Le PQ perdra son président en avril

Jonathan Valois.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Jonathan Valois.

Québec — Le Parti québécois perdra son président Jonathan Valois après le congrès du mois d'avril, a appris Le Devoir. L'ancien député de Joliette de 2003 à 2007 a annoncé à la dernière réunion de l'exécutif national, le 3 décembre, sa décision de quitter ses fonctions. Il en avait informé la chef, Pauline Marois, deux jours plus tôt.

En plus de présider le PQ, M. Valois occupe le poste de «coordonnateur régional, développement de la souscription» au Fondaction de la CSN. Il n'a pas rappelé Le Devoir hier, malgré de multiples tentatives.

Selon plusieurs sources, M. Valois, qui aura 40 ans en 2011, laissera la présidence en raison de difficultés à «concilier son travail et son engagement politique». Une source insiste: «Il ne sert à rien de chercher des histoires de tensions» avec Mme Marois, dont il est un fidèle; il l'avait appuyée en 2005 contre André Boisclair. En 2007, lorsqu'il avait annoncé sa décision de ne pas se représenter, peu avant le déclenchement des élections, il avait aussi invoqué la nécessité pour lui de passer plus de temps avec ses deux filles. Il avait aussi parlé de terminer son doctorat en sociologie.

Autre cause: on le dit plus ambivalent que jamais par rapport à la politique, aimant l'«action collective» mais détestant les luttes et polémiques. Devoir expliquer, devant une meute de journalistes, l'expulsion du club politique SPQ Libre, comme il l'a fait en mars, «il n'est pas à l'aise avec ça». D'autres se rappellent de points de presse donnés à titre de député où il avait paru extrêmement mal à l'aise. En 2006, il est envoyé par son chef André Boisclair pour expliquer la politique du PQ à l'égard de la motion fédérale de reconnaissance de la nation québécoise: il cherche ses mots, se répète. Chose certaine, il ne souhaite pas se retirer de la présidence pour mieux «se positionner» afin d'obtenir une circonscription sûre aux prochaines élections: «Il ne veut pas revenir en politique: ça, c'est clair, très clair», nous a-t-on confié.

Course

Une course au remplacement de M. Valois est déjà lancée. Ce dernier aurait déjà «ciblé la relève pour la présidence», notamment Philippe Leclerc, qui a été un «candidat dynamique» lors de l'élection partielle dans Saint-Laurent à la fin de l'été.

Le constitutionnaliste Daniel Turp, joint par Le Devoir, n'exclut pas non plus d'offrir ses services au parti. «C'est une chose à laquelle je me permets de réfléchir», a-t-il dit hier. L'ancien député de Mercier (jusqu'à la victoire d'Amir Khadir, de QS, il y a deux ans) avait manifesté son intérêt pour le poste lorsque Monique Richard l'a quitté. Il s'était finalement désisté à la faveur de Jonathan Valois. «Ça va dépendre de moi, des membres, ça va dépendre de bien des choses», a-t-il confié, notant qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de s'entretenir avec Mme Marois à ce sujet. «Ça va être une décision avec elle, en collaboration avec d'autres personnes», a-t-il soutenu. Il a dit beaucoup aimer le poste qu'il occupe actuellement, soit vice-président et président de la commission politique.

M. Turp soutient que la commission politique aura un gros défi après le congrès d'avril. «Nous allons devoir préparer la gouvernance souverainiste», a-t-il souligné. Ce qui comprend un projet de constitution, une loi sur la citoyenneté québécoise et une nouvelle charte de la langue française.

Autre départ

M. Valois n'est pas le seul à vouloir quitter l'exécutif national du PQ. La députée de Taschereau, Agnès Maltais, une des trois membres issus de l'aile parlementaire du parti à y siéger, laissera aussi sa place après le congrès. Elle y est depuis une demi-douzaine d'années et se dirait débordée par le dossier dont elle a la charge comme critique, la santé. Composé actuellement de 15 membres, l'exécutif national péquiste risque d'être méconnaissable après le congrès puisque selon une importante réforme des statuts du parti, il ne comportera plus de sièges réservés à des clientèles: femmes, aînés et immigrants. La présidente du Comité national des jeunes continuera toutefois à y siéger.
13 commentaires
  • Ciceron Derome - Inscrit 18 décembre 2010 01 h 15

    L'optimisme forcé de Turp

    "Nous allons devoir préparer la gouvernance souverainiste" après le congrès d'Avril... ce qui comprend un projet de constitution, une loi sur la citoyenneté québécoise et une nouvelle charte de la langue française.

    Il devrait aussi se préparer à une autre période d'opposition car, devant les thèmes d'un tel programme qui vont finir par provoquer la nausée, dans la perspective d'une autre guerre avec Ottawa, car il faut absolument prouver l'impuissance du fédéralisme, il semble que l'aspect économique, la base même dont la santé est proportionnelle à la santé des programmes sociaux, semble secondaire, très secondaire. Il y a une allergie envers les "bergers" qui devient de plus en plus évidente.

  • Nestor Turcotte - Inscrit 18 décembre 2010 09 h 57

    Valois

    Monsieur Valois est un des trois mousquetaires qui, jadis, avaient fait le tour du Québec, pour rencontrer les jeunes, tout particulièrement, afin de leur parler de souveraineté. Constat: les trois avaient conclu que la souveraineté du Québec n'intéressait plus les jeunes.

    Les deux autres mousquetaires n'étant plus dans le décor depuis longtemps, Monsieur Valois doit conclure qu'il est opportun d'aller rejoindre ses anciens compagnons d'armes....

    Et Pauline Marois, de conclure, qu'il est opportun aussi, pour prendre le pouvoir, de biffer l'article I du programme du PQ. Pas étonnant. Il y a quelques années, le chef de l'opposition disait que la souveraineté (sans la définir) devait rester la «toile de fond» de l'action politique du PQ. Jadis, c'était le MOTEUR. Aujourd'hui, c'est devenu du pastiche...Ce n'est qu'un début....continuons le combat !

  • Marcel Bourget - Inscrit 18 décembre 2010 17 h 12

    Changement de garde?

    Le PQ prendra bientôt le pouvoir. Il est normal que ceux qui ne se croit plus capables de relever le défit quittent. La tâche du PQ sera énorme suite au passage de la famille libérale. John James Charest et sa gang auront laissé le Québec dans un piteux état. Il faudra plusieurs année pour remettre le Québec sur les railles. Merci à ceux qui ont rendu de précieux services au PQ et un merci anticipé à ceux qui permettront au Québec de se sortir de cet héritage désastreux laissé par le PLQ.

  • Michel Savard - Inscrit 18 décembre 2010 20 h 58

    @ Marcel Bourget : Quel;le démagogie !

    Vous dites : "John James Charest et sa gang auront laissé le Québec dans un piteux état. Il faudra plusieurs année pour remettre le Québec sur les railles. Merci à ceux qui ont rendu de précieux services au PQ et un merci anticipé à ceux qui permettront au Québec de se sortir de cet héritage désastreux laissé par le PLQ."
    Quelles preuves avez-vous pour affirmer une telle énormité !

    Partour ,en Amérique du Nord, les avis sont unanimes pour dire que le Canada et en particulier le Québec sont les deux endroite qui ont traversé le mieux la crise économique de 2009 ! Et qui était à la tête du Québec durant ce gtemps ? Eh oui ! Jean Charest !

    Non, le Québec n'est pas en lambeaux comme les péquistes veulent le laisser entendre . Il faut être drôlement démagogue pour affirmer ce que vous écrivez !

  • Danielle Pelletier - Inscrite 18 décembre 2010 23 h 26

    M. Marcel Bourget - vous me faites rire!!!!

    J'ai de la difficulté avec votre témoignage. Sois que vous avez la mémoire courte mais vous semblez oublié lorsque nous sommes tombées libérales, c'est que le Québec était presque sous la tutelle, avec nos routes plus que trouées car l'argent allait sur la fameuse langue, le 20% coupé pour le personnel dans les hôpitaux, la masse de personnel mis à la retraite, nos ponts qui Sont tombéS, etc.. etc...
    Allez vous promener dans les autres provinces et regardez la comparaison. Pendant que nous au Québec, nous nous regardons le nombril et que nous ne voulons pas faire face à la réalité et qu'on ose espérer ENCORE UNE FOIS, le référendum avec l'augmentation d'immégrés, est-ce de l'alzheimer. Combien coûte un référendum. On espérait tous qu'aux dernières élections, avoir eu le contraire, nous avons été tous étonnés, moi pas, d'un gouvernement LIBÉRAL MAJORITAIRE et ça va continuer soyez sans crainte. Qu'avez-vous à critiquer qu'à part de ces fameuses commissions de Mme Marois pour essayer de faire influencer sa gagn et que cette gagn suit comme des petits rennes. Moi, je veux que ces criminels qui ont fraudé soient mis en prison. Je suis rendue à penser wue le PQ devrait plutôt s'appeler le PA (parti Alzheimer) Évoluons et sortez de la province pour aller voir ce qu'ont nos voisins. Vous allez sûrement me dire, je n'ai pas besoin d'y aller, réponse d'un pquiste.
    Ah ça fait du bien.
    UNE FEMME QUI EST NI PQUISTE ET NI LIBÉRALE (UNE CHANCE) Je crois que je vais partir un parti NI PQ-LIB