Le gouvernement Charest a «oublié» le jour du drapeau

Défilé de voitures organisé par la Société Saint-Jean-Baptiste dans les rues de Montréal le 16 janvier dernier pour souligner le 63e anniversaire du drapeau québécois, qui fut hissé pour la première fois à l’Assemblée nationale le 21 janvier 1948.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Défilé de voitures organisé par la Société Saint-Jean-Baptiste dans les rues de Montréal le 16 janvier dernier pour souligner le 63e anniversaire du drapeau québécois, qui fut hissé pour la première fois à l’Assemblée nationale le 21 janvier 1948.

Québec — Le gouvernement du Québec a «oublié» de souligner la journée anniversaire du fleurdelisé. Depuis 1999, à son article 3, la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec précise que «le 21 janvier est le jour du drapeau du Québec». Dans les années 80, un tel jour était marqué par une cérémonie, une montée du drapeau, un débat en chambre. Depuis 2005, le ministère de la Justice, qui est responsable de l'application de cette loi, soulignait l'anniversaire, notamment en diffusant un communiqué. En 2006, le premier ministre Jean Charest lui-même avait publié un communiqué. Cette année? Rien.

Au cabinet du ministre de la Justice, hier matin, un attaché a dit ignorer l'existence d'une telle journée. Plus tard, le service des communications du ministère de la Justice admettait que c'était un «oubli» de sa part: «On n'avait rien à annoncer d'autre», a-t-on expliqué, ni subvention ni congé. On se fiait au communiqué du Mouvement national des Québécois, qui se retrouvait sur le fil de presse. «Probablement qu'on aurait dû en émettre un quand même, comme par les années passées, pour rappeler que c'est le jour du drapeau», a noté hier la porte-parole du ministère, Johanne Marceau. «Mais je ne sais pas si ça a fait un gros dommage», s'est-elle demandé avec un sourire dans la voix. Le ministre Jean-Marc Fournier, lui, a fait savoir par un attaché de presse qu'il était «déçu de l'oubli de son ministère» et qu'il prendrait les mesures pour que cela ne se reproduise pas. «Le drapeau est important. Il représente la fierté et la mémoire du Québec», a tenu à dire M. Fournier.

«Un oubli de la mémoire»


«Autrement dit, le ministre a oublié la mémoire», ironisait l'historien Gaston Deschênes, hier en après-midi, lorsque nous l'avons contacté par téléphone. À la retraite de l'Assemblée nationale, M. Deschênes a cet automne publié L'Affaire Michaud, Chronique d'une exécution parlementaire, aux éditions du Septentrion. Sur son blogue publié dans le site de l'éditeur (septentrion.qc.ca/gastondeschenes), il signalait en janvier 2010 que le jour du drapeau se passait de plus en plus dans l'indifférence: «Aucune publicité gouvernementale, aucun texte dans mes quatre quotidiens habituels.» M. Deschênes notait qu'il y avait bien eu un communiqué en 2010, mais diffusé à 11h20 le 21 janvier (une «amélioration» par rapport à 2009, où il avait été lancé «à 13h44», notait le méticuleux historien).

Cette année, M. Deschênes interprète l'absence de communication comme une sorte de «mépris» gouvernemental. Mais est-ce si grave, au fond? «C'est un peu comme le gars qui oublie la fête de sa blonde!», illustre-t-il, avant d'ajouter que cela traduit peut-être un changement de vision par rapport au drapeau. En 2010, dans son communiqué, le ministère de la Justice soutenait que le fleurdelisé devant les édifices gouvernementaux «répond à un besoin de traçabilité des services». «Cette vision technocratique du drapeau (on se serait cru dans le dossier des OGM!) n'a évidemment rien pour inspirer une commémoration minimale, ne serait-ce qu'une petite fois par année», notait-il.

En 2006, dans un de ses seuls communiqués sur la question, Jean Charest rappelait que le fleurdelisé flotte sur la tour centrale du Parlement depuis le 21 janvier 1948, en lieu et place de l'Union Jack. M. Charest soutenait que rien n'était «aussi rassembleur qu'un drapeau. Au-delà de la langue, des origines et des allégeances politiques, notre drapeau est source de fierté. Il témoigne de notre confiance en nous-mêmes, de notre appartenance à un peuple courageux et de notre attachement à un territoire magnifique».

En janvier 2001, lorsque Bernard Landry (qui allait devenir chef péquiste et premier ministre peu après) avait soulevé un tollé en parlant des «chiffons rouges» du fédéral, expression que plusieurs avaient prise pour une référence à l'unifolié, Jean Charest avait soutenu ce qui suit: «Le jour où le Parti libéral du Québec devient le gouvernement, il va y avoir beaucoup de chats à fouetter, puis des questions à régler autres que d'essayer de déterminer à quel endroit on place les drapeaux.»

Quant au Mouvement national des Québécois, il a lancé, peu avant le 21 janvier, un site Internet (jourdudrapeau.qc.ca) pour repérer les drapeaux du Québec défraîchis, lesquels contreviennent à la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec. Un député péquiste, Mathieu Traversy (Terrebonne), a mis sur pied la semaine dernière une Brigade bleue pour détecter les drapeaux usés de sa circonscription.
117 commentaires
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 25 janvier 2011 00 h 02

    La surprise sous le régime John James Charest

    Tous les efforts sont exercés par la bande de fédéralistes au pouvoir pour marginaliser le fait français au Québec. La fierté n'a pas de nom sous cette banière politique. Shame on you John James Charest.

