change mais le message demeure le même.

    Et tout le Québec se pose la question: pourquoi Lucien Bouchard a-t-il accepté de mettre ses talent au sujet d'une cause qui desservira tant les Québécois?

    La réponse est simple: pour un plat de lentilles!

  • Nestor Turcotte - Inscrit 26 janvier 2011 15 h 17

    Boisclair ?

    Cela embête au suprême degré Pauline Marois. Le lionne de Bourget n'était pas en très bons termes avec Pauline. Lucien Bouchard non plus. Si Jean Charest nomme André Boisclair à la tête de la future commission d'enquête sur la construction, ce sera la cerise sur le ....sundae....

  • Jean-Pierre Bouchard - Inscrit 26 janvier 2011 17 h 17

    Crédibilité 101

    Mme Lemieux n'a comme crédibilité que la revanche qui l'anime contre P.Marois, ce qui est très faible. J'écoute peu, je dois parler au singulier 24 heures en 60 minutes, émission de RDI sans crocs contre des politiciens méprisables. Seulement lorsque l'actualité est bouillante.

    Au moment de l'élection municipale de Montréal en 2009, Mme Lemieux a justement mal paru dans un débat sur les enjeux de l'élection. S'étant alignée pour être candidate de G.Tremblay, maire déjà depuis 8 ans, elle est apparue très faible devant notamment le maire actuel du Plateau, Luc Ferrandez et à même réussi à faire sortir de ses gonds, l'animatrice journaliste M.A.Dussault!
    L'itinéraire d'une personne dite publique est tout de même important, là celui de cette vraisemblable ex péquiste ne tient pas la route. Rejoindre le parti municipal d'un maire soupçonné de laxisme ou de corruption, se retrouver dans son bureau puis démissionner pour accepter un poste associé au gouvernement qu'elle combattait en tant que leader parlementaire. Son itinéraire n'est donc plus que celui d'une personne à la recherche désespéré de pouvoir, de semblant de reconnaissance sociale, d'importance imbue que l'on doit accorder à sa petite personne.

    C'est ce genre d'itinéraire qui nourrit le cynisme politique, ce qui fait l'affaire des libéraux, étant donné que statistiquement prouvé, plus que les citoyens désertent les urnes, plus que le Quebec liberal party gouverne le Québec.

  • Marie-France Legault - Inscrit 27 janvier 2011 09 h 07

    Interpréter, juger, condamner...

    il y a vraiment une coalition péquiste pour voir des complots partout et lessiver les cerveaux des québécois.

    En dehors du P.Q. tout est pourri...
    lui seul est pur,,,,

    Leur objectif: reprendre le pouvoir, pour cela diaboliser, tout ce qui est en dehors du P.Q.
    il considère tout ce qui est fait par le gouvernement: nominations de Monsieur Bouchard et de Mme Diane Lemieux comme des leurres, des moyens de remonter la côte où les péquistes les ont "garochés".

    le POUVOIR est l'objectif ultime et primordial du P.Q.

    Peut-être que le P.Q. se SERVIRA de Monsieur Bellemarre pour
    le présenter dans un comté et le placé Ministre de la Justice,

    car LUI c'est un SAINT homme qui dit »TOUJOURS la VÉRITÉ"

  • Geoffroi - Inscrit 27 janvier 2011 10 h 29

    Naïfs frustrés revanchards manipulés par Charest

    Diane Lemieux :
    « Mme Lemieux dit avoir appris que cette stratégie a été concoctée depuis quelques semaines, mais elle ignore à quel niveau. «La seule chose dont je suis certaine, c'est que Pauline Marois voulait se débarrasser de Gendron, parce qu'il n'est pas bon.»

    Référence ;
    http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/pol

    Lucien Bouchard ;
    « Selon lui, le PQ devrait faire preuve de plus d'ouverture face aux immigrants, un désaveu de la stratégie de Mme Marois qui a proposé un projet de loi sur l'identité québécoise l'automne dernier encore.Président de la commission d'enquête sur les accommodements raisonnables, «mon frère (Gérard) s'est fait traiter d'Elvis Gratton par Pauline Marois; je n'oublierai pas ça. Ça ne montrait pas beaucoup d'ouverture», a lancé M. Bouchard...»

    Référence :
    http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada