Assurance stabilisation - Québec s'entend avec l'UPA

Photo: Agence Reuters Eddie Keogh

L'Union des producteurs agricoles et le gouvernement du Québec se sont finalement entendus sur des mesures permettant d'atténuer, pour le moment, les effets de la réforme de l'assurance stabilisation des revenus agricoles. Une bonne nouvelle pour les motoneigistes, puisque les agriculteurs lèvent l'interdiction d'accès à leurs terres pour la saison hivernale qui débute.

Le ministre Laurent Lessard ne retire pas la mesure qui exclut le quart des fermes les moins performantes du calcul du coût de production moyen, dans le cadre de l'assurance stabilisation des revenus agricoles. Mais il s'est engagé à retourner aux producteurs tout surplus qui serait engrangé par la Financière agricole du Québec (FADQ), jusqu'à concurrence d'environ 80 millions de dollars, soit les sommes qui auraient été autrement versées en l'absence de ladite mesure.

«La nouvelle mesure des 25 % sera mise en oeuvre comme prévu. Toutefois, elle sera accompagnée de mesures transitoires afin de prendre en considération les conditions régionales et sectorielles, notamment dans les secteurs du veau d'embouche et de l'agneau, qui sont plus exigeantes», a fait valoir le ministre de l'Agriculture par voie de communiqué. Ces nouvelles dispositions «transitoires» sont en vigueur jusqu'en 2013. La reconduction possible de cet élément sera alors évaluée, selon la situation financière de la FADQ.

Le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Christian Lacasse, n'a pas présenté l'entente intervenue hier matin comme une grande victoire. Et pour cause. Jusqu'à tout récemment, l'organisation réclamait rien de moins que l'abolition de cette mesure. Encore hier, M. Lacasse l'a d'ailleurs qualifié d'«inutile». Mais il a aussi affirmé que l'entente intervenue avec Québec «règle l'essentiel» et permettra de «compenser les impacts négatifs» de la mesure du 25 %. «Ce qu'on voulait, c'est avoir la confirmation que les surplus de la Financière vont véritablement être retournés aux agriculteurs par des mécanismes.»

Toutefois, selon l'Union paysanne, l'entente ne règle rien. «Le ministre Lessard n'a rien concédé sur les 25 % et a redit ce qu'il avait dit au Congrès de l'UPA: en cas de surplus à la Financière agricole, les sommes seraient retournées aux agriculteurs, a fait valoir son président, Benoit Girouard. Finalement, l'UPA n'a rien obtenu de plus, mais devait s'en sortir de façon élégante. Le problème reste donc entier pour les agriculteurs et il faudra voir comment vont réagir ses fédérations régionales qui se sont fait embarquer dans cette aventure sans gain réel.»

D'autres dossiers chauds font toujours l'objet de discussions entre le gouvernement et les agriculteurs. Il s'agit essentiellement de la question du maintien de l'accréditation unique et des moyens de mise en marché collectifs. Les négociations se poursuivront au cours des prochains mois, a indiqué M. Lacasse. «Les attentes sont grandes», a-t-il ajouté.

Les discussions se poursuivent également dans le dossier de l'abattoir Levinoff-Colbex. Pour le moment, le gouvernement vient de prolonger le cautionnement de la marge de crédit de l'entreprise, qui pourra ainsi poursuivre ses activités.

Retour des motoneiges

L'entente sonne aussi la fin de l'interdiction de l'accès aux terres agricoles pour les motoneigistes. De quoi réjouir les associations touristiques régionales associées du Québec. «Depuis plusieurs semaines déjà, l'industrie touristique faisait les frais d'un litige qui ne la concernait pas, l'UPA ayant donné le mot d'ordre aux producteurs agricoles de fermer l'accès à leurs terres aux motoneigistes et quadistes pour dénoncer des compressions gouvernementales. Ce blocus a causé des torts considérables à plusieurs régions du Québec où la pratique de la motoneige et du quad constitue une activité économique de première importance», a fait valoir l'organisme.

«Je suis fière de ce dénouement heureux, a dit pour sa part la ministre du Tourisme, Nicole Ménard. La pratique de la motoneige génère des revenus touristiques de plus de 700 millions de dollars annuellement, dont 122 millions de dollars d'argent frais ajoutés à l'économie québécoise. La levée du blocus assure donc la préservation de nombreux emplois et des retombées économiques dans toutes les régions du Québec.»

En novembre 2009, feu Claude Béchard avait imposé une enveloppe annuelle fermée de
630 millions à la Financière agricole du Québec, et ce, pour les cinq prochaines années. Le bras financier du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation accumulait en effet les déficits année après année — pour un total de plus d'un milliard de dollars —, d'où l'obligation de mettre en place un plan de redressement passant par une réforme de l'assurance stabilisation des revenus agricoles. Celle-ci sert à combler la différence entre les coûts de production et la valeur marchande.