  • Jean-François Trottier - Inscrit 25 janvier 2011 03 h 03

    Diversion plan A, B, C...

    Le PLQ tente encore de ranimer les divisions en multipliant les bourdes à saveur provocatrices. Peut-être va-t-il ENCORE tenter de subventionner les écoles juives un coup parti? C'était très bon, ça, se faire prendre à subventionner les écoles juives. Ça ne coûtait rien parce qu'ils se sont fait prendre,(peut-être intentionnellement?), ça met en furie les nationalistes qui ne voteront pas PLQ de toute façon, et ça s'assure que les anglos et autres qui seraient tentés de voter ailleurs (ADQ, comme le suggérait The Gazette) continueront de voter pour eux par peur de la méchante majorité intolérante. Ils font le même coup avec le kirpan. Quel Québécois immigrant sera tenté de voter ADQ s'ils tiennent un discours du type "les immigrants ne font pas assez d'accommodements"? Et le Deltell qui embarque, beau nono!
    C'est vraiment les mêmes vieilles tactiques que reprend le PLQ. Et puis merde, ça marche encore!

  • Jungle Jim - Inscrit 25 janvier 2011 05 h 36

    chialage inutile

    Oui nous avons un beau drapeau. Mais sa beauté est entaché par notre dépendance à la péréquation, ce bien-être social permanent dont nous avons besoin pour survivre collectivement. Sans notre B.S, on crèverait de faim c'est sûr. Puis, avec tous les records de médiocrité qu'on accumule, je me demande si ce drapeau est synonime de fierté. Le plus d'assistés sociaux au Canada, le plus de décrocheurs scolaires (chez les francophones surtout), le plus haut taux de suicide en Amérique du nord, le plus haut taux d'analphabètes, les taxes les plus élevées, l'endettement le plus élevé par capita, je me demande où est la fierté dans tout ceci. Bien sûr, ces problèmes sont causés par le fédéral, ou par les USA, ou par les Juifs ou par tout le monde, sauf nous ??? bien entendu. Vive la République bananière du Kwébec.

  • ysengrimus - Inscrit 25 janvier 2011 05 h 56

    Notre cher fleurdelisé...

    Pas trop moche en soi, mais un peu lourdingue symboliquement, par contre. Notez, pour faveur, que les québécois ne sont nullement et aucunement des monarchistes. Plus prosaïquement, ce sont plutôt des ignorants… Huit sur dix d’entre eux ne savent tout simplement pas que la fleur de lys était autrefois le symbole des roys de France (et est aujourd’hui, le symbole des extrémistes gallo-monarchistes). Si on leur demande ce que la fleur de lys représente, les plus subtils de mes compatriotes (dont je suis, ou prétend être) vous répondront que, dans le Nouveau Monde, du Yukon à la Nouvelle-Orléans, en passant par Saint-Boniface, Sudbury, Montréal, Moncton, Saint Jean de Terre Neuve, Bâton Rouge, Terre Haute, et Saint-Louis du Missouri, la fleur de lys en est venue à symboliser la présence (souvent minoritaire et résistante) du fait français dans les Amériques, au sens le plus large et le plus englobant du terme, et ce, sans référence régalienne aucune. Mes compatriotes des villes et des campagnes québécoises, pour leur part, jugent, par contre, en toute simplicité de l’âme et du cœur, que la fleur de lys symbolise exclusivement le Québec, point barre. Quant à la croix blanche, ma foi (farce!), la déréliction est suffisamment avancée au Québec pour que nos compatriotes n’y voient plus qu’un moyen simple et seyant de sectionner la surface bleue du fanion national en quatre quartiers. Ce look médiéval de pacotille et cette symbolique pesante et oubliée créent souvent toutes sortes de confusions cocasses entre québécois et français, au sujet du ci-devant fleurdelisé.
    Paul Laurendeau

  • Claude Jean - Inscrit 25 janvier 2011 06 h 08

    Drapeau de Carillon et notre drapeau national.

    Drapeau de Carillon.

    En 1832, quelques années avant la Révolte de 1837-38, les membres du parti Patriote adoptent un drapeau arborant trois bandes horizontales (verte, blanche et rouge). Après la défaite, la pendaison des Patriotes et la publication du rapport Durham, les Canadiens français se retrouvent à la recherche d'un nouveau drapeau national n'ayant pas le caractère révolutionnaire de ce drapeau tricolore. Quelques années plus tard, lors du défilé du 24 juin 1848 à Québec, la Société Saint-Jean-Baptiste présente à la foule un drapeau qui aurait été témoin de la victoire de Montcalm sur l'armée britannique à Carillon, en 1758. Ce drapeau frappe l'imaginaire du peuple qui, même s'il ne l'adoptera pas comme tel, lui vouera un culte au point d'influencer l'allure définitive du drapeau québécois.

    Pour en savoir plus consulter le lien suivant:

    http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-212/Dr

    Honneur au drapeau et hommage à nos ancêtres de 1758!

    Soldat Sanspareil
    2ème bataillon du régiment de la Sarre
    Vive le Roy!
    http://www.regimentdelasarre.ca
    http://www.tagtele.com/videos/voir/46581
    http://www.ameriquebec.net/actualites/2009/08/03-r
    François Mitterrand
    Un peuple qui n'enseigne pas son histoire est un peuple qui perd son identité