Collusion et corruption dans la construction - Harper autorise la convocation d'entrepreneurs

Le premier ministre Stephen Harper a donné le feu vert à ses députés du Comité parlementaire des finances pour qu'ils tentent de forcer des entrepreneurs du Québec et la FTQ-Construction à venir témoigner à Ottawa sur les allégations de corruption et de collusion.

En entrevue avec Le Devoir, le député conservateur Daniel Petit a confirmé que le bureau du premier ministre a approuvé cette stratégie. M. Petit, qui siège au Comité de la justice, ira rejoindre son collègue Bernard Généreux pour cette série de témoignages forts attendus. «Ça concerne le Québec, alors on va être plusieurs députés conservateurs du Québec à aller au Comité des finances. Le bureau de Harper a approuvé l'idée.»

Le Parti conservateur (PC) devra obtenir l'appui d'un autre parti politique pour forcer certains témoins à s'expliquer sur les allégations qui circulent. «On n'aura pas de problème à avoir des appuis. C'est tellement gros, ce qui se passe au Québec. Le climat est empoisonné et il faut ouvrir la fenêtre pour faire rentrer de l'air», dit-il.

Contacté par Le Devoir, le député du NPD Thomas Mulcair, qui siège au Comité des finances, s'est dit enclin à appuyer le Parti conservateur dans sa démarche. Il rappelle que la Loi sur la concurrence, qui touche la collusion, est de compétence fédérale. «On peut commencer par s'occuper de ce qui touche le fédéral.»

Le PC veut notamment entendre la FTQ-Construction, qui a été décrite comme étant «infiltrée» par le crime organisé par l'entrepreneur en faillite Paul Sauvé lors d'un récent témoignage à Ottawa. La FTQ a nié les allégations. M. Mulcair n'y voit aucun problème. «La FTQ-Construction est en faveur d'une enquête publique, alors elle va accepter de témoigner», prédit-il.


D'abord une enquête sur l'Agence du revenu

Les députés conservateurs vont d'abord appuyer la motion du Bloc québécois qui sera débattue au retour de la relâche des Fêtes des Communes, à la fin janvier. La motion demande de faire la lumière sur les problèmes au bureau montréalais de l'Agence du revenu du Canada (ARC). Depuis le début d'une enquête interne, il y a deux ans, six employés ont été congédiés, et trois autres suspendus sans salaire. Certains employés auraient aidé des entreprises, notamment dans la construction, à éviter des contrôles fiscaux, alors que d'autres auraient aidé à produire de fausses factures. La GRC a également ouvert une enquête.

Des entrepreneurs comme Tony Accurso (Simard-Beaudry, Constructions Louisbourg) et Francesco Bruno (B.T. Céramiques) sont sur la liste des témoins du Bloc québécois.

Ensuite, les conservateurs vont tenter d'élargir le mandat du comité pour qu'il s'attaque à la construction au sens large. «Le fédéral paye un tiers de la facture de plusieurs projets d'infrastructure. On a le droit de se pencher sur le sujet», dit Daniel Petit.

Au Bloc québécois, on veut attendre de voir la proposition écrite des conservateurs avant de se prononcer. «On veut éclaircir le mystère de l'Agence du revenu du Canada. Mais je ne vois pas de syndicat dans cette histoire. Ça touche des fonctionnaires et des compagnies de construction», affirme le député du Bloc, Daniel Paillé, vice-président du Comité des finances.


2 commentaires
  • J. Hardy - Inscrit 20 décembre 2010 10 h 30

    Belle stratégie

    Décidément, il est très habile dans le choix de ses dossiers. Voici un bon moyen de récolter des votes au Québec. Rappelons-nous, les Conservateurs n'ont d'autre but que de récolter des votes pour révolutionner le pays et ainsi revenir à l'âge de pierre.

    J'ai des fourrures et des massues à vendre, profitez-en pendant que ce n'est pas encore revenu à la mode!

  • Marie-France Legault - Inscrit 21 décembre 2010 22 h 28

    Récolté des votes

    et puis après, pourquoi pas?
    Le P.Q. a entrepris une destruction systématique du gouvernement Charest? Pour nettoyer la place? NON
    pour avoir des votes à la prochaine élection.
    le nettoyage...ils en ont rien à foutre...ils veulent le Pouvoir et s'empresseront de faire ce qu'ils reprochent au gouvernement...

    Et la chanson continuera...
    les "foulards blancs" sont de la frime
    de l'hypocrisie collective...
    les purs deviendront les impurs.