L'Union des producteurs agricoles avait bien accueilli le plan de redressement de Québec et a accepté des mesures de resserrement de l'ordre de 80 millions par année. Mais le syndicat n'avait pas digéré la décision du gouvernement, annoncée en avril dernier, d'exclure le quart des fermes les moins performantes du calcul du coût de production moyen. Cette mesure représente, selon l'UPA, des compressions supplémentaires de l'ordre de 80 millions de dollars et fait en sorte que les agriculteurs recevront moins d'argent pour «stabiliser» leurs revenus. Les producteurs de porc, de bovin et d'agneau étaient particulièrement vulnérables.
3 commentaires
  • Claude Kamps - Inscrit 18 décembre 2010 08 h 32

    Deux questions

    Comment est calculé ce qu'on donne pour chaque porc pour chaque perte assurée?

    Est ce comme j'ai lu le montant que les plus petits éleveurs qui ne profitent pas des échelles d'achat en gros qui est prit comme base de remboursement?

    Ou chacun est remboursé au prorata de ses pertes compte tenu de ses rabais à l'achat en quantité ou non?

    Juste pour rendre les choses simple...
    Le petit producteur sur un an a 5.00 de perte par porc élevé, sur le même temps le maxi-producteur à une perte de 1.00 par porc élevé...

    D'après ce que j'ai lu le syndicat UPA rembourse, dans cet exemple 5.00 à tout le monde.
    Dans ce cas, nous qui achetons du porc, payons aux gros éleveurs 4.00 de trop et lui s'enrichi de cette somme sans lever le petit doigt...

    C'est la que je suis concerné et que je vois d'ou vient la différence de prix du porc au Québec, sans pour cela favoriser le petit fermier qui lui est la base de notre agriculture....l'autre est un industriel du porc, comme ceux des oeufs et de la volaille....

  • ghislaine fortin - Inscrite 18 décembre 2010 09 h 49

    Le modèle porcin québécois

    Jusqu'en 2000, le plafond maximum d'assurance était de un million de dollars mais l'UPA, pour assurer l'approvisionnement à l' abattoir acheté par le syndicat, a fait sauter ce plafond et trois intégrateurs porcins reçoivent cinquante sept millions de dollars annuellement et moins de cent producteurs porcins reçoivent cent cinquante millions de dollars annuellement, d'où l'origine du fameux déficit de un milliard trois cents millions en moins de sept ans, pelleté aux génération future.

    Donc, les petits producteurs, en étant moins performant, profitent aux intégrateurs. Il y avait peu de producteurs aux manifestations: sur 40,000 producteurs à peine 200 se sont déplacés. Pourquoi? Beaucoup ont compris l'illogisme du système et le décrient.

    Beaucoup de producteurs ont refusé de fermer les sentiers de motoneige sur leurs terres. C'est le syndicat qui allait mettre les pancartes sans leur demander leur avis sur leurs propres terres, ce qui a donné lieu à bien des prises de bec.

    Le porc est acheté en grande partie par le Japon et ce qui est refusé, se retrouve sur les tablettes de nos épiceries. En plus de subventionner pour vendre moins cher à l'exportation, on se retrouve avec une viande de moindre qualité et surtout noyé par les centaines de milliers de tonnes de purin.

    Il y a quelques années, le fédéral a lancé un programme pour aider à délaisser cette production déficitaire; le programme a eu un grand succès partout au Canada: sauf au Québec!

    Nous sommes une société distincte: le programme fédéral n'a pas eu de succès loin de là. La production porcine a explosé. Comment justifier une augmentation drastique du nombre de porcs dans une production hautement déficitaire? Les intégrateurs vont chercher les porcs des autres provinces car ici, au Québec, plus tu es en déficit, plus ton chèque est gros..et plus tu t'enrichis.

    Ainsi, cher contribuable, vous participez activement à vous faire f... sur votre chèque de

  • Donald Bordeleau - Abonné 18 décembre 2010 19 h 11

    UPA une autre FTQ ====== des votes

    Il est temps d'appliquer les recommandations du rapport Pronovost pour une agriculture plus égalitaire.

    L'entente actuelle en est une de dupe, car il n'y aura pas de surplus pour faire des compensations. De plus L'UPA ne pouvait pas priver les agriculteurs du 350 millions remis aux agriculteurs par les gouvernements avec une remise de 70% de la taxe foncière.

    La mojorité des agriculteurs étaient contre la fermeture des sentiers de motoneiges, de plus ils sont contre l'UPA mais ils doivent y adhérer.

    Il n'y a plus 40,000 producteurs agricoles comme en 2003, ils en restent tout au plus 28,000 producteurs et celà risque de continuer.

    Le problème est l'inaction du gouvernement qui est toujours en mode réaction au lieu d'agir. Le programme actuel fait penser aux aspects de collusion d'une autre industrie. Les gros producteurs ( environ 10%)reçoivent 90% des avantages au détriment des plus petits.

    Un gouvernement en panne depuis longtemps, c'est désolant pour les agriculteurs et pour tous ceux qui veulent revenir en région.

    Bon courage

    Joyeux Noel et Bonne Année