Les négociations avancent à petits pas entre Québec et les agriculteurs

Québec — Des représentants de la Financière agricole et de l'Union des producteurs agricoles (UPA) ont accompli des progrès, hier, dans la négociation d'une entente qui pourrait signifier la fin d'un blocus qui perturbe la saison de motoneige.

En fin de journée, un porte-parole de l'UPA, Patrice Juneau, a affirmé que la quarantaine de membres qui forment le conseil général du syndicat se réuniront aujourd'hui pour se prononcer sur les résultats des pourparlers, en cours depuis trois jours. «Le dossier a avancé, mais à l'heure actuelle, il n'y a rien de réglé encore», a-t-il dit dans une entrevue téléphonique.

Dans un communiqué de presse transmis en fin de journée, la Financière agricole a présenté quelques assouplissements, sans toutefois indiquer quoi que ce soit sur la principale réclamation de l'UPA concernant la redistribution d'éventuels surplus d'un programme qui permet à ses membres d'obtenir une compensation lorsque les prix courants sont en dessous de leurs coûts de production.

L'UPA est engagée depuis des semaines dans un bras de fer avec le gouvernement à propos du programme Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA). En guise de moyens de pression, des producteurs empêchent les motoneigistes d'avoir accès aux sentiers qui passent sur leurs terres.

Lors d'un point de presse en matinée hier, le président de l'UPA, Christian Lacasse, a affirmé que sans entente d'ici aujourd'hui, le blocus des sentiers de motoneige se poursuivra. «Il faut qu'à la fin de la journée, on arrive à une vraie solution, a-t-il dit. Sinon, les moyens de pression vont continuer.»

Manifestations

Hier matin, des membres de l'UPA se sont rendus à Lévis pour manifester leur colère au ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, qui devait rencontrer là les membres du conseil d'administration de la Financière agricole. Mais ils se sont rapidement redéployés devant un hôtel de Québec, où la réunion avait été déplacée et s'est déroulée sous bonne garde policière.

En marge de la réunion, M. Lacasse, qui est aussi administrateur de la Financière agricole, a déclaré aux journalistes qu'il souhaitait obtenir un engagement limpide qui permettra à ses membres de recevoir tous les surplus que l'organisme réussirait à dégager à la suite de compressions acceptées par les membres de l'UPA.

«On veut une vraie directive de la part du gouvernement voulant que dans les prochaines années, les coupes, il n'y en aura plus sur le dos des agriculteurs, a-t-il dit. Si on n'a pas cette garantie-là, il faudra qu'on l'ait d'ici à vendredi [aujourd'hui].»

Signes d'ouverture

En sortant de la réunion à laquelle M. Lacasse a assisté, M. Lessard a montré des signes d'ouverture pour étaler sur une année supplémentaire l'application des resserrements pour certaines catégories de producteurs, dont les éleveurs d'agneau, ce qui a été confirmé en fin de journée par la Financière.

Selon M. Lessard, l'UPA est quant à elle prête à accepter une nouvelle façon de calculer les coûts de production, qui exclut 25 % des entreprises les moins productives, en échange d'un engagement à redistribuer aux agriculteurs tout surplus que cela générerait.

M. Lessard s'en est remis au conseil d'administration de la Financière agricole pour préciser les termes de cette redistribution.
6 commentaires
  • ghislaine fortin - Inscrite 17 décembre 2010 11 h 12

    Soyons clairs....

    Soyons clairs: la nouvelle méthode de calcul de l'assurance stabilisation n'est que de la poudre aux yeux car l'UPA a surtout peur que son monopole soit remis en question et que des changements à sa mise en marché soient enclenchés dans le fameux livre vert qui tarde toujours à être déposé.

    Plus de 700 rapports ont été déposés lors de la Commission Pronovost qui, en très grande majorité, demandaient des changements majeurs en agriculture au grand dam de l'UPA.

    Les façons de faire de l'UPA sont loin de démontrer leurs efficacité quand plus de 50% des producteeurs sont à tendance/ idées suicidaires er/ou dépressives selon diverses études.

    Il faut souligner que "grâce" à la gestion de l'UPA et sous sa présidence, la Financière a accumulé un déficit de un milliard trois cents millions, pelleté aux générations futures, en moins de 7 ans. Était-il normal qu'une société d'état, avec de l'argent public, soit contrôlée par le syndicat monopole de l' UPA?

    C'est de notoriété publique que les intégrateurs reçoivent le gros de cette assurance, ne laissant que des miettes aux petits producteurs et pas du tout aux producteurs de spécialité, biologique etc.

    Si les petits producteurs ont de si piètre performance, il ne faut pas oublier qu'ils doivent payer leurs intrants beaucoup plus cher qu'ailleurs (jusqu'à 45% de plus) et qu'ils sont pris dans une souricière où les gros intégrateurs sont rois et maîtres.

