Charest change la garde à l'Office de la langue française

Québec — La controversée présidente de l'Office de la langue française, France Boucher, a été mutée mercredi par le gouvernement Charest à la tête de la Régie du cinéma. Mme Boucher quittera l'Office pour la Régie le 10 janvier. Elle sera remplacée par Louise Marchand, depuis 2007 membre et présidente de la Commission de l'équité salariale.

«Faut espérer que la nouvelle direction va insuffler un nouveau dynamisme à cet organisme, qui en a bien besoin à mon avis», a lancé le sociologue Simon Langlois. En mars 2008, M. Langlois avait claqué la porte du Comité de suivi de l'OQLF pour protester contre le bilan quinquennal de la situation linguistique que l'Office s'apprêtait à publier. L'OQLF avait aussi été soupçonné à l'époque de retarder la publication des études du démographe Marc Termote. Celles-ci démontraient que vers 2021 et sans doute avant, les Montréalais parlant français à la maison seront devenus minoritaires sur l'île. Le Parti québécois avait à l'époque vertement dénoncé l'attitude de l'OQLF et Pauline Marois avait réclamé le congédiement de Mme Boucher.

«C'est une très bonne nouvelle», s'est exclamé hier, au sujet du départ de Mme Boucher, un ex-haut fonctionnaire rompu aux affaires linguistiques. «Ça renouvellera l'activité de l'Office, lui insufflera un dynamisme qu'il avait perdu», a-t-il dit. Selon des sources, le gouvernement a eu du mal à trouver un candidat désireux de prendre la tête de l'OQLF.

C'est Marc Termote, en 2008, qui avait soutenu que la ministre responsable du dossier linguistique, Christine St-Pierre, avait reçu des directives d'en haut de reporter la divulgation de l'étude. La ministre avait nié cette version des faits en ajoutant que

M. Termote devrait «s'en tenir à ses recherches». Un an plus tard, à la surprise générale, M. Termote était nommé à la tête du Comité de suivi de la situation linguistique de l'OQLF. Joint hier en début de soirée, M. Termote a dit qu'il venait d'apprendre la nouvelle du départ de Mme Boucher. «Je n'étais pas au courant et n'ai rien à dire là-dessus. Je m'entendais bien avec Mme Boucher. C'est le résultat d'un jeu de chaise musicale, m'a-t-on dit.»

Le déplacement latéral de France Boucher faisait en effet partie d'une série de nominations de fin d'année annoncées mercredi en fin de journée par le Conseil des ministres. Huit ministères sont touchés, dont l'Éducation, qui change de sous-ministre: ce sera Louise Pagé, actuellement sous-ministre à la Famille et aux Aînés, qui remplacera Christiane Barbe.

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19 commentaires
  • 54lili - Inscrit 17 décembre 2010 07 h 33

    loi 115 sous le baillon

    si ce gouvernement croit qu'on va oublier cette loi, en faisant des petites mesures à la pièce comme essayer de franciser les petites entreprises de 50 employés et moins avec des moyens n'ayant aucune portée punitive

    non, on oublie pas Mme St-Pierre et JJ Charest

    on va vous le rappeler lors des élections

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 17 décembre 2010 08 h 52

    La fibre québécoise

    Jamais de l'histoire du Québec le peuple a eu le droit de se demander si son Premier-ministre a la fibre francophone. Son ADN me semble porter sur la culture de John James Charest. Le Québec est devenu le territoire de groupes spéciaux qui se font un devoir de diminuer notre peuple, comme le faisait Jean Chrétien au fédéral, par toutes sortes de pratiques et attitudes destructrices.

  • Jacques Lafond - Inscrit 17 décembre 2010 09 h 38

    L'Office de la langue française ?

    Pour que la population de Montréal utilise le français, il faudrait commencer à ce que les francophones de souche l’utilisent en premier. Il faudrait premièrement que les francophones de souche arrête immédiatement d’aborder les gens en anglais, et arrête d’immédiatement ‘’switcher’’ à l’anglais quand l’autre personne parle un français hésitant, etc.

    Les ‘’bonjour, hi’’, ou les ‘’hi’’ tout court doivent arrêter immédiatement.

    Si on accomplissait seulement cela, ça serait déjà beaucoup.

    Mais, pour la survie du français à Montréal, ça va prendre encore plus que ça.

    Pour que la langue française survive, il va falloir que les francophones arrêtent d’être seulement des locataires, des banlieusards, des clients, des employés, etc. Il va falloir que les francophones arrêtent d’être des petits gauchistes visant la simplicité volontaire, visant de travailler leurs petits 35 heures par semaines, ne vivant que pour les fins de semaines et les vacances, et ne vivant que pour prendre leur pension à 55 ans.

    Pour que le français survive à Montréal, il va falloir que les francophones arrête d’avoir la philosophie de base suivante : ‘’le gouvernement doit tout régler, mais il doit me consulter avant, et en attendant moi je fais ma petite vie ; no problem.’’

    Pour que le français survive à Montréal, et au Québec, il va falloir que les québécois francophone se retroussent les manches et deviennent des adultes. Il va falloir, pour que le français survive à Montréal, que le québécois francophone devienne l’employeur, le propriétaire, le marchand, etc., à Montréal.

    Le français ne survivra pas à Montréal et au Québec si les québécois francophone ne sont pas maîtres chez eux, s’ils ne sont pas propriétaire chez eux.

    lafond.overtime@gmail.com

  • Francois - Inscrit 17 décembre 2010 10 h 17

    Plus crédible

    J'espère que que Mme Marchand sera faire preuve de plus de discipline envers son personnel. J'ai fait une plainte une plainte à OQLF pour non respect de la traduction française.

    M. Lachance et M. de la Liberté m'ont fait comme réponse que si ils appliquaient la loi tel qu'elle ils mettraient le magasin en faillite. Mais pour qui travaillent t-ils ? Ce n'est pas de votre ressort ni du mien. Quand vous brûlé un feu rouge que vous l'ayez vu ou non vous aurez une contravention. C'est de même pour tout le monde. Lorsque vont avez la responsabilité d'appliquer la loi vous l'appliquez. Alors pourquoi lésine t-on sur la langue française. On ne veut pas exiger les gens à parler français mais on ne veut pas les exiger non plus à ce qu'ils respectent notre langue ce que OQLF maintient dans son travail.

    À se demander qui défendent t-ils vraiment. La directrice m'a fait comme réponse qu'elle retirait ces paroles mais ce raisonnement à tout de même été appliqué. OQLF à perdu beaucoup de crédibilité et d'efficacité. Va t-il y avoir plus de rigueur avec Mme Marchand ? OQLF va -t-elle faire preuve de plus de plus de respect envers sa clientèle.

  • vision - Inscrit 17 décembre 2010 10 h 33

    un autre coup d'épée dans l'eau

    En ouvrant la porte des écoles anglophones aux immigrants et francophones fortunés . Monsieur John James Charest a perdue toutes crédibilité.Il n'est plus le premier ministre des Québecois mais bien du west island .Point a la ligne.
    Yves Lorange