Diane Lemieux bien accueillie à la présidence de la CCQ

La nouvelle p.-d. g. devra intensifier les actions de la CCQ pour assainir l’industrie de la construction, plongée dans la tourmente depuis deux ans. Elle a toutefois prévenu qu’elle ne prendrait pas part au débat entourant la demande incessante pour la tenue d’une commission d’enquête publique sur la construction.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La nouvelle p.-d. g. devra intensifier les actions de la CCQ pour assainir l’industrie de la construction, plongée dans la tourmente depuis deux ans. Elle a toutefois prévenu qu’elle ne prendrait pas part au débat entourant la demande incessante pour la tenue d’une commission d’enquête publique sur la construction.

C'est à une femme aguerrie aux jeux de pouvoir et aux débats marqués par la confrontation que le gouvernement libéral a demandé de donner un coup de barre au sein de la Commission de la construction du Québec. L'ancienne ministre péquiste Diane Lemieux devient p.-d. g. d'un maillon important d'une industrie plongée dans la tourmente depuis deux ans.

C'est la ministre du Travail, Lise Thériault qui en a fait l'annonce hier matin, en soulignant le franc-parler de Mme Lemieux et sa droiture. Mme Lemieux remplace André Ménard, dont le départ forcé faisait suite entre autres choses à des dépenses excessives qui ont irrité la ministre.

Rigueur et transparence

Cette dernière a très précisément demandé à Diane Lemieux de s'assurer que les fonds confiés à la CCQ seront désormais gérés «avec rigueur et transparence». Le financement de l'organisme provient principalement d'un prélèvement sur la masse salariale des travailleurs et des employeurs de la construction.

Aussi, la nouvelle p.-d. g. devra intensifier les actions de la CCQ pour assainir l'industrie de la construction. Créé en 1987, cet organisme est responsable de l'application de la Loi sur les relations de travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre (loi R-20).

Finalement, Mme Lemieux devra formuler des recommandations pour améliorer le fonctionnement de la CCQ. Elle sera également appelée à jouer un rôle important au sein de l'unité permanente de lutte contre la criminalité que le gouvernement souhaite mettre en place.

Rencontrer l'équipe

Diane Lemieux a fait une déclaration. Puis, elle s'est levée, a serré la main de Mme Thériault et a quitté la salle sans répondre aux questions des journalistes. Elle a toutefois promis d'être disponible bientôt.

Dans l'immédiat, la nouvelle p.-d. g. souhaitait rencontrer l'équipe de la CCQ et convoquer le plus tôt possible une assemblée du conseil d'administration. Les représentants syndicaux et patronaux s'y partagent 12 des 17 sièges.

Mme Lemieux a affirmé qu'elle «carbure aux défis complexes» et qu'elle a «les services publics tatoués sur le coeur». Elle a soutenu que des gestes doivent être faits et que pour cela, elle ne tournera pas les «coins ronds».

Quant à la demande incessante pour la tenue d'une commission d'enquête publique sur la construction, Mme Lemieux a prévenu qu'elle ne s'immiscerait pas dans ce débat.

Diane Lemieux a été présidente du Conseil du statut de la femme avant de se lancer en politique avec le Parti québécois. Elle a été élue à trois reprises, entre 1998 et 2007. Au cours de cette période, elle a notamment été ministre d'État au Travail et à l'Emploi. Par la suite, elle a tenté de se faire élire à Montréal sans succès, ce qui l'a conduite à diriger le cabinet du maire Gérald Tremblay.

Satisfaction

Sa nomination à la tête de la CCQ a été accueillie favorablement par l'industrie. Le président de la CSN-Construction, Aldo Miguel Paolinelli, s'est dit «satisfait» de la nomination de Diane Lemieux à la tête de la CCQ, mais a averti hier que «cette nomination ne doit toutefois pas faire ombrage à la nécessaire commission d'enquête publique que le gouvernement doit instituer pour assainir l'industrie de la construction».

La FTQ-Construction s'est contentée de «prendre acte» de l'entrée de Diane Lemieux. «La FTQ-Construction, comme elle l'a fait par le passé, offrira son entière collaboration à la présidence de la Commission de la construction du Québec», a dit le directeur général, Yves Ouellet.