    Oui, le gouvernement doit changer les règles ne serait-ce que par respect envers les contribuables qui sont, finalement, le dindon de la farce, farce qui a trop durée. Il en va de la survie d'une agriculture respectueuse de l'environnement, de sa clientèle qui aspire à une nourriture plus saine.

    Il ne faut pas rajouter d'argent en agriculture: il y en a amplement, la seule chose c'est d'exiger qu'il soit mieux réparti et pour ce faire, établir de nouvelles règles ou tous seront traités de façon équitable.

  • JP Veto - Inscrit 17 décembre 2010 12 h 02

    Mieux répartir les subventions...

    N'oublions pas que 95% des subventions vont à 5% des producteurs (les plus gros, vous l'aurez compris...). Constatant cet état de fait, il est plus facile de comprendre le mécontentement de 95% des producteurs...

  • ghislaine fortin - Inscrite 17 décembre 2010 19 h 35

    Les manifestants....

    Il y a 40,000 producteurs au Québec, moins de 200 étaient aux manifestations alors avant de parler de la grogne de tous les producteurs, mettons un bémol.

    Souvent, le syndicat paie les producteurs pour aller aux manifestations sinon il y aurait encore moins de monde. Vous savez un syndicat qui se targue de représenter tous les producteurs et que ceux-ci y adhèrent librement à plus de 95%, selon ses dires, de voir le très très petit nombre.....le gouvernement devrait prendre la vraie mesure de la véritable volonté des producteurs d'être représentés par ce syndicat monopole.

    Il y a un très petit nombre, bien graissé, qui sont très satisfaits de ce syndicat; la régie des marchés agricoles a le pouvoir de faire un référendum pour mesurer la satisfaction des producteurs et de leur volonté à continuer à en faire partie, plusieurs fois, des demandes de reférendums ont été faites.....la régie n'a jamais voulu y répondre et encore moins agir, pourtant la loi est là qui le permet et cela est très clair.

    Les producteurs sont pris en otage d'un seul et unique syndicat; la régie est le tribunal supposément hyperspécialisé et est là pour protéger les droits des producteurs: on a vu la dérive de ce système en constatant les milliers de poursuites contre les producteurs acéricoles d'abord et ensuite tout ce qui bouge ou presque en agriculture.

    Il est temps de faire un très grand ménage et de donner la possibilité à d'autres associations de représenter les producteurs et surtout de mieux répartir l'argent consacré à l'agriculture qui est consacré presque exclusivement à une petite poignée.

  • Donald Bordeleau - Abonné 17 décembre 2010 22 h 29

    UPA une autre FTQ ====== des votes

    Il est temps d'appliquer les recommandations du rapport Pronovost pour une agriculture plus égalitaire.

    L'entente actuelle en est une de dupe, car il n'y aura pas de surplus pour faire des compensations. De plus L'UPA ne pouvait pas priver les agriculteurs du 350 millions remis aux agriculteurs par les gouvernements avec une remise de 70% de la taxe foncière.

    La mojorité des agriculteurs étaient contre la fermeture des sentiers de motoneiges, de plus ils sont contre l'UPA mais ils doivent y adhérer.

    Il n'y a plus 40,000 producteurs agricoles comme en 2003, ils en restent tout au plus 28,000 producteurs et celà risque de continuer.

    Le problème est l'inaction du gouvernement qui est toujours en mode réaction au lieu d'agir. Le programme actuel fait penser aux aspects de collusion d'une autre industrie. Les gros producteurs ( environ 10%)reçoivent 90% des avantages au détriment des plus petits.

    Un gouvernement en panne depuis longtemps, c'est désolant pour les agriculteurs et pour tous ceux qui veulent revenir en région.

    Bon courage

    Joyeux Noel et Bonne Année

  • Martin M - Inscrit 20 décembre 2010 23 h 15

    L'exportation daccord mais à quel prix?

    Pendant combien de temps encore l'état québécois va t-il subventionner une industrie exportatrice déficitaire ? Longtemps cette industrie plus ou moins performante a survécu en raison d'un avantage concurrentiel indéniable : le taux de change du dollars canadien VS dollars américain . Maintenant que l'on sait que le dollars canadien va rester à parité avec le dollars américain pendant encore longtemps, il est normal de penser à améliorer la productivité et par conséquent la rentabilité de cette industrie pour faire face à la concurrence mondiale. Si nos fermiers sont incapable de relever le défi, aussi bien instaurer un contrôle de l'offre par système de quota et fermer nos frontières à l'import / export. Je ne sais pas pour vous mais 1,3 milliard de déficit en 7 ans, ça fait cher la livre....surtout quand on pense au sous-financement chronique de notre système de santé et d'éducation.