Plus de 50 péquistes reconnaissent leur tort dans l'affaire Michaud

Yves Michaud s’est étonné de voir qu’aucun parlementaire libéral présent ou passé n’a jugé bon de s’amender.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Yves Michaud s’est étonné de voir qu’aucun parlementaire libéral présent ou passé n’a jugé bon de s’amender.

Québec — À l'invitation de l'ancien ministre Paul Bégin, 51 députés et ex-députés, tous péquistes, ont exprimé des regrets ou des excuses pour avoir condamné le citoyen Yves Michaud, le 14 décembre 2000.

En point de presse hier, l'ex-ministre de la Justice en a profité pour réclamer des changements au règlement de l'Assemblée nationale pour éviter qu'un citoyen soit de nouveau victime d'une dénonciation publique sans même avoir été entendu.

«Il s'agit de protéger les citoyens contre les abus que pourrait causer l'Assemblée nationale. C'est ça l'enjeu», a fait valoir l'ancien ministre péquiste, qui regrette amèrement 10 ans plus tard d'avoir joint sa voix à une motion unanime adoptée à l'encontre de M. Michaud.

«J'ai commis bien des erreurs dans ma vie, mais je ne crois pas que j'aie, de façon si claire, posé à l'égard de quelqu'un un acte aussi inique que celui que j'ai posé en votant pour cette motion», a-t-il laissé tomber.

Aucun député libéral n'a répondu à l'appel lancé il y a un mois par M. Bégin, pas plus que Lucien Bouchard, qui dirigeait le Parti québécois lorsque l'Assemblée nationale a dénoncé «sans nuance, de façon claire et unanime», les propos tenus par M. Michaud «à l'égard des communautés ethniques et en particulier à l'égard de la communauté juive».

Modifications

M. Bégin demande aux parlementaires d'apporter des modifications aux règles de l'Assemblée nationale pour éviter que ne se répète un tel épisode.

Au moins sept députés, dont Pauline Marois, Amir Khadir et Lisette Lapointe, se sont déjà prononcés en faveur de changements au règlement pour mettre à l'abri les citoyens contre d'éventuels dérapages de la Chambre.

Selon M. Bégin, il ne devrait plus être possible d'adopter une motion à l'endroit d'un citoyen sans un avis de 48 heures et sans que les propos reprochés n'aient été mis par écrit et remis aux parlementaires 24 heures au préalable. Le citoyen visé devrait aussi, d'après l'ancien député (1994 à 2003), être invité à présenter sa version des faits en commission parlementaire dans un délai raisonnable.

Michaud heureux

Joint par la Presse canadienne, M. Michaud s'est réjoui de la démarche de Paul Bégin. «Ça me fait chaud au coeur parce que la sale manoeuvre du 14 décembre 2000 est une tache indélébile dans l'histoire du parlementarisme au Québec», a-t-il dit.

L'ex-député libéral sous Jean Lesage s'est toutefois étonné de voir qu'aucun parlementaire libéral présent ou passé n'a jugé bon de s'amender. «Il n'y a donc aucun juste au sein du Parti libéral du Québec?» a lancé M. Michaud avec sa verve habituelle.

De fait, le PLQ maintient la ligne dure. Le dossier est clos et il n'y a pas lieu de présenter des excuses, a tranché le leader parlementaire et ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier.

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