Plus loquace, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a fait valoir que le gouvernement a fait un «choix audacieux» en se tournant vers l'ancienne ministre péquiste. «[Cette nomination] ouvre la voie à une réforme en profondeur des relations du travail dans l'industrie de la construction», s'est réjoui le président du CPQ, Yves-Thomas Dorval.

Rappelant que «l'industrie de la construction traverse une période difficile», le président de l'Association de la construction du Québec, Jean Pouliot, a indiqué hier que Lise Thériault ne pouvait agir autrement qu'en faisant connaître rapidement le successeur au p.-d.g. démissionnaire du CCQ, André Ménard.

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Avec la collaboration de Marco Bélair-Cirino
 
8 commentaires
  • Andrée Ferretti - Abonnée 26 janvier 2011 05 h 57

    Ganotte

    Sa caricature dit tout et laisse à deviner encore plus.

    Andrée Ferretti

  • Lise Moga - Inscrite 26 janvier 2011 08 h 53

    Un gros défi

    J'ai confiance que Diane Lemieux va agir dans les meilleurs intérêts des québécois. Je crois plus en l'action de gens de l'interne qui ont la volonté d'aller au fond des choses en toute bonne foi que dans la "commissionnite aigue" que proposent les partis de l'opposition.

  • Claude Archambault - Inscrit 26 janvier 2011 09 h 23

    Un geste magistral

    M. Charest, par ce choix, a préparé le terrain pour sa réélection. Tout le succès de Mde Lemieux se reflètera sur son gouvernement mais si par malheur elle échoue, ce sera le PQ qui écopera. En bon politicien M. Charest lui donnera toute la latitude et pouvoirs dont elle aura besoin pour atteindre ses objectif, mais comme on dit aussi, quand la corde est trop longue on peu se pendre aussi.

    Bonne Chance à Mde Lemieux, elle est capable de remplir sa mission et M. Charest le sait.

  • MJ - Inscrite 26 janvier 2011 15 h 45

    Comment noyer le poisson! (1)

    Autre nomination pour faire diversion et donner l’illusion de s’attaquer au problème alors que les dimensions de ce phénomène de corruption et de collusion commandent une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction. Autrement, c’est comme pour les “punaises de lit”, si rien n’est fait adéquatement, le problème deviendra incontrôlable!

    Première anicroche repérée:
    “Le financement de l'organisme (CCQ) provient principalement d'un prélèvement sur la masse salariale des travailleurs et des employeurs de la construction.”

    Est-ce que le fait que cet argent provienne des employeurs ou entrepreneurs de la construction n’entache pas éventuellement l’indépendance de la CCQ à leur égard et la rende même redevable à ceux-là mêmes qui cotisent et dont elle est censée réglementer les activités? Donc conflit d’intérêts et empêchement possible de neutralité de la CCQ à l’égard de ses propres bâilleurs de fonds. La CCQ ne pourrait donc pas avoir tout à fait les coudées franches en raison de la provenance de ce financement qui assure sa propre existence en tant qu'organisme?

  • MJ - Inscrite 26 janvier 2011 15 h 47

    Comment noyer le poisson! (2)

    Deuxième anicroche repérée:
    “Elle sera également appelée à jouer un rôle important au sein de l'unité permanente de lutte contre la criminalité que le gouvernement souhaite mettre en place.”

    Il y aurait donc création à venir d’une autre unité de lutte (permanente) contre la criminalité au sein de laquelle travaillerait la nouvelle p.-d.g. de la CCQ. N’y aurait-il pas là encore matière à conflit d’intérêts puisque la CCQ et cette unité de lutte contre le crime devraient être deux entités distinctes et indépendantes avec des mandats distincts et des dirigeants également distincts, afin d’en assurer l’indépendance et l’absence de pression ou d’influence indue de la part de la CCQ sur cette unité de lutte contre le crime?

    Comme le gouvernement se complique la vie et essaye de trouver toutes sortes de moyens et solutions, pas forcément efficaces, pour endiguer ce problème! Or, le seul remède efficace serait plutôt la création d’une commission d’enquête publique (CEP) sur l’industrie de la construction et le financement des partis politiques. Tant qu’à y être, pourquoi pas une CEP à volets multiples pour les différents secteurs de l’économie, étant donné qu’il est reconnu que le crime organisé a réussi à infiltrer l’économie légale dans son ensemble!